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Faim, gourmandise et dévouement ?...

par Geneviève Cotty

publié dans humeur et humour


 
                        Au tout début de l'occupation...juin 1940 -
 

                         Comme tout le monde ou presque, nous étions partis sur les routes pour fuir l'avance allemande...J'étais avec ma tante et mes petits cousins, emmenés avec d'autres personnes dans des camions militaires français, qui se dirigeaient "vers le sud" ? Au fond, on ne savait pas trop, ce qu'il fallait c'était passer la Loire....Voyage qui s'est arrêté brutalement à VIERZON, les soldats français n'ayant plus d'essence et les allemands nous ayant rattrapés ! Le sort en était jeté.... Nous voyons les premiers soldats allemands, le coeur serré d'en être arrivés là...

                         Toutes les rumeurs couraient alors sur les intentions des envahisseurs. On recommandait de ne rien accepter d'eux, il y avait eu paraît-il des précédents pendant les guerres de 1870 et 1914.
                        

                         Un soldat en passant avait donné du chocolat à mon petit cousin. Ma tante le lui a repris, on racontait tant de choses sur des bonbons et de la nourriture empoisonnés…Il fallait se méfier, mais c’était très dur pour les enfants et les grands aussi. La preuve, c’est que le chocolat, le soir, ma tante m’a dit que peut-être on avait tort…et que…et que…enfin que peut-être nous deux nous pourrions y goûter ? Par dévouement bien sûr..ce que nous avons fait...On ne peut tout de même pas laisser ses enfants manger n'importe quoi, sans y goûter à l'avance. S'il y a des risques, c'est aux aînés de les prendre... Soixante neuf ans après, je suis toujours là…cette tablette de chocolat n’était peut-être pas empoisonnée ?

                         Avec le recul, je me demande quand même ce qui nous avait fait agir...La faim, la gourmandise ou comme nous voulions nous en persuader, le dévouement ? Soyons franche, sans doute un méli-mélo des trois et la peur concernant le devenir des enfants. Un peu d'égoïsme aussi ? non, ça serait moche, et pourtant, en réfléchissant bien, le dévouement aurait imposé l'abstinence pour toute la famille... Et si nous avions simplement obéi à notre estomac ? Nous étions sur la route depuis plusieurs jours et la nourriture était rare; les quelques provisions avaient été partagées, les enfants servis en priorité...Réflexe humain de conservation...L'estomac est mauvais conseiller...Et puis on se disait que dès que nous serions revenues à PARIS, nous retrouverions pain, viande, beurre et chocolat pour les enfants, du vrai, bien de chez nous ! Ce fut la plus grande erreur de notre vie ... Le chocolat bien de chez nous avait changé de camp...On ne peut faire confiance à personne ! 

 

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Guerre, tabac et troc....

par Geneviève Cotty

publié dans humour


                        Ah ! ce tabac.....

 

                       Arrêt sur le tabac….. Décision nécessaire pour certains, inutile pour d’autres. Il ne m’appartient pas dans ce petit récit de prendre position. Pour moi, cela me ramène à des années en arrière et comme toujours dans ce cas, les souvenirs reviennent !

                      Souvenirs d’une jeunesse qu’on aurait aimée plus agréable parfois… Mais telle quelle nous l’avons vécue et subie.

 

                       C'était en l944. Nous venions de vivre une période dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle avait été assez difficile. Les femmes avaient démontré qu’elles pouvaient être fortes et courageuses et remplacer les hommes manquants à l’époque (prisonniers de guerre, déportés, STO etc…). Elles s’étaient également illustrées dans la Résistance. Sans être féministe, il faut bien reconnaître que la femme prenait une place plus importante dans la société ! Toujours est-il que, pour les récompenser sans doute, on leur a octroyé le droit de vote et……..une carte de rationnement de tabac ! On avait déjà tellement de cartes pour tout, pourquoi pas celle-ci ? Je peux vous dire qu’en ce qui me concerne, c’est un grand service qu’on m’a rendu en m’octroyant du tabac … Je ne me sentais pas encore tout à fait l’égale d’un homme. Je ne fumais pas et je ne savais pas réparer mon vélo. Or, travaillant loin de mon domicile après le bombardement, pour rejoindre le commissariat où je travaillais il me fallait pédaler sur un vieux vélo pendant des kilomètres ! C’était très bon pour ma santé, mais il y avait un mais….Si les gardiens de la paix et les inspecteurs « touchaient » des pneus pour leurs vélos, moi je n’avais droit à rien et on ne pouvait pas en acheter dans le commerce. Mes collègues me donnaient donc tous leurs pneus usagés (oh combien !). C’était gentil…

