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Eté 1944....que voulaient-ils prouver ?

par Geneviève Cotty

publié dans ne pas oublier de se souvenir


                         Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme....

                         Le débarquement des forces alliées avait déjà eu lieu en Normandie, on espérait et attendait la Libération qui s'approchait ! J'avais été détachée au poste de police de Villeneuve-le-Roi, en banlieue parisienne, pour effectuer divers travaux de secrétariat, le Secrétaire ayant été tué lors du bombardement. Un matin, nous voyons arriver un homme jeune, habillé comme un officier allemand, mais avec un insigne LVF... avec nos trois couleurs...Pas courant à l'époque ! C'était le premier que je voyais, un officier de la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme... J'en avais entendu parler de ces volontaires, tellement pro-allemands qu'ils n'hésitaient pas à s'engager sous un uniforme ennemi. Celui-ci, bien français, portant fièrement son uniforme, ne manquait pas d'aplomb. Il venait au commissariat pour je ne me souviens plus quel papier, mais ce dont je me souviens, c'est qu'il n'avait même pas honte !

 

                            Il venait du front Russe et devait y retourner et s'en vantait. Et comme c'était un fanatique, il en a profité pour faire sa propagande ! Sans aucune gêne, sans aucun amour-propre, il a essayé d'expliquer au gardien de la paix auquel il s'était adressé, que l'Allemagne allait gagner la guerre, que les alliés ne pourraient pas progresser, que la Russie serait vaincue....en un mot, il y croyait ! Il faisait son cours devant tout le monde, il récitait sa leçon...Les hommes présents lui faisant remarquer que les alliés gagnaient du terrain, qu'Hitler était fichu, rien n'y faisait ! Que voulait-il prouver ? J'avais honte pour lui...C'était le fils d'un habitant de la commune, pro-allemand également et collaborateur. Un homme assez connu de par sa profession... Comment pouvait-il en être arrivé là ? Tellement aveuglé par sa passion de "la grande Allemagne", qu'il reniait son pays. J'étais écoeurée et je le revois encore...Je ne sais ce qu'il est devenu. Son père a été arrêté et condamné après la Libération et ce n'était que justice. Mais, ce soldat, j'espère qu'il a été tué ou mieux, pris par les alliés et fusillé...Il ne méritait pas autre chose. La Libération a eu lieu à peine un mois plus tard...

                            Je ne peux accepter que des français aient pu s'engager à côté des nazis , sous l'uniforme allemand et faire leurs les doctrines d'Hitler et de ses amis. Et ils brandissaient nos trois couleurs pour lesquelles des hommes tombaient au nom de la liberté. Comment les DORIOT, DEAT et autres comparses ont-ils pu entraîner des hommes dans leur folie ? Fanatisme, quel danger pour tous.

                             En ces jours où on s'apprête à commémorer le sacrifice de tant d'hommes qui n'avaient qu'un but, notre Liberté, je ne sais pas pourquoi j'ai repensé tout à coup à ce français que je n'ai vu qu'une fois, malheureusement habillé en officier allemand et faisant haut et fort sa propagande....En ce mois de juillet 1944, que voulait-il prouver ?

                           

                        

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Arrivé sur notre sol un jour de juin....

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                         Depuis juin 1944...

                         Il devait avoir environ 20 ans et était arrivé sur le sol français un jour de juin 1944. C'était un jeune soldat américain parmi tant d'autres débarqués le 6 juin pour notre libération...Qu'avait-il de particulier ? rien à première vue. Nous habitions alors une maison au bord de la Seine à ABLON, là où ma mère et moi avions trouvé refuge après le bombardement de JUVISY. Ma tante était venue nous rendre visite avec son mari à la fin de l'été. Mon oncle travaillait comme interprète auprès de l'armée américaine. Il avait vécu en Amérique avant la guerre et s'était lié avec ce soldat, basé à ORLY, qui paraissait si jeune et tellement loin des siens...et l'avait invité à dîner chez nous. Ma mère en était heureuse, ce garçon lui rappelant un peu mon frère qui aurait eu à peu près le même âge. Je me souviens, nous avions passé une très bonne soirée, lui était heureux d'être un peu en famille et nous avec ce jeune homme à notre table. Nous lui racontions la France, il nous parlait de chez lui, de sa famille, de son père professeur de physique à BOSTON, là où il résidait...Il se débrouillait assez bien en français, moi très mal en anglais, alors nous parlions français !

