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Souvenirs d'un été très chaud...

par Geneviève Cotty

publié dans jadis et humour

                         Eté 1953...

                         Après deux mois d'arrêt de travail pour cause "d'arrivée d'un petit garçon", me voici repartie à mon travail, en plein été...Habitant en banlieue je travaillais à PARIS, dans le vingtième arrondissement, à la porte de Montreuil...Belle petite trotte à faire tous les jours, un peu de marche jusqu'à la gare puis train, métro et re-petite marche jusqu'à mon bureau. Je n'apprends rien à personne, c'est un peu fatigant, surtout quand il fait très chaud ! Et sapristi, qu'il faisait chaud cet été-là ! La société qui m'employait importait, fabriquait et vendait des réfrigérateurs...Nous en avions un à notre disposition et il travaillait le pauvre ! Bouteilles d'eau, de coca-cola, fruits, glaces...il était bien rempli  ! Et les glaçons, il nous en fabriquait "à la demande"..Nous en mettions même à prendre dans des bacs que nous portions à l'atelier...On squattait !

                         Pas de climatisation à cette époque, tout au moins en France ! Dans les bureaux, on travaillait dans la pénombre, volets fermés aux trois-quarts...On laissait juste un peu de clarté pour voir où nous posions nos doigts sur le téléphone ou sur nos machines à écrire..Tout le personnel, du directeur à la jeune dactylo, transpirait....Et on se plaignait à qui mieux mieux, ce qui n'arrangeait rien ! répéter "il fait chaud" n'a jamais rafraîchi personne...Mais bon, ça soulage ! Et il fallait penser à repartir le soir, en sens inverse : petite marche, métro, train et re-marche, mais en banlieue cette fois, en passant sous les ombrages ! Le métro, le train, quand ces deux moyens de transport ont bien roulé toute la journée et véhiculé un grand nombre de voyageurs perdant l'eau de toutes parts (si vous voyez ce que je veux dire), vous êtes très pressés d'arriver chez vous ! 

                         Et à cette époque, j'avais cette chance inouïe, de travailler "dans les réfrigérateurs" ! Chaque employé remportait à son domicile, des glaçons qui étaient bien appréciés par les conjoints et les enfants ! deux bacs chacun, c'était le lot ! Et vous pensez sans doute qu'ils arrivaient fondus ? Pas du tout ! Un petit truc tout simple vous permet de les garder environ deux heures : vous emballez les bacs contenant les glaçons d'abord dans un torchon (pour la propreté) puis le tout dans des feuilles de journaux...ça vous fait une glacière ! Le tout au fond d'un sac se transporte facilement et attend le moment de la dégustation ! On n'avait pas de frigo alors, mais on avait des idées ! Et je puis vous certifier que j'étais très attendue par les miens qui grâce à cette astuce, buvaient frais ! Depuis cette époque, j'ai connu d'autres étés chauds, mais les progrès étant arrivés et avec eux les facilités pour s'équiper, à nous les réfrigérateurs, les climatiseurs, les ventilateurs....Mais je n'oublie pas mes transports de glaçons de 1953...Et j'y repense aujourd'hui qu'il fait si chaud et lourd dans ma région...Je crois que nous aurons un orage sous peu....

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Cette nuit-là.....1969

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                          Pas question de dormir !

                          Quelle nuit ! Nous étions en vacances dans le Jura, dans cet appartement au rez-de-chaussée du chalet de nos amis, dans lequel nous nous retrouvions régulièrement tous les ans ! A croire que cet appartement était à nous...nous y avions nos habitudes et nos enfants disaient en parlant de ce lieu de vacances où ils allaient depuis si longtemps "chez nous, à PRENOVEL"....Que de bons souvenirs.... Or, ce soir du 20 juillet, on était dans l'attente d'un évènement important. Si tout allait bien, des êtres humains allaient mettre le pied sur la Lune !