                       Rouler avec des pneus usagés, ça évite de gaspiller, mais ça n’évite pas les crevaisons Tous les jours, je faisais une partie du chemin à pieds…Non, je n’étais pas l’égale d’un homme, j’en avais la confirmation à ma grande honte., et j’étais très heureuse qu’une âme charitable me dépanne !Et c’est ainsi que j’ai pu constater que le tabac pouvait vous rendre service ! Quelques cigarettes….contre une rustine bien posée ou la réparation d’un pédalier qui fait des siennes. Rien ne m’était épargné…

                      Je n’avais alors plus à me soucier de rien, j’avais du personnel à ma disposition, qui anticipait ! Dès que j’arrivais, il y avait toujours un brave homme pour me demander si j’avais « crevé » en route. C’est fou ce que ces messieurs étaient serviables et aimables….et tellement désintéressés !

                      Allez, c'était gentil quand même ! et ça prouve que s'il fut un temps pendant lequel le tabac était utile, c'était bien celui-là....

 

 

 

 

 

 

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Vivement la retraite...et après ?

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis et maintenant


                          Petites réflexions pour un dimanche....

                          Ce "vivement la retraite" c'est la deuxième fois ce matin qu'il tinte à mes oreilles ! En ce beau dimanche de mai, par un beau soleil et une douce chaleur, il est normal de penser à cette période qui ne manquera pas d'arriver un jour...La retraite ? mais c'est la liberté, la disparition des contraintes de toutes sortes...Quoique...Avec la retraite, curieusement vient l'âge...On ne peut avoir l'une sans l'autre avec son chapelet de petits inconvénients souvent plus agaçants que graves...Mais dans ses projets de retraite on l'avait un peu oublié celui-là !
Le mieux alors c'est de "faire avec" et surtout de "faire comme si..." Faire comme si on pouvait toujours courir après un train ou un bus, être bousculé dans le métro, manger sur le pouce, se lever de bonne heure...enfin ce qu'on fait quand on fait encore partie des actifs...

                           On peut aussi troquer les occupations rémunérées contre d'autres occupations : prendre le temps de penser davantage à soi et aux autres, visiter des musées, de jolies régions, lire, aller au cinéma etc... en un mot faire ce qu'on n'avait pas le temps de faire quand on vous imposait des horaires, un travail pas toujours bien accepté (mais il faut bien manger et surtout ne pas être trop difficile à notre époque !). Et aussi on peut également ne rien faire...ça ce n'est pas toujours facile, le désoeuvrement engendrant très vite l'ENNUI ! évidemment quand on n'a pas l'habitude ! Et quand arrive l'heure de la retraite, arrive aussi l'heure d'arrivée des petits-enfants...Et on ne veut pas passer à côté de ce bonheur... Le programme des retraités est vaste et c'est ce qui explique que nous, pauvres inactifs, nous soyions tellement occupés ! Surtout que (mais ça je le dis tout bas) nous n'allons plus aussi vite qu'avant... C'est ça aussi la retraite...Il nous faut plus de temps pour effectuer des petits travaux qu'on faisait auparavant tout en travaillant...mais en se fatiguant beaucoup, toujours sur la brêche, toujours courant, toujours les yeux rivés sur la pendule...Ne plus faire trop attention à l'heure, sauf pour les repas, l'estomac lui n'étant pas en retraite...Quand mon mari est devenu retraité, il a quitté sa montre et ne l'a jamais remise ! Je ne sais pas comment il faisait pour se "pointer" à midi juste à la cuisine pour voir où j'en étais !