                           Il venait de se sortir de cette bataille de Normandie où tant de soldats étaient restés. Il semblait que tout irait mieux, la Libération laissant à penser que s'en était fini ou presque de cette guerre. Oui, je le redis, notre soirée avait été excellente et notre reconnaissance était grande. Et nous nous sommes quittés sur la promesse de nous revoir les uns et les autres et de nous écrire, ce que nous avons fait de temps en temps jusqu'à la fin de l'automne. Nous étions optimistes, trop peut-être ! A la fin de l'automne ou au début de l'hiver, l'armée allemande, dans un sursaut, a repris du terrain...Et ça a été la terrible bataille des Ardennes... Nous avons encore reçu une très jolie carte de voeux de Noël, début décembre 1944. Le jeune Donald ROMANO, tel était son nom, regrettait la douceur de l'été, étant dans cet enfer....Je lui ai répondu, je sais que mon oncle l'a fait également et a essayé d'avoir de ses nouvelles, mais plus rien....Qu'était-il devenu ? Nous ne l'avons jamais su et j'y repense souvent, mais.....Il y eut encore beaucoup de soldats tués....Je n'ai jamais osé écrire à BOSTON à sa famille...Nous en parlions souvent...Ma mère se rappelait l'époque pendant laquelle nous avions tant attendu des nouvelles de mon frère...Je regrette de ne pas avoir eu ce courage et d'avoir succombé à la peur de savoir....Pendant des années, j'ai hésité...

                            Nous avons toujours pensé que ce jeune homme arrivé un jour de juin 1940 sur notre sol, y était resté comme tant d'autres ! Des cérémonies du souvenir vont avoir lieu ces jours-ci en Normandie, à la mémoire de tous ces jeunes venus mourir chez nous pour que nous puissions vivre libres. J'aurai une pensée pour vous Donald et pour tous vos camarades.

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Un vin rosé un peu spécial....

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis et maintenant


 

 

                        Tiens, ça me rappelle quelque chose !

 

                        Si j’ai bien compris, il est question ces jours-ci d’autoriser la « fabrication » d’un vin rosé un peu spécial, puisqu’il ne proviendrait pas de cépages particuliers, mais bien du mélange de deux vins : un blanc et un rouge !

                        En entendant cette nouvelle, je me suis souvenue d’une colère de mon père, alors que j’étais enfant. Nous habitions en banlieue et il travaillait à PARIS. Il déjeunait tous les jours dans un petit restaurant du quartier St Michel où il avait coutume de prendre « un de ces petits vins rosés » que les amateurs apprécient. Ce vin était très bon paraît-il….Un jour qu’il était un peu en avance (ou la serveuse en retard dans ses préparatifs), il commande comme d’habitude et son repas et sa petite carafe de vin rosé ! Las ! Il aperçoit la serveuse, derrière un paravent où étaient préparées toutes les carafes, qui consciencieusement, faisait un mélange : vin blanc + vin rouge = vin rosé, vendu comme un bon crû, honnête à défaut d’être réputé ! Et c’est ainsi qu’elle préparait ce qui allait être vendu sous une autre dénomination et à un prix plus élevé que la normale.!!! Mon père, n’en croyant pas ses yeux, a appelé la jeune femme et lui a dit : « pour le vin, apportez-le-moi comme ça, je ferai le mélange moi-même ! »

                        Lorsqu’il est revenu à la maison le soir, il n’avait toujours pas décoléré, avec la sensation très nette de s’être fait avoir pendant des mois, donc de s’être fait voler ! Pour lui et je pense qu’il avait raison, c’était de l’arnaque !

                        Et voilà que maintenant, cette arnaque va être organisée, taxée, permise et même recommandée ! « Est-ce bien raisonnable ? » Quel nom va-t-on lui donner officiellement puisque tout ceci sera officiel ? Je n’y connais rien en vin mais je me pose quand même un tas de questions ! Est-ce que les amateurs de bons vins y trouveront leur compte ? Est-ce que les producteurs de bons vins ne se sentiront pas un peu lésés et découragés ? Est-ce que ce n’est pas favoriser la fraude sous toutes ses formes ? Elle n’a déjà pas besoin qu’on l’aide, elle est bien présente dans bien des domaines…. Et le consommateur dans tout ça ? Il croit acheter et consommer des produits de qualité…Si on ne s’arrête qu’à la couleur, évidemment le rouge du vin rouge perdra de sa couleur au bénéfice du blanc du vin blanc ! Et peut-être qu’avec un peu de produit chimique ajouté dans des conditions aussi autorisées, la couleur obtenue sera satisfaisante et le produit apte à se conserver…..La chimie…toujours la chimie…et nos estomacs alors ? Que deviennent les bons produits d’antan ?

