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Souvenirs posthumes d'un jeune mari......

par Geneviève Cotty

publié dans Nostalgie...


                        Ce que tu aurais pu raconter.....

                        Je parle toujours de moi, je raconte mes souvenirs de jeunesse, mes souvenirs de guerre (qui ne font qu'un avec les précédents), mes souvenirs de jeune femme... Oui, mais enfin, tu aurais peut-être des souvenirs à raconter aussi, toi qui fus mon mari pendant plus d'un demi-siècle... Juste quelques souvenirs des premiers temps, des choses qui t'avaient marqué et m'avaient marquée aussi ! Alors, comme je connais bien ce qui "avait eu du mal à passer", je vais les raconter pour toi ! Rien de secret, rassures-toi !

 

                         Nous nous étions mariés un jour de 1946 et tu ne t'étais pas renseigné pour savoir si je saurais bien m'occuper de toi, parce qu'à l'époque, une femme devait bien s'occuper de son mari. Tu avais confiance et tu avais bien raison...Sauf que nous étions encore en période de restrictions et que je n'avais jamais appris à faire la cuisine...Là était la surprise ! Je voulais faire pour le mieux, mais le mieux étant l'ennemi du bien, ma cuisine était quelquefois un peu bizarre...Tu reconnaissais que j'étais pleine de bonne volonté et tu ne me faisais pas de reproches... Il y eut le baba au rhum qui a "bu" pendant trois jours, mais que nous n'avons jamais pu manger tant il était étouffant ! Il y eut le lièvre de 8 livres que j'avais confondu avec un lapin de garenne et qui était quand même un peu gros pour deux...Remarque bien, que pendant vingt ans, je n'ai pas renouvelé cette expérience...Nous étions grandement servis ! Il y eut ce kilo de lentilles que j'avais fait cuire pour deux...c'était un peu trop j'en conviens et lorsque tu m'as dit si tristement "tu sais, moi je ne peux pas continuer à manger autant", j'étais vexée, je croyais bien faire. Je me souvenais des plats que préparait ma mère avant la guerre (mon frère était un ogre !)...Il y eut le pot-au-feu que je mettais à cuire lorsque j'avais terminé tout le ménage, vers midi...Pas d'autocuiseur à l'époque et mon repas n'était pas cuit..Tu m'as expliqué bien gentiment que si j'avais pu le mettre sur le feu avant de faire le ménage, il aurait cuit pendant ce temps ! je n'y avais pas pensé...

 

                           Il y eut la vaisselle cassée les premiers jours, alors qu'on avait un mal fou à trouver à acheter ne serait-ce qu'une assiette...Il y eut, il y eut...ces toutes petites choses énervantes, j'en conviens bien maintenant !

 

                           Mais il y eut surtout les crêpes ! Tu étais breton et ta mère faisait très bien les crêpes, fines les siennes ! Oui, mais, ce n'était pas une raison pour rester derrière mon dos quand j'en faisais en poussant des soupirs à faire pleurer l'univers, et surtout pour murmurer "Ma mère ne s'y prend pas comme ça"...Pour une jeune mariée, ça a du mal à passer (autant que les crêpes que je faisais). En plus, la première formait une masse informe dans la poële, la deuxième n'était guère mieux...Désespérant ! et entendre dire derrière soi "quand on ne sait pas faire les crêpes, on n'en fait pas !" Trop, c'est trop ! Et tu t'es étonné que j'ouvre la poubelle et que d'un geste rageur je balance dedans les crêpes déjà faites ! ça, je sais que tu t'en souviens (et tu dois même le raconter là où tu es)! En pleines restrictions, oser faire ça ! Et comme tu tenais tout de même à ma cuisine (ou que tu avais très faim), tu les as récupérées...dans la poubelle ! Moi, je n'aurais pas pu...Et pendant des années je t'ai entendu dire "surtout, ne dites jamais à ma femme que ce qu'elle fait n'est pas bon, sinon ça va directement à la poubelle !". Marqué à vie tu étais !

                           Et je me suis améliorée ou tu es devenu plus résistant, les deux peut-être; et cela a duré...58 ans ! Les bretons sont comme leur granit, ils sont "costauds" !Mais, souvenir personnel, qu'est-ce qu'ils sont moqueurs !