                             Vivement la retraite...Les ouvriers ne sont plus astreints à la pointeuse mais dépannent souvent leur famille et leurs amis, leur outillage toujours à portée de mains...Les enseignants ne sont plus dépassés par une jeunesse devenue parfois bien difficile, mais dépannent souvent des enfants qui ont quelques difficultés à l'école, les retraités des professions libérales (notaires, avocats et autres), glissent quelques conseils aux uns et aux autres....Chacun essaie de transmettre son savoir d'une façon ou d'une autre, pour le plaisir, sans contraintes d'aucune sorte ! Et c'est ça qui est agréable dans la retraite....la liberté...et rendre service. C'est une occupation importante et tellement utile. Vive la retraite !

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Un petit ami...parmi les autres...

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...

                      

                        Petites habitudes entre amis...

                        Dans le château-poulailler (!) du fond du jardin, vivait ce gentil petit animal, bien apprivoisé lui aussi, qu'on nomme cobaye et beaucoup plus familièrement cochon d'inde...Pourquoi ce nom ? Je n'en sais rien. Toujours est-il que c'était un vrai copain de la famille...Bien logé, bien nourri, il était dodu, le poil luisant, blanc, roux et noir...Assez casanier, il n'était bien que chez lui, enfin c'est ce qu'on croyait, il n'en n'avait jamais rien dit !!! Mais....

                        Tous les matins, ma mère allait le chercher et le ramenait dans ses bras. Il n'était pas sauvage et se laissait caresser avec plaisir, ça se voyait. Et il y avait le moment de la gâterie : une pomme qu'il s'empressait de prendre entre ses deux petites pattes avant....Mais il ne la mangeait jamais à la maison...il avait sûrement une raison ! ma mère le reconduisait et dès qu'il était dans son logement, il posait la pomme et la grignotait avec gourmandise...C'est ce qui me fait dire qu'il n'était bien que chez lui ! Ce comportement nous semblait étrange; il n'était pas peureux, mais tout comme les humains, il avait ses habitudes ! La grand-mère de mon père buvait bien toujours son café debout (il parait que c'était pour qu'il lui réchauffe plus vite les pieds...)! Notre petit cochon d'Inde nous aimait c'était certain, nous étions très bons amis...et s'il fallait se gêner avec ses amis, où irions-nous ! Manger chez lui devait avoir un sens, caché pour nous. Mais je le revois toujours, repartant dans les bras de ma mère, en serrant bien fort cette pomme qu'il prenait tant de plaisir à manger chez lui...

                         Un petit "chez soi" vaut mieux qu'un grand "chez les autres" dit-on...Chez nos amies les bêtes aussi.

                         C'est une petite histoire qui peut être racontée aux enfants sages, mais qui peut être mise entre toutes les mains, y compris celles des adultes ! Il y a beaucoup à apprendre sur les habitudes des animaux...Ils ont leurs raisons qu'eux seuls connaissent...

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Quelques brins de muguet....

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis et maintenant

                     Le 1er mai, fête du travail....

                     Fête du travail ou pas, je n'ai pas envie de travailler aujourd'hui ! Décidément ces derniers jours, j'ai bien des soucis avec tous ces objets censés nous simplifier la vie et nous la rendre plus belle ... Après l'ordinateur, têtu, qui ne fait que ce qu'il veut, mon téléphone me pose problème ... Il fonctionne, oui bien sûr, mais j'ai droit à un grésillement tout à fait désagréable dans les oreilles, et souvent ce que je dis est "haché" paraît-il (dixit mes interlocuteurs). Bon, j'ai tout débranché, rebranché, secoué, annulé et alors que je n'ai aucun message non consulté (c'est une voix charmante qui me le répète), une petite lumière clignote sans arrêt me précisant que j'ai un nouveau message ! Ils ne sont même pas d'accord entre eux, comment puis-je m'y retrouver moi qui n'y connais rien ? Il faudra que je prévienne mon FAI (c'est comme ça que s'appelle le responsable qui me fournit téléphone, internet, soucis etc...) qui va encore me demander de débrancher,rebrancher,  etc...enfin tout ce que j'ai déjà fait ! Je veux bien être moderne moi, mais il faut bien reconnaître que c'était moins compliqué avant tous les progrès ... Je préfère abandonner pour l'instant et parler...du muguet !