                        Allons-nous jouer encore longtemps aux apprentis sorciers ?

 

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Mois de juin, propice aux souvenirs...

par Geneviève Cotty

publié dans jadis et humour


                     Début de l'occupation en 1940...

                     Ce début d'été 1940 a vraiment une place à part dans mes souvenirs....J'en ai parlé, j'en parle, et j'en parlerai encore ! Et pour cause ! C'était un bouleversement total dans notre vie, même dans ce qui n'était "qu'accessoire" !, les petites choses du quotidien.... En plus de ce bruit de bottes et de ces voix gutturales qu'on entendait et auxquelles nous n'étions pas habitués, il nous fallait nous organiser dans les plus petits détails de la vie.... Par exemple, vivre avec les coupures d'électricité et les coupures de gaz...Les coupures de gaz, elles ne pouvaient être totales, il restait toujours un petit quelque chose dans les tuyaux ! donc, ce n'était pas brutal...coupures d'électricité, c'était immédiat..v'lan, tout à coup plus de courant, plus de lumière...En principe, les horaires avaient été fixés, il fallait donc se dépêcher, entre deux coupures, si on avait besoin d'utiliser le courant.

                      C'était le cas notamment dans les salons de coiffure ! Que vous alliez vous faire faire une mise en plis (pas de brushing à l'époque, ça n'existait pas), ou une permanente alors appelée "indéfrisable", il fallait le courant ! donc, les rendez-vous chez le coiffeur étaient fonction des coupures du dit courant ! Pour les mises en plis, ce n'étais pas grave, on ne pouvait tout simplement pas vous mettre sous le séchoir...alors, épingles sur la tête, turban installé par le coiffeur, vous aviez deux solutions : si votre domicile était près de chez le coiffeur, vous retourniez chez vous pour environ deux heures, le temps de sécher ! Ensuite, retour chez le coiffeur qui vous apprêtait et vous coiffait à la dernière mode ! Sinon, vous restiez dans le salon de coiffure en lisant des illustrés pendant deux heures ! Quel travail d'adaptation pour le coiffeur : jongler avec les horaires des clientes et avec ceux de l'électricité !

                       Et il ne faut pas que j'oublie qu'en cette période de restrictions, le savon nous était compté, au minimum de nos besoins...Le coiffeur ne pouvait donc plus se charger de laver les serviettes nécessaires à ses bons et loyaux services...Alors, il ne fallait pas oublier de venir avec ses serviettes personnelles. Mon coiffeur avait même mis une affiche dans son salon, affiche savoureuse pour les esprits mal tournés, mais qui expliquait bien notre grand dénuement :
                       "Etant donné la pénurie du manque de savon, les clientes sont priées d'apporter leurs serviettes"...

                            
Moqueuse comme tous les jeunes, cette "pénurie du manque" me titillait les yeux et les oreilles et avec des amies cela nous faisait rire ! Ce n'était pourtant pas drôle ! mais allez expliquer ça à des jeunes filles de 17 ou 18 ans ! Il n'y avait pas de savon, il n'y avait pas d'électricité, il n'y avait pas....je vous ferai un jour la liste de ce qu'il y avait, ça me prendra moins de temps !

                       Tranquillisez-vous âmes sensibles, les coiffeurs avaient quand même beaucoup de travail. La femme française était restée ou devenue coquette, c'était notre revanche !

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Un certain jour de Pentecôte.....1951 !

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                         Dans l'attente....