 

                           


                        

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Des hommes courageux....

par Geneviève Cotty

publié dans ne pas oublier de se souvenir


                          "Désobéir"

                          Je n'ai pu résister à l'envie que j'avais hier soir de regarder à la télévision un téléfilm retraçant le courage, en juin 1940, du Consul du Portugal à BORDEAUX, Aristides de Sousa Mendes. Aidé simplement d'une poignée de personnes de sa famille et de son fidèle chef de Cabinet, un nommé LAPORTE je crois, il a permis à 30.000 personnes de quitter la France et d'embarquer pour l'Amérique, alors qu'elles étaient pourchassées par les services d'Hitler...En leur délivrant des passeports et laissez-passer. C'était absolument interdit, les ordres étaient formels et au risque de leur vie et de leur avenir, ils sont passés outre ! Ils ne pouvaient tout simplement pas accepter ces ordres venus du Portugal du régime du Président SALAZAR pro-hitlérien, du régime de VICHY qui se mettait en place....Même son chef de Cabinet, respectueux des ordres pourtant et un brin frileux, s'est révélé un être courageux, capable de désobéir pour être en paix avec sa conscience.... Je n'ai pas regretté ma soirée. Ce n'était pas gai, mais tellement émouvant et l'ambiance de l'époque, la peur de tous ces réfugiés venant des pays et régions déjà envahis par Hitler et son armée était bien reproduite...Ce n'était peut-être qu'une "fiction" mais une fiction où le vrai était bien présent ! Et mes souvenirs sont venus me visiter...

                            En 1943, quand le STO a été institué et qu'il ne faisait pas bon avoir 20 ans pour un homme, je me souviens de toutes ces cartes d'identité qui ont été délivrées à ceux qu'on appelait "réfractaires", et ce dans le commissariat dans lequel je venais d'arriver pour travailler...Combien en signait-on par jour jusqu'à la Libération, je n'ai jamais bien su...Mais seuls les noms et les dates de naissance n'étaient pas exacts. Pour le reste, cachets, tampons et signatures, tout était parfait ! Le commissaire, alsacien qui avait dû quitter l'Alsace en 1940 pour ne pas être allemand, signait sans complexes et même avec bonheur...Et nous étions un groupe à désobéir avec lui, sans nous poser de questions et sans même réfléchir à ce qui aurait pu nous arriver... On ne pense pas à soi-même dans ce cas...Dans le film d'hier, on voyait le fils du Consul signer les documents en imitant la signature de son père...et je me revoyais signant du nom du commissaire pour le décharger....Il m'avait appris et me disait que je signais mieux que lui ! Il en passait des cartes d'identité dans nos mains... La résistance, c'était ça aussi, sans faire d'éclats, tout doucement dans son coin et avec ses propres armes, DESOBEIR. On se sentait bien alors !

                             Combien y a-t-il eu de ces gens désintéressés, qui sont retombés dans l'anonymat après ? Pour ce Consul, révoqué, privé de ses droits je crois, privé de traitement pendant des années, Il a souffert de même que sa famille. Pour que d'autres vivent...en liberté.

                             Et pour qu'on ne revoie jamais ça....

                             

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A l'assaut du Panthéon......

par Geneviève Cotty

publié dans jadis et humour


                         Jeunesse, dernière ligne droite...

                       

                         Une photo du Panthéon vue ce matin, me rappelle ce souvenir de jeunesse...Un déclic qui me renvoie à l'époque de mes "presque 17 ans"....

                         "Si l'aurais su, j'aurais pas venue"...Si j'avais déjà connu cette réplique, j'aurais pu l'utiliser ce jour de printemps 1939, un jour réservé théoriquement aux études, mais le beau temps aidant...je m'étais laissée entraîner par des camarades de cours, sans beaucoup de mal et avec eux, nous avions séché un cours...je ne me souviens plus lequel, mais certainement un cours de droit constitutionnel, c'était le moins couru ! Pour faire quoi ? oh, rien de mal, nous voulions visiter le Panthéon...C'était notre voisin et nous lui devions bien une visite de politesse !