 

                           Je ne me souviens plus à quelle heure nos amis sont venus nous dire que si nous voulions monter chez eux et regarder la télévision, nous pourrions assister "en direct" à l'alunissage ! Nos enfants étaient survoltés, à croire qu'eux-mêmes allaient alunir ! Et leurs parents étaient dans le même état, plus discrètement peut-être, encore que....C'était pas un spectacle journalier ! Il y avait beaucoup de monde chez nos amis...ils étaient parents de dix enfants ! et nous cinq ! Une vraie salle de cinéma ! Quand le moment fatidique est arrivé, nous avons tous poussé des cris de joie (comme ceux poussés par les techniciens de la NASA...enfin presque ) . Nous étions tous fiers et heureux. Je crois bien qu'on se sentait tous un peu américains ! Ça y était, il y avait non seulement un engin sur la Lune, mais aussi un humain. Les premiers pas....On dit toujours que c"est le premier pas qui coûte", celui-là était de taille ! Ça dépassait l'entendement ! Mes enfants étaient alors adolescents. L'âge où l'imagination va grand train ! Un homme sur la Lune en 1969, pour eux ça voulait dire :"tout le monde sur la Lune très bientôt". Pour un peu on aurait pu y installer le métro....(ça, c'était dans les rêves les plus fous) !

                             Une dizaine d'années plus tôt, mon fils aîné était déjà revenu tout excité de l'école, en disant que le Spoutnik des Russes tournait autour de la terre ! Déjà, il avait beaucoup rêvé...alors la Lune, vous pensez !

                             Oui, ce fut une belle nuit...Je revois toutes ces images retransmises par la télévision de l'époque...La façon de marcher de Neil Armstrong sur ce sol inconnu, d'un pas lourd et aérien en même temps ... Et c'était réel, ce n'était pas une utopie...on pouvait le faire, mais à quel prix ? Quand on aime, on ne compte pas !

                             En plus des prouesses techniques, il faut admirer le courage de ces hommes. Ils étaient confiants, mais on ne leur avait tout de même pas garanti le retour !

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Encore des mots d'enfants...

par Geneviève Cotty

publié dans humour

 
                        Souvenirs rafraîchissants...

                         Ces "mots d'enfants" qui me reviennent en mémoire, me ramènent à des jours heureux...et pourquoi ne pas partager ce plaisir... Ce sont peut-être des mots un peu "simplets", mais la petite enfance est simple et c'est ce qui fait son charme ! Sourions donc ensemble ! La vie n'est pas toujours si drôle !
                          Et c'est dimanche !

                         Honneur à la plus jeune génération d'abord ! L'aînée de mes arrières-petits-enfants :                       

 

Anaëlle 6 ans : 

 

 

                        « Tu sais Mamy, je crois qu’à l’époque de Magitte, il y avait des méchants avec des pistolets…!

- Mamy : oui ma chérie, ça s’appelle la guerre..

-Anaëlle: Je sais, Papa me l’a dit. Eh ben moi, j’aime pas ! »

 

                         La génération précédente, mes enfants...

Jean-Michel - 3 ans 1/2 - premier jour d'école - 

                         Il revient à midi et question traditionnelle de la maman : « Qu’est-ce que tu as fait à l’école ? »

                         Réponse : « la prière ». - Ah bon, et quoi comme prière ? « au nom du Père, du Fils du St Esprit habillez-vous ! ». La maîtresse devait être un peu pressée !


Philippe, 6 ans environ - petite philosophie déjà !

                        « J’aime pas l’école, mais puisqu’il faut y aller, autant bien travailler, on s’ennuie moins ! »

                        A bon entendeur…..

 

Anne-Marie, 5 ans -

                       « Tu sais papa, le vieux monsieur qui habite dans la maison d’Odile, il paraît qu’il est mort…

                       - Comment est-il mort ? En perdant la vie ?

                       « Ah ça, je ne sais pas, Odile ne me l’a pas dit !

Anne-Marie, quelques années plus tard...

                     - Elle récite sa leçon à son père:

                      « On a deux sortes d’intestins, le gros intestin et l’intestin gelé…

                      - L’instestin gelé ???? Non, l’intestin grêle !

                      « oh là là, la grêle et la gelée c’est pareil !


                      Les parents sont vraiment difficiles....

Philippe 9 ou 10 ans -

 

                      Il récite sa poésie à son Père…toujours de service ! Si le sens de la poésie était correct, il y avait un gros problème concernant les rimes..Le papa le fait naturellement remarquer et demande à Philippe d'apprendre à nouveau...