                      Quelques brins égaient mon séjour et sentent bon, d'autres me sont arrivés sur mon écran d'ordinateur via Internet et m'ont fait un plaisir immense. On pense à moi et ça me touche beaucoup. Et ces brins de muguet m'ont remis en mémoire d'autres brins de muguet reçus pendant toutes ces années.  Tout d'abord, un souvenir triste mais dont je me souviens avec beaucoup d'émotion : 1er mai 1940, fin de la dernière permission de mon frère...Je l'ai reconduit à la gare de l'Est à PARIS, il avait juste 18 ans 1/2. Aux abords de la gare un marchand de muguet ambulant proposait cette fleur porte-bonheur et André me dit :"je t'en offre un brin". C'était gentil mais, il était encore bien jeune et il a ajouté :"je te donne les sous, va l'acheter toi-même" ! Il avait honte d'offrir du muguet à une jeune fille (sa soeur, mais ça personne ne le savait !). Je me suis moquée de lui.... Il a pris son train pour le front. Nous ne l'avons jamais revu, un mois après environ, sa vie s'est arrêtée.

                       Et ces petits bouquets apportés par mes enfants le matin de bonne heure. Ils descendaient en cachette, on entendait juste la porte claquer....Et on m'apportait quelques minutes plus tard, sur un plateau, croissants et tasse de café et ce bouquet de porte-bonheur.... Les enfants sont heureux de "faire des surprises" et les mamans d'être surprises ! Souvenirs...souvenirs...

                        Oui, ces petites clochettes blanches sont bien agréables à recevoir, mais aussi à offrir... Tradition oblige ? non affection !

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Astuces...et désobéissance...

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                       Souvenirs de 1942....

                       Le français est frondeur, c'est bien connu et..."quand on n'a pas de pétrole, il faut avoir des idées", suivant la formule consacrée qui date de beaucoup plus tard, mais qu'on avait mise en application avant la lettre ! Il y en avait des choses interdites dans les années 1940. Je crois bien que nous n'étions pas tout à fait libres ? C'est même une certitude...Et ça, quand on est français et donc frondeur, c'est inacceptable ! On s'arrange alors, quelques petites astuces aidant....c'est ce qu'on faisait....

                       Je travaillais alors dans le 16ème arrondissement de PARIS, dans un bel immeuble équipé d'un ascenseur. Je m'occupais d'enfants d'une famille qui me confiait les siens...Il fallait bien travailler ! Et j'étais tombée dans une famille charmante. Habiter un quatrième étage, quand il y a un ascenseur, rien à dire, au contraire ... Mais voilà, les occupants avaient décidé que le sport ferait beaucoup de bien aux français et qu'il serait bon pour eux d'emprunter les escaliers, sauf à habiter à partir du 5ème étage ! Je crois aussi que, plus que pour notre bien, c'était une mesure de restriction comme il y en avait tant ! Allez savoir, ils avaient les idées, nous les astuces !

                        Curieusement, les habitants du 4ème étage de l'immeuble se retrouvaient sur le palier du 5ème d'où ils prenaient l'ascenseur...Suivez bien : pour descendre, on montait un étage à pieds et on en descendait 5 en ascenseur...Quand vous sortez avec des enfants, c'est appréciable ! Au retour, montée jusqu'au 5ème avec ascenseur(impossible de s'arrêter avant), puis descente d'un étage par ses propres moyens...Ni vu, ni connu...et la concierge devenue sans aucun doute mal-voyante, laissait faire ! Et le règlement était respecté....presque ! Mais, qu'est-ce qu'il y avait comme gens qui habitaient les cinquièmes étages !