                         Il faisait très beau, mes parents étaient venus déjeuner à la maison et voir cette fille qui traînait tant à leur offrir le deuxième petit-enfant qu'elle leur avait annoncé ! Il ou elle aurait dû déjà être arrivé depuis plusieurs jours et tout le monde s'impatientait et s'inquiétait...Comme j'avais déjà eu un gros problèmes deux années avant et que ce petit bébé tant attendu n'avait pas survécu, le gynécologue de l'hôpital de JUVISY avait décidé que le mardi suivant je devais entrer dans son service pour y subir une césarienne...Deux jours d'attente et bébé serait là....La journée s'était très bien passée, mes parents étaient repartis et....envie de femme enceinte, je demande à mon mari de me conduire après dîner, à la fête foraine qui avait lieu tous les ans ! Je ne suis pas une inconditionnelle des fêtes foraines et mon mari, étonné mais ne voulant pas me contrarier (il fallait bien mettre toutes les chances de mon côté !), m'accompagne jusque là, avec mon fils aîné âgé d'à peine 4 ans, ravi lui des idées saugrenues de sa mère ! il avait l'habitude d'être au lit à 8 heures du soir ... Tout se passe bien, je n'ose dire que la fête ne m'intéresse pas trop et que je suis fatiguée, mais mon mari, plus raisonnable que moi ou fatigué aussi peut-être (?) met fin à notre escapade nocturne !

                            Coucher du petit, et nous le suivons de peu...Aîe, ce n'était pas le moment de dormir, bébé s'annonçait à grand fracas et...pas de détails ! mais ça ne pouvait attendre ! Je secoue mon mari déjà endormi et lui dit "vite, vite, conduis-moi à l'hopital"...Incrédule d'abord, il me demande si je suis sûre !!! quelle question ! plus que certaine et en urgence même ! Alors, il a cette phrase sublime que je n'ai jamais oubliée :"Tu ne pouvais pas te retenir?" !!!Eh bien non, je ne pouvais pas justement ! j'aurais bien voulu l'y voir ! si seulement les hommes avaient un enfant une seule fois dans leur vie ! Et ma fille (puisqu'il s'est avéré que c'était une fille) avait décidé que c'était son heure !

                             Me voilà enfin arrivée à l'hôpital, vite installée dans une chambre...On appelle la sage-femme au cas où...mais bébé changeant d'avis, voulait rester là où il se trouvait bien ! on appelle le gynécologue-chirurgien qui prend la décision de la césarienne à effectuer d'urgence ! Il n'a pas osé me dire que c'était seulement prévu pour le mardi, mais il devait regretter son lit puisqu'avec tout ça, il était minuit ! Fille ou garçon ? le chirurgien me demande quel prénom je voulais donner...Mal en point, je lui réponds que mon mari savait...mais non, il fallait que ce soit moi...Comme je devais être opérée et qu'on ne sait jamais...je dictais mes dernières volontés ! C'est ça qui vous donne du courage pour entrer en salle d'opération !

                              Et voilà comment, après avoir chahuté les soirées et même un peu le sommeil des uns et des autres, je me suis retrouvée maman d'une petite fille ! Quelle soirée de Pentecôte mouvementée ! Tout s'est bien terminé, et mon mari a perdu...5 kgs les jours suivants ! il avait eu trop peur...Moi aussi j'avais eu peur, mais....

                        

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Une arme hors du commun !..........

par Geneviève Cotty

publié dans humour


                         Arme "pour rire" mais efficace !

                         La scène se passe un dimanche matin, pendant l'hiver 1940/1941, sur un marché de la Région Parisienne. L'occupation allemande sévissait depuis déjà cinq ou six mois et les restrictions de nourriture aussi ! J'étais allée aider des amis qui vendaient de la parfumerie sur ce marché. En face d'eux, se trouvait une charcuterie dont l'étal, moins bien achalandé qu'avant la guerre, vous mettait quand même l'eau à la bouche...Mais, pas touche ! si on pouvait regarder, on ne pouvait ni toucher, ni acheter sans ces fichus tickets d'alimentation qui nous étaient distribués avec parcimonie ! Le charcutier propriétaire de cet étal ne dédaignait ni l'armée d'occupation, ni le marché noir...c'est ce qui se disait et qui était exact...Mais il était très strict avec le client "ordinaire"...

                         Arrive un client attiré par la vue , l'odeur et probablement aussi la faim ! Un homme d'une trentaine d'années, pas plus agressif qu'un autre...Le charcutier lui dit qu'il ne pouvait rien lui vendre, etc...etc...La conversation s'envenime, l'un réclamant des tickets que l'autre ne pouvait lui fournir et les poings commencent à s'agiter d'un côté comme de l'autre ! Belle bagarre que nous regardions, mes amis et moi et dont l'issue nous semblait être à l'avantage du charcutier ! Et tout à coup, le client furieux attrape une énorme Mortadelle, ce gros saucisson qui doit bien faire 10 cms de diamètre, et v'lan ! il en assène un coup sur la tête du charcutier qui se retrouve à terre...Au tapis le charcutier, complètement groggy...Comptait-il des étoiles à défaut de tickets d'alimentation ? Nous n'en avons rien su, mais tous les spectateurs présents étaient partis d'un grand éclat de rire...En cette période où une simple petite rondelle de saucisson était la bienvenue, c'était une petite revanche ... Et personne n'a plaint le commerçant...