                         Nous voici donc à cinq ou six, en rupture de ban ! Visite approfondie du monument, "de la cave au grenier"...Il y en a des marches à monter mais courageusement nous grimpons, jusqu'en haut, par un escalier intérieur...Bon, je n'ose rien dire, mais j'ai un peu de mal à suivre n'étant pas très sportive...Mais on a sa petite fierté...Ouf, nous arrivons à destination enfin, mais quand on a beaucoup grimpé, pour revenir à son point de départ...il faut redescendre...Je n'avais pas trop réfléchi...Enfin bon, quand faut y aller, faut y aller.

                          Mais voilà, avant de redescendre, mes copains décident d'admirer les alentours et...de me les faire admirer ! Nous étions tout en haut et pour admirer, il faut regarder dehors ! Et ça, c'est un exercice que je ne referai jamais...Regarder la Place du Panthéon, la rue Soufflot et tout ce qui était en bas, alors que les voitures ressemblaient à des fourmis, il ne faut pas avoir le vertige ! oh! là là...Je croyais mourir. Et pour redescendre, il fallait le faire par l'extérieur...Comment faire quand vous avez l'impression d'être suspendue dans l'air et d'être attirée par tout ce vide autour de vous ? J'ai trouvé la seule solution qui m'est venue à l'esprit : je me suis assise sur les marches servant à la descente uniquement, le long de la coupole, et je suis descendue, marche par marche...sur les fesses ! Je n'avais aucun complexe, ma peur était trop grande....Bien fait pour moi, fallait pas y aller ! Puis nous avons pu réintégrer l'intérieur et finir notre descente par l'escalier normal.... Bien entendu, je n'ai pas raconté mes exploits à la maison, mon père n'aurait pas admis et le séchage de cours et cette ascension. Il fallait tout avouer ou ne rien dire du tout , ce que j'ai fait....Quel souvenir et quelle honte j'ai ressentie après ! Souvenirs de jeunesse...peu de temps après cette jeunesse était terminée...J'ai dû commencer à réfléchir...

                            Quand je repense à cette année 1939, je ne regrette même pas mon insouciance de l'époque !

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Cahin, caha...transports de guerre !

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                         Ces années là....

                         Voyager était devenu un vrai parcours du combattant...alors que nous n'étions plus combattants, tout au moins pas officiellement ! Nous étions "occupés" et nos occupants avaient édicté des règlements que nous étions bien obligés de subir....Très peu de trains pour circuler en zone occupée, les voies de chemin de fer étant réservées à l'armée allemande en priorité... Alors, les quelques trains qui nous restaient étaient pris d'assaut, bondés, retardés, d'une lenteur à vous enlever toute envie de voyager ! Mon frère avait été inhumé dans l'Oise, là où il avait été tué. Nous habitions près de PARIS...ce qui nous faisait faire un voyage de 90 kilomètres...Une véritable expédition ! Nous partions le matin très tôt de Juvisy pour rejoindre la gare du Nord après un changement à la gare d'Austerlitz...Jusque là, ça allait à peu près...Ensuite, à la gare du Nord, il fallait arriver à monter dans le train ! S'y installer ? il ne fallait pas rêver ! Les sardines sont plus heureuses dans leurs boîtes, elles ont "plus d'espace vital"...Tiens, c'est ce que voulait Hitler pour l'Allemagne, de l'espace vital ! Nous, il ne nous en donnait que le minimum ...Arrivés tant bien que mal à St Just-en-Chaussée, là où nous devions prendre un autre train qui nous conduirait à MAIGNELAY-MONTIGNY...deux cas se présentaient : ou nous pouvions attraper la correspondance, ou bien, notre train ayant pris tellement de retard, nous avions....la solution de la marche ! 10 kilomètres...Pas d'autre train avant le soir ! Tout ça pour faire en tout 90 kilomètres ! Pas question de faire le retour dans la journée....Quelle expédition ! le voyage du siècle ! Si le départ pouvait être prévu, l'arrivée ne l'était jamais...surprise, surprise !

