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Est-ce si difficile ?........

par Geneviève Cotty

publié dans le temps présent

                   
                  Vision trop idyllique du blog ?

                  A tort ou à raison, je pensais que ce blog était surtout destiné à faire partager les souvenirs que j'ai "emmagasinés" depuis ma jeunesse, en racontant la vie comme elle était jadis et en la comparant avec la vie actuelle... Comparaison ne voulant pas dire réquisitoire contre la façon de vivre à notre époque... Lorsque j'y ajoute des petits billets d'humeur, c'est une constatation de faits qui me choquent ou me peinent. En aucun cas mon intention est de rendre responsables qui que ce soit ! Ce n'est pas mon propos. Les mentalités ont évolué en même temps que les progrès de tous ordres. En bien, en mal, chacun jugera en son âme et conscience. Je ne veux surtout pas de polémique ! Ce blog n'est pas un forum de discussion.

                   Je me suis peut-être trompée et je le regrette. Que par les commentaires qui me sont laissés, j'apprenne si on est d'accord avec moi ou non, je l'accepte avec plaisir et j'en suis reconnaissante.  Mais de grâce, en termes courtois et sans que la politique s'y mêle...J'ai dû ce soir supprimer un très long commentaire dans lequel intervenaient en vrac Mai 1968, la façon d'élever les enfants, les responsables de tout ça, l'incompétence des médecins qualifiés d'ânes etc... et même la pilule !Cela, je ne peux l'accepter, ça sortait tout à fait du contexte ! Ce n'est pas grave, mais j'aimerais que ce blog reste "bon enfant" comme il l'a été jusqu'à maintenant et à l'occasion plein d'humour. J'aime rire et ne vous privez pas de me mettre en boîte si ça vous fait plaisir. Je voudrais pouvoir continuer d'écrire tout ce qui me passe par la tête, sans me dire "attention, terrain miné", risques de dégâts !

                   J'ai connu grâce à ce blog, tout au moins virtuellement, des amis qui me sont devenus précieux. Je n'aimerais pas les voir se sauver....Et c'était bien la première fois ce soir que je supprimais un commentaire , après beaucoup d'hésitation. Je l'ai lu, relu et re-relu ! je n'ai pas pu le laisser, question de respect.

                   Je crois bien que je me répète un peu cette semaine ! Pardonnez-moi et merci d'avance à tous.
                  

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Une maladie peu ordinaire...

par Geneviève Cotty

publié dans humour


                   En Lorraine....il y a longtemps déjà. 

                   Ma grand-mère adorait tous ses animaux, qu'ils soient de compagnie, de basse-cour, de clapier...enfin, tout ce qu'on possédait jadis surtout quand on habitait la campagne...C'était elle-même qui s'en occupait, pour deux raisons dont la première est qu'elle n'aurait voulu laisser ce soin à personne d'autre, et la seconde que mon grand-père était très occupé avec son atelier d'ébéniste...Chacun avait ses tâches comme disait grand-mère...Et les lapins, poules, canards.... étaient soignés et aimés par grand-mère. Elle leur parlait, les surveillait, les nourrissait très bien, les surveillait de près... On appellerait cela une passion maintenant. Pour elle, c'était naturel, tous faisaient partie de sa vie.

                    Un jour qu'elle avait préparé de la liqueur de cassis je crois, elle a eu la plus grande émotion de sa vie...Elle avait mis macérer le cassis dans de l'eau de vie, puis ensuite, après avoir bien pressé le tout pour en extraire le jus, elle n'a rien voulu "gâcher" mot très important à cette époque ! Alors, elle a jeté les résidus sur le tas de fumier qui se trouvait derrière la maison. Bien entendu, les poules étaient en liberté dans la journée et picoraient à droite et à gauche. Tout à coup, cris d'horreur et d'affolement de grand-mère qui appelle son époux "Vite, vite viens voir, les poules sont toutes malades, je crois qu'elles vont mourir, elles ne tiennent plus sur leurs pattes". Quand on aime ses bêtes et, il faut bien le dire, qu'on compte un peu sur elles pour améliorer l'ordinaire, ça fait un choc ! Grand-père descend de son atelier, le plus vite possible, ce qui n'était pas évident puisqu'il marchait avec deux cannes...Il regarde le désastre et demande à grand-mère ce qu'elle a donné à manger aux poules : "comme d'habitude, du grain...Ah oui, aussi les graines de cassis, pour ne pas les jeter." ! Rire tonitruant du grand-père qui lui dit "Tes poules ? Mais elles sont toutes saoules" ! Quelle honte ! ma pauvre grand-mère pleurait...grand-père et nous les enfants étions hilares ! Je revois cette scène ! Grand-mère a rapatrié ses poules dans le poulailler et tout ce petit monde s'est endormi jusqu'au lendemain....A l'époque, il n'y avait pas encore de publicité prévenant que l'abus d'alcool était néfaste ! même pour les poules !