                          Tout peut donc être dangereux, même un saucisson...ce n'est pourtant pas l'arme à la mode actuellement !

                           J'ai voulu raconter cette petite scène vraie à laquelle j'ai assisté un sombre dimanche de guerre de l'année 1940. Et vous faire partager le bonheur que j'en avais alors ressenti. Qui a osé dire que les français de l'époque acceptaient tout ? Pas le charcutier sûrement...Au fait, après la guerre, il a eu l'honneur de connaître l'ambiance des procès et de la prison...les temps fastes étaient terminés pour lui...

                          

                        

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Quand il ne reste rien...que reste-t-il ?......

par Geneviève Cotty

publié dans Nostalgie...


                       Y a-t-il encore des traces ?

                       Question idiote qui me trotte dans la tête depuis un moment ! Parce que j'ai eu l'occasion de voir la photo de la maison qui a été construite à l'emplacement de celle où s'est passée ma jeunesse, je pense au "devenir" de tout ce qui avait été nôtre pendant des années et qu'un bombardement a détruit.... Dans l'immense trou qui remplaçait cette grande maison, nos objets personnels, grands ou petits, se sont trouvés réduits à rien ou presque ! Nous en avons toujours été conscients...Et voilà que cette photo ravive tous mes souvenirs et m'oblige à penser... Il a bien fallu faire des fondations pour cette nouvelle maison et quand on creuse, on trouve souvent des choses, cassées, en mauvais état, presque pulvérisées...mais il y a forcément des restes ! et qui n'intéressent personne...Alors que s'ils pouvaient parler ....

                       Je suis bien compliquée, cela fait si longtemps ! 65 ans ! Nous avions par exemple un jeu de croquet...que sont devenus les arceaux ? Tout ce que mes parents gardaient comme objets personnels en dehors des meubles qui ont été pulvérisés, tout cela est-il reparti au centre de la terre...Il doit bien rester des crayons, des anciens tubes de peinture provenant de cette belle boîte dont je m'étais encore servie deux jours avant cette date fatidique...Des papiers, des livres de classe...toutes choses dont je reconnaîtrais ne serait-ce qu'une parcelle, même si les bombes et le temps les ont réduites presque à néant...des traces de notre vie...

                       Je devrais avoir oublié tous ces objets insignifiants parfois et là, je me rends compte que je rétrograde ! Je pense trop ! Il y a eu la vie "d'avant", il y a eu la vie "d'après" et il y a la vie actuelle...Je vais renvoyer tous ces restes au fond de ma mémoire, pour m'en souvenir avec attendrissement, mais surtout pas avec regrets...L'époque en est révolue...

                       Mais tout de même, j'aurais bien voulu être là quand ils ont creusé ! Pas de trésor à découvrir, sauf de menus trésors, les plus importants pour moi.

                        Pour finir sur une note plus gaie, petite anecdote : après ce bombardement, nous avons retrouvé quelques bricoles qui ne pouvaient plus servir, mais qui m'ont attiré cette réflexion de ma mère : "Te rends-tu compte de ce que tu achetais comme bigoudis ? Il y en a partout !" Il y avait un peu d'exagération de sa part, mais il faut reconnaître qu'il y en avait beaucoup éparpillés sur le dessus "du trou" comme s'ils étaient partis comme un feu d'artifice ! C'est vrai que j'étais coquette et que j'aimais être bien coiffée...Je faisais mes mises en plis moi-même (celles de ma mère aussi), et comme j'ai toujours été "à la pointe du progrès", j'achetais les derniers sortis !...ça c'était sans tickets, alors, pourquoi se priver !

                       

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Mais qui sont les responsables ?....

par Geneviève Cotty

publié dans billet d'humeur...


                          Avoir des enfants...et après...