                      Réponse "Je la sais ma poésie, mais s'il faut encore que ça rime....."

 

                      Décidément, les parents sont exigeants !


                     Et voilà, c'est tout pour ce dimanche...J'avoue que l'inspiration, si inspiration il y a, me fait un peu défaut depuis deux jours ! Mes souvenirs sont comme moi, ils ont besoin d'un peu de repos pour reprendre vie ! Bientôt les vacances.... 

 



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Quelques mots d'enfants...pour sourire !

par Geneviève Cotty

publié dans humour

                        L'innocence à l'état pur ....

 

Anaëlle, 5 ans -

J’étais en vacances l’été dernier dans les Hautes-Alpes et comme tout a une fin, j’ai dit à mon arrière-petite-fille Anaëlle que je partais le lendemain.

- Pourquoi tu t’en vas Magitte me demande-t-elle ?

- Mais ma chérie, il faut bien que je retourne chez moi à Montpellier !

- Ah non ! C’est pas « ton » Pelier, puisque c’est celui de Maman ! Elle dit: on va à Mon Pelier !

Comment expliquer ça ? Et puis, c’était tellement mignon !

 

 

Michaël et Loïc, 8 et 4 ans -

Ce sont deux de nos petits-fils; ils sont frères.

Nous les avions emmenés en courses à AVIGNON et en revenant ils discutaient ferme dans la voiture. Conversation presque « houleuse » car ils n’étaient pas d’accord. Et tout à coup nous entendons Loïc (4 ans) dire à son frère, d’un ton qui n’admettait aucune réplique:

« Tiens, un exemple : Patou et Magitte (nous les grands-parents) eux, ils n’ont jamais eu d’enfants ! …….

En rentrant chez nous, nous avons sorti un album des photos de nos trois enfants en leur expliquant qu’il y avait leur papa, leur oncle, leur tante et qu’ils étaient nos enfants. Ils n’en revenaient pas ! Je ne sais pas ce qu’ils s’imaginaient !!!

 

Jean-Michel, 5 ans - 

Il avait déjà une petite-sœur qu’il adorait. Nous lui annonçons qu’il aura bientôt un petit-frère ou une petite sœur (à cette époque, c’était la surprise…).

- Oh , dit-il, moi j’aime tellement les petits-enfants que j’en voudrais un dans chaque main !

Que dire de plus ?

 

Anne-Marie, 8 ou 9 ans -

C’était il y a déjà longtemps… A cette époque, les enfants étaient moins au courant de la vie.

Anne-Marie revient de l’école et avant même de quitter son manteau elle interpelle sa mère (moi !) et lui dit:

- Maman il faut que tu m’expliques.. Je sais comment naissent les bébés, mais je croyais que le papa ne servait à rien ! Eh bien si, il paraît qu’il sert, c’est une petite fille qui me l’a dit !

Bon, il fallait bien s’exécuter, sans soutien, le papa étant parti courageusement s’enfermer dans la chambre en attendant ..

C’est beau la franchise des enfants, même si ça vous met dans l’embarras !

 

Philippe - 3 ans -

Il adorait sa grand-mère et lui dit :

- Mamy, quand je serai grand, je me marierai avec toi !

- Ce n’est pas possible répond Mamy, on ne se marie pas avec sa grand-mère et en plus, quand tu seras grand, moi je serai vieille…et je ne serai peut-être plus là.

- C’est dommage dit Philippe. Mais puisque je t’aime beaucoup, je te promets que j’irai te porter des géraniums sur ta tombe….

              

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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C'était ça aussi l'éducation.....

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis et maintenant


                         Sévérité....début 1900 -

                        Mon père, né en 1897, nous racontait souvent ses souvenirs de jeunesse ! ça doit être un mal familial...Et cela nous mettait toujours en joie ! Il nous racontait notamment comment il avait été élevé par des parents sévères (surtout son père), qui ne badinaient pas avec la discipline et le respect ! Et pour nous, jeunes enfants nés après la Grande Guerre, nous trouvions les parents de 1900 très durs et tellement sévères ! Et papa nous racontait en riant ces anecdotes que je n'ai jamais oubliées....