                       Puisque je parle de la Lorraine, je donne une petite précision concernant les tas de fumier. Ceci m'a été raconté par mon père et ma mère. Avant la grande guerre, les tas de fumier en Lorraine se trouvaient devant les maisons, sur la rue. Les gens en étaient fiers car on évaluait la richesse d'un habitant à la hauteur de son tas de fumier ! C'est l'Armée française qui, pendant la guerre a obligé les habitants à les enlever de la rue et à les mettre derrière les maisons, estimant que l'hygiène n'aurait qu'à y gagner ! les récalcitrants avaient une contravention !.... Le saviez-vous ? ... De l'utilité des guerres....

                       

                               


                    

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Chemisier blanc et café....

par Geneviève Cotty

publié dans humour

                   Printemps 1941...

                   Avoir un chemisier neuf, qui vous arrivait par la poste, sans bourse délier, et surtout sans contre-partie de ces fameux tickets de textiles obligatoires, en pleine période d'occupation, ce n'était pas courant et de ce fait tellement appréciable ! C'est ce qui m'est arrivé un beau jour du printemps l941 ! Quelle aubaine...Mon père, travaillant en zone dite libre, avait pu se le procurer et me l'avait fait parvenir...J'étais très, très heureuse, encore plus que ça même ! A 18 ans, on le serait à moins !

                    C'était dimanche et ma mère avait invité à déjeuner un ami de mon frère...Bon, comme je voulais faire sensation, j'avais mis ce magnifique chemisier pour la première fois et ma mère, jamais à court d'idées pour arriver à faire un repas convenable avec "dix fois rien", nous avait concocté un déjeuner très acceptable...et qui devait se terminer par un excellent café fait avec les grains récupérés pendant quelque temps dans les "petits" paquets de café (ça s'appelait comme ça ! mais...) lesquels grains mis précieusement de côté nous permettaient de boire de très loin en très loin (!) un café presque digne de ce nom et qui nous faisait revivre, l'espace d'un instant, la période bénie d'avant-guerre ! Illusion...tout n'était qu'illusion alors !

                     Le café arrive, servi "dans les belles tasses du service" tout comme jadis. On se régalait à l'avance et...vlan ! j'expédie ma tasse non pas vers ma bouche, mais vers le sol ! Malédiction ! évidemment, mon beau chemisier blanc étant aux premières loges, sur le parcours de la tasse...n'était plus blanc ! Mouillé et couleur café (même un café de guerre, ça tache !)...J'étais honteuse d'avoir été si maladroite (entre nous, surtout en présence d'un jeune homme !), et malheureuse pour ce chemisier ! A cette époque, il n'y avait pas de lessive qui "lavait plus blanc que blanc" comme aurait dit Coluche...Quant au savon, il ressemblait plus à une pierre ponce qu'à un savon....Le sort en était jeté, je n'avais plus de chemisier ! Il avait vécu comme les roses, l'espace d'un moment....Désolée ? non catastrophée j'étais ! Et ma mère me direz-vous, qu'en pensait-elle ? Elle avait eu une réaction bien différente de la mienne, j'entends encore cette exclamation "ah ! du si bon café !". Pas un mot pour mon chemisier, ni d'ailleurs pour la nappe et son parquet auquel elle tenait tant ! Non ! Avoir gâché du café était pour elle impardonnable...le reste n'était que littérature ! 

                      Etions-nous bassement matérialistes à cette époque ? C'est vrai que la nourriture était un souci permanent et que la boisson habituelle à laquelle on donnait superbement le nom de café, n'était qu'un vulgaire ersatz...Je ne peux même pas vous dire ce que c'était, la composition en était secrète...Secret des occupants !

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On vous appelait "notables" jadis...

par Geneviève Cotty

publié dans Nostalgie...

                   Qui étaient-ils ces notables ?