                         Ces petites astuces énervaient prodigieusement l'occupant qui trouvait que les français étaient trop débrouillards ! que voulez-vous, nous sommes ainsi. Mon mari m'avait rapporté qu'un allemand avait dit "ces français, si on les enfermait dans une pièce vide, ils finiraient par la meubler et y faire de la cuisine "... Désobéir alors devenait un sport national et il est vrai que nous étions doués...C'était notre petite revanche, en attendant mieux. Les interdits ? on passait outre ! Pas le droit d'écouter la radio anglaise ? bof....ça grésillait, c'était brouillé...mais ça s'écoutait quand même avec ferveur...si ce n'était pas chez vous quand vous ne pouviez rien capter, il y avait bien un voisin dans le quartier qui vous accueillait, vous permettant ainsi de coller vos oreilles au poste ! Résistance à coups d'épingles, mais résistance quand même....Petit à petit, l'oiseau fait son nid...

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Montez donc à la maison !....

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                           Une petite histoire pour sourire, qui pourrait s'intituler:

                           "Venez chez moi, j'habite chez des copains "....

                           C'était quelques années avant la guerre, alors qu'à la maison il y avait entre autres, deux chats et deux chiens ! Nos animaux étaient bien logés, mais les chiens en particulier n'avaient pas le droit de monter à la maison...le sous-sol leur appartenait ainsi que le jardin où ils pouvaient courir en liberté. Pour les chats, le règlement était plus large ! surtout pour ce si gentil chat noir, Mickey (celui  qui s'était pris d'affection pour les enfants et dont j'ai déjà raconté l'histoire) Celui-là, tout lui était permis ! enfin il se permettait tout ! notamment, bien s'installer pour dormir dans le confortable fauteuil en cuir de mon père...Il était si mignon ! C'est pas qu'il y avait des préférences, mais tout de même... Et il était drôle ce chat, il ouvrait même la porte qui descendait au sous-sol...Un vrai petit chien ! 

                            Un jour que nous étions partis à PARIS avec ma mère, le temps n'étant pas trop beau, chats et chiens avaient été laissés à l'intérieur : un chat (Poney), la petite chienne Minnie (ce nom lui ayant été donné parce qu'elle était la grande amie de Mickey), et le bon gros Malinois, Dick, magnifique mais encore un peu tout-fou sa jeunesse aidant, dans leur sous-sol. Mickey lui, comme à son habitude ,faisait une sieste dans le fauteuil paternel. La porte de communication avec le sous-sol était fermée...Nous voilà donc partis très tranquilles ma mère, mon frère et moi. 

                             Lorsque nous sommes revenus dans la soirée, la porte donnant accès au sous-sol était ouverte, mais tout était calme...Tout dormait et surtout tous dormaient, bien installés : Mickey toujours dans son fauteuil, Poney sur le canapé avec la petite chienne Minnie et le bon gros Dick étalé de tout son long par terre dans la salle à manger... Ils s'étaient tenus très sages, invités vraisemblablement par l'habitué des lieux qui leur avait ouvert la porte ! Et ils n'avaient même pas honte ni peur ! Et nous avons ri....c'était tellement drôle de les voir là tous les quatre ! Est-ce que Mickey était épris de justice ? sans doute...il trouvait anormal d'avoir certains droits et les autres pas...Il s'en passe des choses dans la tête des animaux ... S'ils pouvaient parler...les humains ne seraient peut-être pas toujours fiers !!!

                             C'était un souvenir comme un autre, dû à mon manque d'inspiration aujourd'hui; trop de problèmes avec mon ordinateur ! ça arrive..... 
                                                                                     

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Marée noire...souvenirs d'un désastre..

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                     C'était en 1978....

                     Est-il possible d'oublier une vision pareille ? Certainement pas et il a suffi d'un mot entendu hier au cours d'une émission télévisée, pour que je me souvienne de ce mois de mars 1978. Nous avions encore la maison de mes beaux-parents dans ce petit bourg de Bretagne, dans la baie de MORLAIX... PLOUGASNOU où mes beaux-parents, natifs de la région, étaient venus finir leurs jours. Comme toute cette région, c'est assez sauvage, la côte est découpée, mais c'est un endroit paisible où  les fleurs sont magnifiques et où les oiseaux sont rois...Mouettes, goélands et bien d'autres espèces évoluent sur les rivages et au-dessus de l'eau....et jusque dans les jardins. Ils font partie du paysage...