 

                         - Un jour qu'en sortant de table, mon grand-père lui avait fait une réflexion parce qu'il ne pliait pas sa serviette, mon père a roulé celle-ci en boule et faisant mine de bombarder son père avec, il lui a dit "Viens-y" ! Et comme racontait mon père..." Eh bien, il est venu" ! Pas pour rien ! Moralité : geste à ne pas refaire, et surtout ne pas inviter son père à "y venir", il vous prend au mot et ne se dérange pas pour rien !

 

                         - Ma grande-mère ayant été malade, mes grands-parents avaientpris "une bonne" comme on disait alors, pour la seconder. Mon père trouvait ça très bien, alors que grand-père avait précisé que c'était pour aider grand-mère. Un matin, avant de partir à l'école, la bonne fait remarquer à mon père que ses chaussures ne sont pas très propres...Qu'à cela ne tienne, papa les enlève et les donne à la bonne qui lui répond "non, vous savez que votre père ne veut pas" , ce qui était exact. Mon père, du haut de ses 8 ans, dit à cette brave employée :"vous les ferez mes chaussures, après tout, vous êtes ma bonne "! A peine avait-il terminé sa phrase, que sans rien voir venir , il reçoit un coup de pied dans les fesses et qu'il entend "Ta bonne, ta bonne, et avec quoi tu la paies ta bonne ? " Que répondre à ça ? Surtout rien, ça n'aurait fait qu'aggraver la situation....

 

                         Trop de sévérité à l'époque ? Allez savoir ! Il y avait ce qu'on pouvait faire et ce qu'on ne devait pas faire...Et les parents étaient intransigeants. Ils voulaient être obéis et respectés. Le copain-copain n'avait pas cours. Mon frère et moi par la suite, avons été élevés sévèrement, mais beaucoup moins que la génération d'avant la grande guerre. On connaissait les limites à ne pas dépasser ! Et nos parents plaisantaient avec nous...tant que nous restions respectueux. Depuis, il y a eu une autre guerre qui a un peu chamboulé toutes les valeurs...Plus de libertés et de liberté...Et petit à petit, les enfants sont devenus rois et les parents leur doivent le respect ! Tout change...Est-ce pour le bien ? Pas obligatoirement...Pas assez de laxisme jadis, trop de laxisme maintenant. Chacun y perd ses repères ! Alors qu'il suffirait d'un peu de bon sens pour secouer le tout et que ce tout redevienne normal.... Ni trop, ni trop peu....

                        

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Quand on est jeune....

par Geneviève Cotty

publié dans jadis et humour


                          L'âge de l'admiration !

                          Avoir 14 ou 15 ans, surtout pour une jeune fille d'avant-guerre, c'était l'âge des premiers émois et de l'admiration sans bornes pour quelqu'un ! Et moi, j'admirais un garçon que j'avais vu à plusieurs reprises dans un groupe avec mon frère et qui me semblait être...l'être le plus beau et surtout le mieux habillé de la Terre ! Grand, un peu blond, un air hyper-sérieux ! Mes camarades d'école et moi le trouvions sensationnel, et quand on le voyait passer devant notre école, il y avait du remue-ménage dans le bataillon de ces demoiselles ! Je ne sais ce qui plaisait le plus à mes camarades toutes un peu plus âgées que moi, mais ce dont je suis certaine, c'est que moi j'admirais....ses costumes ! On fait ce qu'on peut !... Sérieux ? ah oui, il semblait l'être, son sourire étant rare...Et au fond, à y repenser, nous ne l'intéressions pas du tout ! Je connaissais vaguement son nom, sans y avoir prêté attention : Louis BOUJU PAUWELS. Il faisait partie de la jeunesse studieuse de JUVISY...