                   -  Les enseignants, c'est ainsi qu'on les appelle maintenant. On les appelait alors instituteurs, institutrices, maîtres d'école, maîtresses ou professeurs... Nous leur devons beaucoup et nous les respections. Ils détenaient le savoir qu'ils nous transmettaient avec passion et dévouement. Soutenus par les parents, craints par les élèves, ils étaient aimés dans l'ensemble. Pas question de les attaquer verbalement ou physiquement...même quand nous n'étions pas d'accord avec leurs sentences.

                   - Le médecin dit "de famille", car il la connaissait bien la famille de ses patients ! Qu'il soit de campagne ou de ville il faisait vraiment partie de la famille. Il en connaissait très souvent chaque membre pour être intervenu un jour ou l'autre. Il était "omni-intervenant", que ce soit pour un accouchement, une bronchite, une blessure, un fort mal de ventre...Toujours présent avec son savoir et son dévouement. On l'admirait, reconnaissant son savoir et conscient qu'il avait fait de longues et difficiles études. On le respectait et on lui demandait beaucoup ! sa vie n'était pas toujours facile, appelé souvent tardivement par un patient qui avait attendu le dernier moment par raison d'économie...Pas de Sécurité Sociale alors...Il avait presque une obligation de réussite !

                    - Les pharmaciens évoluant au milieu de leurs bocaux de différentes couleurs, de leurs petites balances, dosant, pesant, faisant eux-mêmes les préparations et potions prescrites par le médecin. Il n'y avait alors pas beaucoup de spécialités toutes prêtes à vendre...Tout nous semblait tellement mystérieux, ce mélange de poudres, de gouttes...qu'on les admirait comme des prestidigitateurs ! ils nous semblaient un peu sorciers....Et ils donnaient des conseils pour soigner bobos et petits rhumes...

                    Considère-t-on encore enseignants, médecins, pharmaciens comme des notables ? Peut-être a-t-on trop tendance à trouver que ce qu'ils font est normal, qu'ils "sont là pour ça" ! Si les pharmacies ont changé d'aspect (elles sont devenues magnifiques et ne ressemblent plus aux officines de jadis) le métier a-t-il changé ? Quant aux enseignants et aux médecins, on leur demande toujours le même dévouement et la plupart du temps ils exercent leur profession avec la même rigueur.

                     Les mentalités ont changé en même temps que sont arrivés les progrès. Mentalités des usagers, mentalités aussi parfois des professionnels qui ne veulent plus être corvéables à merci...C'est un cercle vicieux, chacun rendant l'autre responsable de cet état de choses. Pour beaucoup d'autres métiers dont ceux qui les exercent ne sont pas considérés comme notables...l'état d'esprit est identique. Où est la solution ?

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Les jours suivants...vivre quand même !

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...

                      
                      Après cette terrible nuit...

                      Je repense très souvent aux jours qui ont suivi cette nuit du 18 avril 1944. Un fait était certain, nous n'avions plus de maison, plus rien et surtout, plus de vêtements !!! Pas facile pour se changer, ce dont nous avions bien besoin ! Un minimum de toilette est tout de même obligatoire...votre brosse à dents, vous la prenez où ? Chez des amis plus chanceux, avant de pouvoir en acheter une autre, quand les commerces recommenceront à ouvrir... Et les vêtements et sous-vêtements ? un vrai problème à une époque où pour avoir le moindre slip, il faut avoir des bons de textiles ! Ne parlons pas des robes et manteaux...Nos bons avaient déjà été utilisés avant le bombardement, et il fallait que les administrations se mettent en route ! Nous n'avions plus de mairie, détruite comme le reste ! Bon, comme il fallait faire contre mauvaise fortune bon coeur, et surtout compter sur le bon coeur des amis et de la famille ! Je suis reconnaissante envers tous ceux qui nous ont aidées, ma mère et moi et nous avons pris tout ça avec philosophie. Au point où nous en étions, c'était difficile de faire autrement ! Nous avons pu être logées et nourries dans un hôtel aussitôt après cette catastrophe et c'était déjà beaucoup, d'autres n'avaient pas eu cette chance. 

                       Bien souvent, quand ma mère et moi en reparlions, cela nous amusait ! Chemises, slips, combinaisons d'origines différentes et...souvent de tailles différentes , nous étions bien obligées de les accepter ... et avec plaisir encore ! On ne pouvait quand même pas se promener en tenue d'Eve, ça ne se fait pas ! Dans notre grand désarroi, ces petits détails (petits ? pas tant que ça) semblaient importants ! Bain ou douche ressemblaient à un rêve inaccessible...Laver son linge ? un exploit !