                          Mettre des enfants au monde, ce n'est pas seulement assurer sa descendance et ses vieux jours, prolonger sa jeunesse en jouant avec eux...C'est une responsabilité. Il faut les aimer, les nourrir, veiller sur eux et les éduquer !Voilà, le grand mot est lâché...Éducation, éducation, éducation, tout au long de leur jeune vie, jusqu'à ce qu'ils puissent se prendre en charge eux-mêmes. Instruction et éducation forment un tout, ce qui implique des sacrifices nombreux. En échange, que de joies ils peuvent vous donner...Les voir heureux, bien "dans leur peau", gais, aimants...Les parents ne sont pas perdants.

                          Or, voici que depuis un certain temps, rien ne va plus pour certains ! On assiste à des actes impensables qui se déroulent notamment à l'école où certains enfants se rendent armés jusqu'aux dents ! le couteau de cuisine a les faveurs de ces combattants semble-t-il. J'ai entendu hier à la télévision, un élève à qui on demandait à quoi ça pouvait leur servir, répondre sans hésiter "à nous défendre" ! Se défendre contre quoi ? Contre un enseignant qui a la volonté de transmettre ce que lui-même a appris ? Mais il est le plus souvent dévoué cet enseignant et mérite le respect et des remerciements, sûrement pas un coup de couteau ! Se défendre contre un autre élève ? qui a fait quoi ? lui a manqué de respect ? Mais quand on veut être respecté, on commence par respecter les autres.... C'est tout ça qu'on apprend par l'éducation .

                          Hier encore, j'ai entendu à la télévision (toujours elle), qu'on se demandait quels étaient les responsables de cette situation ? Poser la question, c'est y répondre sans réfléchir longtemps...Très souvent les parents qui ne remplissent pas leur rôle d'éducateurs, soit par indifférence, soit par manque de courage, soit par trop d'amour diront-ils ! Parce qu'ils ne veulent pas contrarier leurs enfants, pas leur refuser le truc à la dernière mode. Mais au contraire, ils veulent obéir à tous leurs désirs quand ce ne sont pas des ordres ! Ils pensent ainsi faire le bonheur de leurs enfants, mais c'est faux. Par contre, ils préparent à coup sûr le malheur de ces enfants qui étaient en droit d'attendre autre chose. Quelqu'un a dit, toujours hier, "que les parents étaient peut-être trop tolérants" ? Il y a beaucoup d'années, à la fin des années 1970, mon père m'avait dit un jour qu'on pouvait constater la démission des parents...A l'époque, je lui avais dit qu'il était trop pessimiste...Et pourtant, si c'était vrai ?

                           Nous allons bientôt voir des fouilles à l'entrée des écoles, collèges, lycées, et tout ce que cela implique...Pauvre Jules FERRY, je ne crois pas que c'était comme ça qu'il se représentait l'école de la République...Elle est là pour instruire et éduquer, dans le calme et la tranquillité. Pas dans la peur. 

                          

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Il n'y a que la foi qui sauve !.......

par Geneviève Cotty

publié dans humour


                         " En marge" de l'exode de 1940....

                         C'est bien connu, dans les situations graves, il y a presque toujours quelque chose qui vous amuse...Pourquoi ? réaction nerveuse peut-être... Pendant l'exode de 1940, alors que notre vie était tellement malmenée, que nous ne savions pas où nous allions, que notre angoisse était grande, il nous est arrivé de rire lorsque nous étions...mitraillés par les avions fonçant sur nous en piqué ! A priori, rien de bien drôle pourtant ! Mais les soldats qui conduisaient le camion dans lequel nous étions avaient très peur de ces avions, comme nous tous.

                          Comme ils avaient peur, ils descendaient de leur habitacle et quand nous ne pouvions aller nous mettre à l'abri dans un fossé, ils venaient cacher leur tête et leurs avants-bras , en passant la moitié de leur corps par l'ouverture pratiquée à l'arrière du camion puisque nous roulions bâches relevées pour avoir de l'air ! Tout le reste de leur corps restait à l'extérieur et les avions pouvaient être tentés de mitrailler cette partie de leur individu ! Ils se sentaient ainsi en sécurité puisqu'ils ne voyaient rien ! En résumé, ils "tendaient les autres joues" ! C'était idiot et cela nous faisait rire...Ils n'ont jamais essayé de monter avec nous dans le camion (il faut dire qu'il n'y avait pas trop de place, mais quand il y a danger, on se tasse !).

                           Ils n'ont jamais pu nous expliquer le pourquoi de cette réaction...Seule la peur les guidait...Ils étaient pourtant courageux et l'avait démontré en nous prenant en charge ! Cette bâche au-dessus de la moitié de leur corps, leur semblait aussi salutaire qu'un abri bien bétonné ! A bien réfléchir, je pense que c'était la peur également qui nous faisait rire ... et on en avait bien besoin !