                           Au début de la guerre, j'avais travaillé aux Editions du Cerf à PARIS où j'avais pu entrer grâce à une amie. Là, j'ai rencontré une jeune fille charmante qui habitait également JUVISY et nous avons sympathisé. Cette jeune fille "fréquentait" ,comme on disait alors, un jeune homme de JUVISY également..., mon beau ténébreux ! Et par elle, j'ai enfin appris pourquoi ce garçon était si bien habillé et quel était son vrai nom : Louis PAUWELS, alors élevé par le second mari de sa mère, Monsieur BOUJU, tailleur de son état , ceci expliquant les beaux costumes si élégants ! Moi qui m'étais fait tout un roman dans lequel mon héros devait être au moins un prince ! Et voilà ! l'explication était toute simple...et ce jeune homme sérieux est devenu Louis PAUWELS, écrivain de renom, que j'avais connu très jeune, mais sans oser lui adresser la parole ! La dernière fois que je l'avais aperçu avec mon frère, c'était en avril 1940, au cours de la dernière permission de mon frère....

                            Et je pense que mon ancienne collègue l'avait épousé, et qu'ils ont eu au moins une fille : Marie-Claire PAUWELS...Quand je vois une photo d'elle, je crois revoir le si joli visage de cette fille si gentille que j'avais eue comme collègue pendant quelques mois ! Je ne crois pas me tromper, mais là encore, je n'ai jamais osé poser la question ! Ce sont des images de jeunesse qui me reviennent de temps en temps...Souvenirs d'une admiration...de petite fille.

                             Louis PAUWELS, ancien de JUVISY tout comme moi, très célèbre et dont j'aimais les éditoriaux. Je crois qu'il avait été professeur également. Et surtout écrivain, parce qu'en plus de ses beaux costumes...qu'est-ce qu'il écrivait bien !

                           

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Parents et instituteurs, jadis....

par Geneviève Cotty

publié dans jadis et humour


                          Main dans la main !

                          Cette éducation de jadis que certains trouvent trop rigide, me fait revenir à l'esprit une petite histoire que mon père racontait...Histoire vraie arrivée à un de ses cousins qui allait à l'école à JUVISY, bien avant la Grande Guerre....

                          Lorsqu'un instituteur avait des problèmes en classe avec un élève, il n'était pas rare qu'il mette un mot sur le cahier de l'élève en lui demandant de "faire signer par son père"! Ça, c'était une punition double ! en effet, en plus de la punition attrapée en classe, il y avait celle que ne manquait pas de donner le père ! Pas question à cette époque de critiquer le maître et d'aller le trouver pour lui faire des remontrances et encore moins de lui administrer une raclée ! ça ne se faisait pas ! Et le respect alors ? C'était d'ailleurs la même chose quand j'étais jeune !

                          Un jour, le cousin Albert qui avait été particulièrement  turbulent (ou qui ne savait pas ses leçons) est revenu chez lui avec son cahier annoté de la belle écriture du maître et racontant ses méfaits ! Aïe, l'oncle de mon père (c'était un "défaut" familial) était très sévère et Albert se rendant compte que ça irait sûrement mal pour son matricule, a décidé de ne pas soumettre le cahier à la signature de son père et de "faire comme si"...Alors, il a crû bon d'inscrire, sous le"mot" du maître, cette phrase courte qu'il croyait suffisante : "Punissez-le"...et pour en terminer, il a imité la signature du paternel !C'était court en effet, mais l'instituteur qui connaissait très bien le père, a trouvé cette injonction peu commune, et il s'est posé des questions...Il s'est alors dérangé lui-même et est venu aux nouvelles, directement à la maison d'Albert ! La suite ? Quand j'ai connu ce cousin, il avait déjà 25 ans environ et...il parlait encore de la fessée qu'il avait reçue de son père !

                           C'était jadis, quand parents et instituteurs marchaient "main dans la main" et que le métier d'enseignant n'était pas devenu dangereux !

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Un beau défilé....

par Geneviève Cotty

publié dans le temps présent

                          J'ai beaucoup aimé...