                       Nous étions vivantes et il nous fallait juste un peu de patience pour attendre que tout se remette en route...La patience ? elle manquait un peu celle-là ! Et pour couronner le tout, ma bicyclette était au fond de notre "trou" et il me fallait faire de la marche pour aller travailler ! quelle époque ! Mais comment avons-nous fait ? Nous avons avancé alors petit à petit, sans réfléchir, au jour le jour...Le malheur, comme la peur, vous fait braver bien des situations....

                       Rien n'est impossible à l'homme dit-on. Nous en avons tous eu la preuve. 
                     

 

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Petites précisions...pour bien se faire comprendre !

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis et maintenant


                   Ni historienne...ni romancière...

                   Je ne suis rien de tout ça et je le regrette ! Je ne suis qu'une vieille dame française, éprise de vérité et qui a la joie de faire partager à ses contemporains les souvenirs de sa jeunesse. Je n'écris pas un roman, je n'ai pas assez d'imagination ! Et pourquoi écrire un roman alors que par la force des choses, ma vie s'est trouvée confrontée, tout comme celle des gens de ma génération, à des évènements hors du commun ? Je n'ai qu'à "raconter" des faits réels, ce que je fais en toute honnêteté !

                   Ce blog que j'ai commencé il y aura très prochainement un an, me semble apprécié par bien des personnes et, sans fausse modestie, je m'en réjouis ! J'ai atteint mon but, tout au moins je l'espère : vous distraire, tout en me distrayant. C'est aussi simple que ça....Vos commentaires m'en donnent la preuve...et je vous en remercie.

                   Vos commentaires ? attention, il y a un petit bémol...Quelqu'un m'a demandé si j'étais bien certaine de "ne pas inventer", au sujet notamment de "certain détail" concernant la période d'occupation ! Et aussi, que je discute sur des faits de société... Ma réponse est NON je n'invente rien ! Et NON je n'ai pas l'intention de discuter...En commençant ce blog, je n'avais pas l'intention (et ne l'ai toujours pas) de critiquer tout sur la façon de vivre actuellement... S'il m'arrive, notamment dans ce que j'appelle "billets d'humeur", de faire des constats et des comparaisons entre des deux époques, l'ancienne et la moderne, je me garderai bien de critiquer quoi que ce soit. Les moeurs ont changé, la vie a changé..."De mon temps" est une expression que je n'aime pas, ça fait un peu vieux ! Il y avait jadis du bon, il y avait du beaucoup moins bon....Je constate... Et quand je fais un article par exemple sur le métro parisien, c'est uniquement pour faire connaître comment il était avant, disons "physiquement" la couleur des wagons...les billets, les poinçonneurs... Je n'ai pas à juger sur la fréquentation du métro à notre époque. Ce n'était pas le but de cet article alors...

                     Qualités et défauts se côtoyaient jadis, tout comme maintenant...Nous n'étions pas parfaits...tout comme maintenant ! Nos parents ont fait preuve d'indulgence envers nous....tout comme nous le faisons maintenant envers les jeunes générations. C'est ça la vraie vie, un éternel recommencement.

                      Besoin d'une mise au point, ou simplement un peu de peine, m'ont obligée à écrire cet article aujourd'hui. Disons que j'ai utilisé mon droit de réponse !

                     


                  

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Hep taxi, êtes-vous libre ?......

par Geneviève Cotty

publié dans Nostalgie...


                      A cette époque.....

                      Vers la fin des années 1920 et le début des années 1930...Aller rendre visite à mes grands-parents à PARIS, pour nous petits "banlieusards", ça relevait du grand voyage ! Le train tout d'abord, puis, arrivés à PARIS, le métro ou l'autobus...Nous mettions les beaux habits du dimanche.... Et le soir, pour revenir, quand on s'était un peu trop attardés et qu'il ne fallait surtout pas rater le train pour rentrer à JUVISY, mon père "appelait" un taxi ! C'était le grand luxe pour les enfants que nous étions !

                      Quand je dis que mon père appelait un taxi, ce n'était pas par téléphone pour la raison bien simple que le téléphone n'était pas monnaie courante alors ! Non, on descendait dans la rue et dès qu'un taxi passait, on lui faisait signe en levant la main et c'était là qu'intervenait ce "Hep taxi, vous êtes libre ?" que je crois entendre encore ! On n'allait pas obligatoirement à une station de taxis...(je ne me souviens même pas s'il en existait beaucoup...à la sortie des gares oui...et auprès de certains endroits, les grands magasins par exemple..) Les chauffeurs de taxis maraudaient et recherchaient les clients...Et comme il n'y avait pas beaucoup de voitures alors, leur arrêt au milieu de la rue ne gênait personne !