                       Et tout à coup, un matin, une odeur atroce se répand jusque dans les maisons. Forte odeur de mazout qui fait croire à certains habitants que leur chaudière doit avoir de graves problèmes ! Malheureusement, personne ne pouvait encore deviner jusqu'à ce que radio et télévision annoncent la nouvelle : le naufrage d'un pétrolier au large du Finistère ! L'AMOCO CADIZ et l'arrivée massive du mazout polluant côtes, faune, fleurs... Quel spectacle ! Nous en avions déjà eu un aperçu quelques années auparavant, lors du naufrage du Torrey Canyon fin des années 1960... Peut-on s'imaginer ces magnifiques plages, ces rochers couverts de cette matière épaisse , gluante et noire ? C'est une vraie désolation... Et les oiseaux qui meurent englués dans cette mélasse, pris au piège...Les coeurs sont serrés à ce spectacle...Les sauveteurs s'affairent pour sauver les oiseaux si possible, les débarrasser de cette gangue, leur permettre de respirer...Toutes les bonnes volontés sont acceptées et il y en a eu, pour les oiseaux, pour nettoyer les plages, les rochers...La solidarité n'a pas été un vain mot. Quelquefois, avec des moyens dérisoires (petits râteaux, petites pelles, petits seaux), chacun s'équipait pour "faire quelque chose".

                        Lors du naufrage du Torrey Canyon, mon beau-père nous avait emmenés sur les lieux pollués où nous avons vu des militaires, équipés de combinaisons imperméables et qu'on lavait au jet d'eau avant qu'ils n'aillent prendre un peu de repos...

                        Et cette magnifique côte de granit rose, devenue noire et qui l'est restée pendant des années, malgré tous les traitements utilisés...

                        Oui, hier, j'ai ressenti cette odeur, j'ai revu ce spectacle désolant. Mes souvenirs étaient encore bien vivaces...Et tout ça pour quoi ? Il y a eu des responsabilités c'est certain...Que ne "fait-on pas" pour gagner un peu plus...Les intérêts toujours...

                     

                  


                  

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A quoi rêvent les z'âgés ?.......

par Geneviève Cotty

publié dans le temps présent


                   Le rôle d'un blog...

                   Les personnes âgées, les "z'âgés" comme m'avait dit si joliment ma petite Anaëlle, aînée de mes arrières-petits-enfants, ont toutes des rêves, c'est certain ! On ne peut vivre sans rêver et s'évader du quotidien ... c'est ça qui maintient en forme ! Bon, d'accord, je fais peut-être là mon autoportrait ! Dans leurs rêves, celui-ci n'est pas le moindre : continuer à être utile à quelqu'un ou quelque chose, d'une façon ou d'une autre...Être vieux ne veut pas dire être inactif, ne penser qu'à soi en regrettant le passé et en ignorant qu'il y a encore un avenir...Que voulez-vous, je suis incurable !

                   Ce préambule pour expliquer qu'il faudrait répandre l'idée qu'il faut s'attaquer aux progrès, aux méthodes nouvelles. L'être humain n'est pas fait que pour jouer aux cartes ou tricoter à partir d'un certain âge, en attendant le passage à l'autre monde ! Faire comme si...comme si la vie devait durer encore un "certain temps", comme si réaliser ses rêves (les présents et ceux qui n'ont pu voir le jour avant) n'était pas compliqué et à la portée de tous ! C'est un beau programme ! Et puisque maintenant l'ordinateur fait très souvent partie de la vie des familles, ne pas avoir honte d'apprendre à s'en servir...Il n'est jamais trop tard...Et qui dit ordinateur, dit Internet ! quel outil pour apprendre encore et toujours ! Et petit à petit, créer son blog...Et là, on peut continuer à être utile...Faire connaître par des récits sur le Net, la vie d'avant...Il y en a des choses à dire et qui intéressent ou intéresseront un jour, les générations qui nous suivent....