                          Je n'ai pas honte de le dire, j'ai beaucoup aimé ce défilé du 14 juillet sur les Champs Elysées...Le temps était au beau sur PARIS et moi, bien installée dans un fauteuil, j'ai regardé toutes nos troupes, les grandes Ecoles et les moins grandes, l'aviation, la marine, les blindés, les pompiers...enfin, tout ce qui défilait et qui représentait la France. Et j'ai pu voir la Garde Républicaine et son magnifique carrousel...Et ces soldats étrangers venus représenter l'Inde avec fierté...Et pour finir, les parachutistes ! C'était grandiose tout ça, et j'ai été, pourquoi ne pas le dire, fière de mon pays et de tous ces hommes et femmes qui nous ont permis de voir un tel spectacle. Quel travail pour eux depuis bien des jours et mois sans doute, mais quelle satisfaction ! Bravo à tous !
Je vais sans doute sembler un peu "cocardière" auprès de certains. On ne se refait pas, j'aime mon pays, même si je le critique souvent...Vous savez bien, les français adorent critiquer ce que fait leur pays, mais n'aiment pas du tout, mais alors pas du tout, que d'autres viennent le critiquer ! ça doit faire partie de nos droits !

                           Et ce qui m'a fait plaisir, ce sont les jeunes des différentes écoles prestigieuses ou non...J'ai vu des jeunes qui avaient un idéal...Et je trouve ça encourageant à une époque où il est de bon ton de mettre tous les jeunes "dans le même sac", pas pour le meilleur, mais uniquement pour le pire ! Ouf ! tout n'est pas perdu...Ils existent ces jeunes bien qu'on en parle moins souvent que de ceux qui essaient de jeter le discrédit sur la jeunesse, en brûlant, cassant et même tuant parfois. Ceux qui ne respectent rien ni personne...

                           Je suis heureuse de cette matinée passée à regarder et applaudir...Et puis, ça m'a rappelé ma jeunesse, et ça, c'est toujours bon à prendre ! Ce soir, il y aura paraît-il un très beau feu d'artifice tiré depuis la Tour Eiffel....Comme j'aimerais y être...Faut pas rêver, je suis trop loin et surtout un peu trop âgée ! Je regarderai de mon 6ème étage celui de ma ville...et des alentours !

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Demain...14 juillet...

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis et maintenant


                     Souvenirs d'antan...

                     En cette veille de 14 juillet, je ne peux m'empêcher de repenser aux divers 14 juillet de ma jeunesse, alors que j'habitais en banlieue parisienne...Pour les adultes, mais aussi pour les enfants, c'était une fête, fête en musique, musique militaire surtout ! On suivait les minis-défilés jusqu'au monument aux morts de la Grande Guerre, celle-ci étant encore si proche de nous...Fanfare avec clairons, tambours, drapeaux ...Tout ceci plaisait aux enfants qui se sentaient une âme de conquérants ! Et surtout, il y avait la revue du 14 juillet à PARIS à laquelle mes parents nous emmenaient parfois.

                     Nous prenions alors le train à JUVISY, de très bonne heure le matin, pour être bien placés aux Champs Elysées. Il y avait foule et très souvent, les épaules de mon père étaient les bienvenues pour me permettre de voir ce qui se passait ! C’était très beau ! A l’époque, il y avait des troupes coloniales qui défilaient et qui ajoutaient au folklore ! Et toutes les troupes à pieds, à cheval, les garde-républicains… Toutes étaient applaudies…Nous rentrions chez nous fourbus, mais tellement heureux !


                    Et je ne dois pas oublier la Retraite aux Flambeaux qui avait lieu je crois le 13 juillet au soir ! C’était un peu comme le « Combat des Maures » : Nous partions quelques-uns, mais nous étions infiniment plus à l’arrivée !Tout le monde suivait avec lampions multicolores, flambeaux etc…et « En avant la musique » ! On était heureux pour des petits riens, mais ça comptait pour beaucoup à une époque où les distractions ne nous rendaient pas blasés de tout.

                    Et le soir du 14 juillet, arrivait l’heure du Feu d’artifice (je peux dire des feux d’artifice car on pouvait voir ceux des communes avoisinantes). Explosion de joie alors " la belle bleue, la belle verte, la belle rouge "  ! Il y avait bien quelques ratés, mais ce n'était pas grave, l'essentiel était de bien s'amuser !

                    Pas le droit pour moi d’assister aux divers bals populaires ! Je n’avais pas l’âge admis par mon père !!! ( Aïe ! cette époque qui nous voyait obéissants, contre notre gré il faut bien l’avouer !). Mais je me souviens qu’il y en avait plusieurs et que mes camarades qui y allaient rentraient ravies ! C’était ainsi….Je pensais me rattraper un peu plus tard, mais….d'autres festivités nous attendaient...