                      Je les revois tous ces taxis...J'ai conservé le souvenir des taxis Renault G7, de couleur rouge et noire...On montait dedans en posant d'abord les pieds sur un marche-pieds...Ils étaient spacieux et les sièges me semblaient confortables, mais ce que mon frère et moi nous préférions, c'était les strapontins...Après avoir déplié ces sièges supplémentaires, nous prenions place face à nos parents...Nous étions ainsi 4 à l'arrière, sans être gênés ! ça, c'était "le fin du fin" ! Et, en route pour circuler dans PARIS et voir au passage les rues bien éclairées, les illuminations quand il y en avait ... Est-ce que ce n'était pas un beau voyage ça pour des enfants ?

                       J'ai dit que les chauffeurs maraudaient...je crois que ce n'était pas tellement permis qu'ils roulent doucement dans le but de prendre un client...Mais leur métier n'était pas très lucratif je crois et plus ils avaient de courses à faire, plus ils étaient payés. Je me souviens qu'à une époque, il y a eu beaucoup de chauffeurs de taxis russes. Il s'agissait de russes qui, bien souvent, avaient été très aisés et avaient été chassés de Russie par la révolution...Des princes, des comtes nous ont sans doute conduits à la gare d'Austerlitz, là où s'arrêtait notre périple parisien !

                       Pendant la guerre, plus de taximètres automobiles ! Des vélos-taxis oui, mais je n'en ai jamais pris...Les Renault G7 ont refait une apparition après la guerre, puis d'autres marques...Puis la profession a été "organisée"...et je n'étais plus une enfant, l'enchantement était terminé...

                     

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Mieux que Versailles...le paradis !

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                       Un logement animalier jadis...

                       Poules, canards, pigeons, lapins, cochon d'inde, tourterelles, et une oie....Sans compter les chats et chiens, il y avait bien du monde à la maison jadis ! Et tout ce monde (de la basse-cour) était très agréablement logé ! Un véritable palais...enfin presque ! Un poulailler comme on en voit peu, construit par un ébéniste ! Non, nous n'avions pas des idées de grandeur chez mes parents, mais nous avions profité du séjour de mon grand-père ébéniste de métier, pour lui faire construire le poulailler...C'était grand, c'était spacieux, fait en beau bois ! pas du bricolage, non une oeuvre d'art ! Ensuite, le tout construit sur un grand emplacement du jardin, avait été peint en vert et mes parents avaient planté des rosiers grimpants tout autour...Des petites "roses-pompons" ! Comme disent les jeunes maintenant" ça en jetait". Il était magnifique ce poulailler, tout le monde l'admirait. On aurait dit une immense tonnelle dans le jardin... Et mon frère qui était un passionné des bêtes, leur avait donné des noms. Il avait ses préférés : deux tourterelles, et deux canards... Les tourterelles se posaient sur ses épaules et les canards, munis d'un droit de sortie, le suivaient dans les allées du jardin ! Je dis bien les allées puisqu'il leur avait appris à marcher seulement dans les allées ! C'était un peu fou non ? Quand André apprenait ses leçons, ce qu'il adorait faire en se promenant, les canards le suivaient....Tout le monde était content ...

                          Notre brave Mickey, ce si gentil chat qui s'était installé chez nous un beau jour, essayait bien de guetter dans un coin...on ne sait jamais, un canard, ça peut s'égarer et l'étudiant pouvait avoir un moment d'inattention...Pas de chance...Les chiens avaient l'habitude et ne disaient rien... Et chats et chiens n'avaient pas à se plaindre, pour des animaux de cette époque, ils n'étaient pas laissés dehors...Ils avaient aussi leur appartement...

                          Cette vie animalière s'est poursuivie jusqu'au début de la guerre...Puis les temps ont changé, deux des maîtres sont partis...Puis il n'y avait plus rien à donner à manger aux habitants du poulailler...C'était fini. Le poulailler est resté, toujours couvert de ses roses, mais complètement vide...Il faisait encore illusion ! Et puis, il a rejoint tout le reste ! Et je continue de me représenter cette partie de jardin qui est en même temps une partie de ma jeunesse. Mais quels bons et beaux souvenirs !

                           De jolis souvenirs pour un dimanche....

                            

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Quelques jours après....la vie...