                           Pour les habitants de banlieue, l'heure du dernier train du soir devenait un vrai casse-tête ! Je sortais parfois avec une amie et nous allions au théâtre...Je n'ai jamais pu voir le dernier acte des pièces ! Couvre-feu obligeant, le théâtre commençait plus tôt le soir et à la fin de spectacle, il fallait attraper le dernier métro, qui vous conduisait (en ce qui me concerne) à une des gares desservant JUVISY...Oui, mais...le dernier train était déjà parti ! Donc, il fallait écourter la pièce de théâtre et courir, courir...pour ne pas avoir à admirer les lanternes rouges du train...J'aurais pu coucher chez mon amie...oui mais...découcher, "ça ne se faisait pas" ! Interdiction paternelle ! Pas facile de concilier l'éducation ancienne et les règles d'occupation ! Personne n'y mettait du sien, ni mon père, ni les allemands ! Quand mon père était absent, c'était beaucoup plus facile avec ma mère ! Elle, elle avait décidé une fois pour toutes qu'elle ignorait l'occupant et ses règlements, mais puisqu'il y avait des inconvénients, il fallait y faire face ! 

                           Ah! ces transports, quel souvenir ! Lorsque je sortais à Paris avec ma mère, dans la famille ou chez des amis, nous emportions ce qu'il nous fallait pour passer une nuit...Ce qui m'avait fait dire que, dès que la guerre serait terminée, c'en serait terminé, je ne partirais plus jamais en trimballant une valise ! Les mains libres, l'esprit libre....

                           

                            

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Rutabagas, topinambours, crosnes...et autres délices !

par Geneviève Cotty

publié dans jadis et humour


                           Les "festivités" commencent !

                         Si juin 1940 a vu la fin d'une époque, ce même mois nous annonçait un début qui...dura quatre longues années ! Début des restrictions et de la débrouillardise ! Le français est réputé débrouillard et là, il allait le démontrer au maximum...Il aime la bonne cuisine, le bien-manger et a également la réputation d'être "bon vivant" ! Eh bien, pour continuer à vivre ce n'était pas évident !

 

                         Curieusement, dès le début de l'occupation, les poules ont moins pondu, les vaches ont donné moins de lait, les boeufs, porcs, moutons ont eu, qui moins de biftecks, qui moins de côtelettes, jambon, gigot etc..; les maraîchers ne trouvaient plus de bons produits de la terre celle-ci se refusant à faire pousser tous les végétaux et autres dérivés...En un mot, il y avait un refus général de produire, tout au moins, on aurait pu le croire...A moins que l'occupant, ayant une dent contre nous, ait décidé de ne pas nous faire user les nôtres...en nous interdisant de mastiquer ce qui était bon, sucré, nourrissant, plein de vitamines, de protéines etc...qu'on croyait jusque là être nécessaire à une bonne croissance et au maintien de la santé ! Pas question de "cinq légumes et fruits" par jour...Nos rêves étaient illuminés par des visions de gigot aux haricots, jambon blanc ou fumé peu importe, biftecks saignants et tendres accompagnés de frites ou d'une bonne purée au lait ...Les réveils étaient beaucoup plus tristes ! Mais, dans sa grande mansuétude, ce même occupant libérait sur les marchés, à notre intention, des trucs qu'on n'avait pas eu l'habitude de voir ! Des rutabagas, des crosnes, des topinambours, du pâté de poisson (absolument dégoûtant tant par la couleur que le goût), des fromages sans lait (vite, vite passez-moi un verre d'eau...c'est un peu trop sec), des ersatzs de toutes sortes...On ne savait même plus ce qu'on mangeait ! Mais quand même, quand on avait été bien sages, on avait droit à 90 grammes de viande...par semaine et par personne ! Et ces fameux rutabagas ! ça, je connaissais, ma grand-mère lorraine en coupait des morceaux pour ses lapins et les recouvrait de son...Nous, nous n'avions pas le son (il était dans notre pain). Les rutabagas, censés remplacer les pommes de terre, ne remplissaient pas l'estomac, ils le creusaient ! dès que vous sortiez de table, vous aviez faim, et ça, c'était pas nécessaire ! Nous n'avions pas "des petits creux", mais des "grands creux"....Surtout les habitants des villes, les possesseurs de jardins arrivant à faire pousser quelques pommes de terre et autres légumes..Les pommes de terre, agrémentées de doryphores (ça c'était sans doute pour le folklore...)