                           Se croire en sécurité, c'est l'être déjà...Il n'y a vraiment que la foi qui sauve !

                           

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Sur les routes de France...mai/juin 1940...(suite)

par Geneviève Cotty

publié dans ne pas oublier de se souvenir

 

 

 

                          "Que diable étions-nous allés faire dans cette galère " !.....

                   Nous voici donc partis de très bonne heure le matin, chacun se demandant ce qu’il trouverait au retour, si toutefois il y avait un retour. Nous étions installés dans le camion, assis sur les caisses de munitions et subissant les mitraillages des avions allemands et italiens, descendant en piqué sur les files de réfugiés…Etait-ce vraiment nécessaire ? Je ne le pense pas… Au bord des routes, les gens hurlaient, il y avait des blessés, des morts…Le film « Jeux Interdits » est criant de vérité à ce sujet. Des gens erraient à la recherche d’un des leurs perdu dans la foule des réfugiés et dans cet enchevêtrement de piétons, de cyclistes poussant des vélos surchargés, de voitures qu’il fallait pousser et qui transportaient meubles, matelas et tous objets que les gens voulaient sauver … Beaucoup de voitures étaient abandonnées dans les fossés ou au bord des routes, soit par manque d’essence, soit par suite de pannes…On croisait des soldats qui avaient perdu régiments et officiers et qui ne savaient où aller….Inimaginable … Le camion essayant de se frayer un chemin, roulait peut-être à 15 kms/heure, et encore …Il fallait s’arrêter pour se mettre à l’abri dans les fossés, lorsque nous étions mitraillés.


                     Le but de nos « chauffeurs » était de passer la Loire à GIEN où se trouvait un des rares ponts restés encore debout, l’armée française faisant sauter les ponts sur la Loire pour que les allemands ne franchissent pas le fleuve. Malheureusement, quand nous sommes arrivés à GIEN, au milieu de la nuit, la ville brûlait après un bombardement. Je garderai ce spectacle en mémoire aussi longtemps que je vivrai. Le pont était impraticable et nous sommesrepartis vers SULLY-sur-LOIRE où nous avons pu enfin traverser…Comment ? Je n’en sais plus rien, tout ceci était effrayant et tellement confus.


                     Je ne sais combien de temps s’était écoulé depuis notre départ. Plusieurs jours, mais combien ? Nous avions tous perdu la notion du temps. Nous mangions peu et dormions encore moins…Nous n’en pouvions plus, et toujours ces avions qui nous mitraillaient pour prouver quoi ? La France était exangue…c’était l’enfer…Faire sa toilette ? Ce n’était plus qu’un souvenir…


                     A VIERZON il nous a fallu « abandonner le navire ». Notre camion n’allait pas plus loin. Plus d’essence, plus de ravitaillement. Les allemands étaient là ! Quel jour étions- nous ? Combien de jours s’étaient écoulés ? Les habitants de Vierzon ont été très accueillants  et nous avons pu être recueillis par des gens charmants…qui nous donnaient des légumes de  leur jardin et avaient mis plusieurs pièces à notre disposition. Nous avons repris un semblant de vie, toujours inquiets pour ceux dont nous étions sans nouvelles…Notre logeur est venu un journ nous dire que le Maréchal PETAIN avait demandé l’armistice…Cet homme, ancien combattant de la grande Guerre, pleurait et nous étions tous consternés…Il y avait plus d’un million de prisonniers, des morts civils et militaires…Quel allait être notre avenir ?

                       Dans l'immédiat, il nous fallait rentrer chez nous et surtout avoir des nouvelles des nôtres dispersés sur les routes. Après bien des formalités pour avoir les papiers nécessaires à l'obtention de toutes les autorisations nécessaires auprès des autorités françaises et allemandes puisque nous étions occupés, nous avons pu trouver une voiture avec un chauffeur qui a accepté de nous ramener, ma tante, mes cousins et moi à VENEUX où nous avons retrouvé la maison intacte ! Petit à petit, nous avons eu des nouvelles de nos absents, sauf de mon frère qui avait été tué le 9 juin...mais ça nous ne l'avons appris que deux ans plus tard.


                       Ainsi finissait cette "guerre-éclair", ainsi finissait pour un temps notre liberté... 

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