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                       Après le désastre....un peu de joie.

                       Les lendemains d'un bombardement ne sont pas tout roses, loin de là...Les sauveteurs ont fort à faire. J'ai beaucoup repensé à tout ça dernièrement, après le tremblement de terre en Italie. La différence n'est pas grande en ce qui concerne les résultats, si les causes ne sont pas les mêmes.

                       J'ai pourtant quelques petits souvenirs heureux, oh, très peu, mais dans ce désastre du 18 avril 1944, des petites lueurs ont brillé...tout n'était pas mort ! La preuve, sont sortis des décombres des êtres qui ne voulaient pas mourir, d'autres qui arrivaient sur terre avec l'intention bien arrêtée de vivre coûte que coûte !

                       Il y eut d'abord cette très vieille femme, enfouie sous les décombres de sa maison écroulée par la déflagration des bombes. Elle est restée dans sa cave plusieurs jours, tout le monde la croyait morte ! Stupéfaction des sauveteurs lorsqu'ils l'ont découverte, bien vivante et...très fâchée. Elle n'a su que dire "ben vous en avez mis un temps" ! Elle commençait à s'impatienter. Elle a secoué ses vêtements plein de poussières, de ciment, de gravats et a confirmé qu'elle avait trouvé le temps bien long. Comment avait-elle tenu ? tout simplement en buvant du vin qui était dans sa cave.... Rires des sauveteurs, mais rires de soulagement ! Tout le monde n'a pas eu cette chance.

                       Et aussi, cette petite chatte sortie fièrement des décombres au bout d'une dizaine de jours, entraînant derrière elle tous ses petits chats. Quand étaient-ils nés ? A qui étaient-ils, on ne savait pas....Mais c'était la Vie ! Voir le jour pour la première fois dans ce fatras, on peut rêver mieux. Mais la petite chatte était heureuse après avoir eu certainement très peur. 

                       Les sauveteurs au contact de tant d'horreurs depuis cette affreuse soirée, se sentaient heureux enfin, comme ils l'ont été lorsqu'ils ont retrouvé dans les décombres de notre maison le paquet que ma mère ne pensait plus revoir et qui contenait des souvenirs de mon frère. Petits bonheurs, mais tellement grands !

                       

                       

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Une certaine nuit du 17 au 18 avril 1944....

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...

 

                      Dernier jour, dernière heure....17 avril 1944... 

                     

                  C’était il y a 65 ans…..Ma maison, ton temps était compté et , tout comme nous, tu ne le savais pas…Dans cette petite ville de banlieue parisienne, la soirée était belle, le temps était clair. J’avais été prévenue qu’il y aurait une alerte et que cette fois, ce serait grave. Le conseil m’avait donc été donné de quitter la maison au cas où…Ma mère et moi, inquiètes, avons ramassé en vitesse quelques papiers et le peu d’argent que nous possédions…et nous attendions….Je me souviens avoir traîné dans les pièces, pour m’imprégner de tout.. Reverrais-je ça un jour …? Cette jolie chambre que mon grand-père, ébéniste, m’avait faite et que j’aimais tant, je l’ai « photographiée » dans mon esprit et je la revois telle qu’elle était, avec tous ses objets offerts par mes grands-parents parisiens ou lorrains…

              « Objets inanimés, avez-vous donc une âme…. » Oui, certainement…et on vous aime, on s’attache à vous. Vous n’étiez que de passage, hélas.

              Et voilà tout à coup ce bruit affreux des sirènes, bruit des bombardiers, et ces fusées éclairantes qui ajoutaient à notre peur. .Départ précipité vers cet abri sauveur…Il allait être 23 heures… Les bombes ont commencé à être déversées sur nous…Nous avons compris et pour nous tu n’existais déjà plus ma maison…Combien de temps as-tu survécu ? 5, 10, 15 minutes ? Au bout d’une heure, il n’y avait plus rien que ce trou immense…

              Tout ce quartier d’ATHIS et de JUVISY, très près de la gare de triage, avait cessé de vivre. Des morts, des sinistrés, des disparus….C’est   ça la guerre.

              C’était ton dernier jour ma maison et pour moi la fin de mon enfance, de mon adolescence. C’était il y a 65 ans…..Nous avons attendu le jour pour tourner cette page de notre vie, incrédules devant ce paysage dantesque...Que des ruines , des incendies et des bombes à retardement qui commençaient à exploser autour de nous. Nous étions le 18 avril 1944. Après une nuit, un siècle était passé....

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