                           Les rutabagas au goût de navet (?), bon, je ne détestais pas. Mais les topinambours et surtout les crosnes...quel supplice pour moi...et ma pauvre mère qui se donnait tant de mal pour nous faire des repas corrects et mangeables, n'était pas toujours remerciée d'un sourire...Je me souviens d'un repas où flocons d'avoine, pâté de poisson (sans tickets), rutabagas et fromage blanc sans lait (oui, vous lisez bien), m'avaient fait faire "hihan, hihan" à la fin du repas ! je me croyais drôle, ce n'était pas gentil...Ah, ces jeunes, qu'ils soient de n'importe quelle époque, ils ne sont pas conciliants 

                           En ce qui me concerne, j'étais affreusement difficile avant-guerre...les restrictions m'ont habituée à l'être beaucoup moins ! Et maintenant, je parle de cette époque avec humour...pas du tout sur l'instant ! Mais comme chacun le sait "Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger"....C'est ce que nous faisions, de très mauvaise grâce !

                           

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Minuit....l'heure du crime !

par Geneviève Cotty

publié dans jadis et humour


                         Ou....la mort du cochon !

                         C'était pendant l'occupation (toujours elle !) en 1942 si je me souviens bien... Les restrictions de toutes sortes nous tombaient dessus et parfois (!) la faim se faisait ressentir...D'accord, nous avions les rutabagas, à volonté...mais pour nourrir un estomac qui crie famine...je n'insiste pas ! essayez vous-mêmes ! Donc, tous les moyens étaient bons pour "compenser", avec ou...sans tickets (plutôt sans !).

                         Nous avions des amis commerçants, qui vendaient savon, lessive, produits d'entretien pour la maison et produits de beauté...Ils faisaient les marchés, et dans la foulée un peu de troc ! "Je t'échange une savonnette contre un quart de beurre"...Ce n'était pas du marché noir, ils étaient contre..A l'occasion, si une bonne affaire se présentait, on pouvait toujours voir ! Et c'est ainsi qu'un jour ils ont pu avoir un cochon vivant ! Une aubaine ! Ils avaient décidé d'en faire profiter quelques amis, dont ma mère et moi...Mais pour ça, le cochon devait mourir, et c'était ça le plus compliqué !

                         Son sort fut donc décidé en petit comité, mais à l'unanimité l
il devait mourir d'un coup de pistolet par la main d'un gardien de la paix ami de mes amis(pas du tout permis, mais dans la vie il faut bien prendre des risques) L'heure était fixée à minuit, quand tout dormait aux alentours....Prudence, prudence....Nous étions tous présents et attendions le coup de feu, le coeur battant...V'lan ! notre tireur qui ne devait pas être d'élite, a raté le cochon....Qui a déjà entendu un cochon qui a peur ? Pire que toutes les sirènes de France réunies...le pauvre cochon a braillé de toutes ses forces, nous mettant tous en transe ! Dans le silence de la nuit, c'était un peu bruyant. Le tireur a recommencé son tir avec succès, le silence est revenu, notre tranquillité pas du tout ... Notre ami a cru bon de faire des largesses en distribuant le lendemain quelques côtelettes aux voisins proches de chez lui...On ne sait jamais....Quelle émotion ! quelle affreuse mort pour ce cochon  dont le seul tort était de représenter un supplément "sans tickets"...Mais c'était la guerre...



                          

                         

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"Dis, quand reviendras-tu ? "....

par Geneviève Cotty

publié dans Joies et peines


                         "Ce n'est qu'un au-revoir "...à un ami blogueur. (je ne nomme personne, il se reconnaîtra).

                         
                         C'est ce que j'espère et ce que beaucoup parmi nous espérons...Vous avez pris la décision d'arrêter votre blog, alors que tous nous nous y sentions bien et à l'aise...Vous avez très certainement vos raisons qu'il serait indiscret de vous demander. Alors, nous restons dans le doute.

 

                         "Ils sont venus, ils sont tous là", tous vos amis qui sont catastrophés et ne comprennent pas, bien qu'ils respectent votre décision ! Vous voyez, pour moi, avec cette manie que j'ai de mettre un titre de chanson sur bien des évènements, petits ou grands, j'appelle à notre secours Barbara, Charles Aznavour et toutes les chansons anciennes ou modernes...Et comme le chantait Sabine Paturel "je fais rien que des bêtises quand tu n'es plus là "! Qu'allons-nous devenir ?

                          Ce petit voyage tous les jours sur votre blog, faisait partie d'un rituel...Quand je le pouvais, je participais. Quand je ne le faisais pas, c'est que les discussions trop ardues pour moi, m'interdisaient de le faire ! on ne peut pas écrire trop de bêtises, mieux vaut se taire ! Mais je lisais tous les commentaires des uns et des autres et c'était instructif, drôle parfois. Cela ne laissait jamais indifférent...