                   J’ai quand même un bon souvenir de ces fêtes du 14 juillet. Est-ce que cela a tellement changé maintenant ? Peut-être pas…Toujours des fanfares, des retraites aux flambeaux, des feux d’artifice de plus en plus beaux, des bals ? Je n’en suis pas certaine sauf en ce qui concerne les feux d’artifice et les bals qui eux sont toujours bien présents et appréciés de tous !

                    Le 14 juillet représente quand même un anniversaire que nous ne pourrons jamais oublier complètement. Et les flonflons et autres feux d’artifice ont encore de beaux jours devant eux !

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Partager.... avec plaisir....

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis et maintenant


                          Penser aux autres...

                          Quand j'étais enfant, j'en ai déjà parlé, mes parents et surtout mon père, ne badinaient pas sur l'éducation ! Ce qui nous semblait alors normal paraîtrait sans doute "monstrueux" à la génération actuelle ! Nous n'étions pas maltraités, loin de là ! Nos parents étaient aimants mais essayaient de nous armer pour la vie. C'est ce que mon père disait...En toute honnêteté, je crois qu'il avait raison, même si parfois on "ruait un peu dans les brancards" (en paroles et en dehors des parents !) On n'accepte pas toujours avec bonne humeur les remontrances, fussent-elles faites "pour notre bien" présent et futur !

                          Nous n'étions pas des anges et très tôt dans la vie, il semblait indispensable que les parents combattent quelques petits défauts qui pointaient le bout de leur nez ! Par exemple, chez moi, un défaut horripilait mes parents : ce qui était à moi me semblait tellement à moi que je n'aimais pas beaucoup partager même avec ceux que j'aimais...Et ça, mon père ne pouvait accepter...Un jour que nous étions en vacances en Lorraine chez mes grands-parents et que mon père avait fait un déplacement en Normandie, il m'avait rapporté une boîte de bonbons...C'était une sorte de bonnet de marin contenant des petits bonbons ressemblant à des cailloux ! Cadeau magnifique pour une fillette de six ans et que "je me gardais" précieusement! Je ne distribuais pas mon trésor à tous vents ! La fille des fermiers voisins vient apporter le lait chez ma grand-mère, ce qui était gentil puisque ça évitait à grand-mère de se déplacer...Cette petite fille avait à peu près mon âge et mon père me demande de lui offrir des bonbons de ma boîte. Aïe...Avec un grand soupir je prends un bonbon et le lui donne, et j'entends mon père me dire le plus naturellement du monde "Non, laisse-là se servir et qu'elle en prenne pour ses frères et soeurs"...Elle en avait sept !...
                           Et à chaque bonbon qu'elle a pris (obéissance ou gourmandise...) j'ai poussé un grand soupir ! Ma boîte n'était pas sans fond et le résultat me faisait peur ! Et ensuite, quand elle est repartie, j'ai eu droit à mon cours de morale !...ça c'était assez courant ! Je m'en souviens encore. Il fallait que j'apprenne à partager, que je ne me montre pas égoïste, etc...etc... C'était du sérieux ! Et que j'apprenne à offrir ! Une chose est certaine, c'est que cette histoire m'est toujours restée à l'esprit....Partager, penser aux autres, ça faisait partie de l'éducation qu'on nous donnait. Quand bien plus tard, nous avons tout perdu dans un bombardement, nous avons été très heureuses ma mère et moi, que des gens pensent à nous et partagent avec nous. 

                           Et donner ce à quoi on tient, ça peut apporter tellement de satisfaction. Je crois que c'était ce que mon père avait voulu me faire comprendre. On entend souvent des enfants dire c'est à moi, c'est pour moi...Et les autres ? Leur faire comprendre que "les autres" existent, qu'il faut penser à eux, ce n'est pas être trop sévères ou moins les aimer...bien au contraire. Est-ce que la grande peur des parents maintenant ne réside pas dans cette question "est-ce que mon enfant m'aime"? Mais bien sûr qu'il vous aime, encore plus si vous l'éduquez c'est alors la preuve que vous vous intéressez à lui...

                          

 

                         

 

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