                     Je m'aperçois de plus en plus que ce que ma génération a vécu semble important pour des gens beaucoup plus jeunes et même des très jeunes ! Sans romancer notre vie, elle peut se lire comme un roman...Les enfants sont friands d'histoires et d'histoire...Il faut leur faire aimer la vie d'avant, ils pourront ainsi comparer...Notre vie était ce qu'elle était, avec les moyens d'alors...Mais on se doit d'en parler, c'est presque un devoir. Pas pour récriminer, non, surtout pas ça...Faire connaître le passé pour mieux faire apprécier le présent...ça doit être ça le rôle d'un blog de souvenirs. Et qui n'a pas de souvenirs, bons ou mauvais ?

                     Personnellement, j'ai l'air de "prêcher" pour ma paroisse ! Je suis heureuse qu'on m'ait dirigée sur un ordinateur d'abord...le reste a suivi ! et j'avais déjà alors plus de 80 ans ! Je ne dirai pas que je sois très experte en la matière, mais ce que j'ai appris me permet de vivre ma vieillesse plus agréablement. Avoir un but pour éviter de se replier sur soi. Je pense que c'est ça le rôle d'un blog ! Pas de panique...les très jeunes enfants y arrivent bien, pourquoi pas leurs grands-parents ? Allez hop ! il suffit de se lancer !

                    

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Quand l'heure du renouveau est arrivée.....

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                   Parmi les choses graves....

                   En cette année 1944 où se sont succédés des faits très importants pour notre avenir à tous, il y en a eu un, qui pourrait passer inaperçu et qui aurait pu échapper à ma mémoire...C'est qu'il n'était pas indispensable à la vie celui-là, pas indispensable pour la suite des évènements...en un mot, un qui a été insignifiant ! Et pourtant ! Je veux parler du retour du vrai café sur nos tables et dans nos tasses ! Après la Libération, nous avons commencé à le voir réapparaître, en toute petite quantité bien sûr, mais tel qu'il était, en grains bien grillés, fleurant bon, et tel qu'on désespérait de le revoir un jour ! Exit l'espèce de mixture qui était notre ordinaire depuis quatre années, mais qu'on nous rationnait quand même ! Pas de générosité intempestive ! Non, il était bien là et avec du sucre s'il vous plaît....Ce n'était qu'un avant-goût, pour nous rappeler que tout ça existait, mais que nous n'avions pas encore été assez méritants et qu'il nous fallait attendre encore un peu pour "en avoir trop" !

                    Quoiqu'il en soit, nous avions "touché" une ration de ce merveilleux breuvage et ma mère et moi avions décidé d'en profiter et de nous faire un excellent café ! "bon comme avant"...Et d'y ajouter du sucre, ce qui n'était plus le cas depuis 1940, la saccharine ayant fait son apparition...Pas de commentaires, juste de mauvais souvenirs ! Il fallait bien que nous tenions la promesse que nous nous étions faite en nous jurant que notre première action de femmes libres serait celle-là : la confection d'un vrai café ! Une promesse c'est sacré !

                    Donc en ce dimanche d'été 1944, nous l'avons dégusté notre café ! et nous y avons ajouté du sucre....à tel point qu'on aurait dit du sirop et que c'était imbuvable ! Nous avions perdu le goût du sucre ! Trop sucré avec un simple petit morceau ! On recommence l'opération sans sucre cette fois...Un vrai régal...Plusieurs tasses ont ainsi été absorbées avec plaisir...Ah oui, nous étions heureuses et nous y avons pensé beaucoup à ce café, nuit et jour....ni ma mère ni moi n'avons pu dormir pendant trois jours ! et je ne vous parle pas des battements de coeur ! Je crois bien que nous n'aurions pas dû être si gourmandes et "y aller" plus doucement !

                     C'est ce que nous avons été obligées de faire pour tout, l'ère des restrictions n'étant pas terminée et ayant duré encore plusieurs années ! ça on ne le savait pas encore !
L'habitude étant une seconde nature (même une mauvaise habitude), je n'ai jamais pu reboire un café sucré depuis la guerre...Je n'aime plus ! D'ici à ce que je me remette à aimer les rutabagas ....


                  

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