                           Et vous voulez nous abandonner...Moi aussi, il m'arrive de me demander pourquoi je me suis mise à ce blog, qui mange un peu de ma vie, il faut bien l'admettre...Mais pour moi, mes occupations se réduisent avec l'augmentation de mes années ! Alors, c'est un remède et un si grand plaisir...Et ça m'a fait connaître tant de gens intéressants, passionnants, passionnés, cultivés...Et surtout amicaux, dont vous...

                           De tout coeur, je vous dis "Ce n'est qu'un au-revoir" et..."Dis quand reviendras-tu ?". Je ne le chante pas...je chante faux ! A bientôt !

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C'est jour de fête....

par Geneviève Cotty

publié dans le temps présent


                         Bonne fête à toutes les Mamans...

                         Pas de billets d'humeur aujourd'hui, pas de souvenirs un peu tristounets parfois...C'est la joie...c'est la Fête des Mères ! Qu'elles soient encore très jeunes, moins jeunes ou très âgées, ce jour leur est réservé pour les honorer, s'en souvenir si elles ne sont plus, leur dire ou leur faire comprendre d'une façon ou d'une autre qu'on les aime.

                         Fleurs, cadeaux, petites attentions, tout est bon pour arriver à ce résultat. Ne pas les oublier surtout...Un coup de fil, une petite visite pour cette maman peut-être malade et seule qui, elle, se souvient...Je sais malheureusement que certaines attendront pour rien. Ce n'est pas mon cas ! Fêtée, gâtée, fleurie, visitée, emmenée dans un restaurant qui m'a dépaysée et m'a rappelé un voyage fait avec mon mari il y a bien des années. Depuis hier, c'est ma fête !

                         Dans bien des maisons, des enfants ont fabriqué avec amour et dans le plus grand secret des petits objets à offrir à cette maman qui les aime tant...Les artistes en herbe seront bien heureux...Et la maman donc !

                         Bonne fête à toutes les mamans du monde !

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Une pensée pour eux....

par Geneviève Cotty

publié dans ne pas oublier de se souvenir


                         En ce jour du 6 juin...

                         Les anciens dont je fais partie, se souviennent de ce matin du 6 juin 1944 qui a vu les troupes alliées débarquer sur les plages de Normandie. J'en ai déjà parlé car ce souvenir est indélébile dans ma mémoire.

                         Aujourd'hui, des cérémonies anniversaires vont avoir lieu en Normandie, sur ces plages et surtout dans les cimetières où sont réunis tous ceux qui sont tombés sur notre sol en ce jour inimaginable ! Que toutes les personnes de ma génération qui ont la chance de voir leur vie prolongée, aient une pensée pour tous ces inconnus qui sont venus de loin pour nous redonner l'espoir et la Liberté. Et que les générations qui ont suivi et suivront, n'oublient jamais que la liberté dont ils jouissent, c'est à tous ces soldats qu'ils la doivent et aussi aux résistants qui les ont aidés selon leurs moyens.     

                         Que serions-nous devenus sans ce jour du 6 juin 1944 ? Que serait la France, que serait l'Europe ? Un fou sanguinaire qui malheureusement avait fait des adeptes (et en fait encore...) ne reculait devant rien....sauf devant cette force et cette coalition que nous appelions "les alliés". Merci à eux qui ont réussi au prix de tant de pertes. Une pensée aussi pour tous les civils restés sous les bombardements...C'était le prix à payer, il a été très fort.

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Deux étés bien différents.....

par Geneviève Cotty

publié dans Joies et peines


                         Eté 1940...été 1944...

                         Si l'été 1940 avait apporté la désolation dans notre pauvre pays vaincu, meurtri, occupé, l'été 1944 au contraire a été celui de l'espoir...Espoir de voir enfin l'occupant quitter le sol de notre France, espoir de voir enfin les prisonniers revenir, espoir de retrouver, peut-être ceux qui avaient été déportés et dont on était sans nouvelles, espoir de voir cette guerre se terminer plus ou moins rapidement...

                         L'été 1940, nous ne pourrons jamais l'oublier totalement. La débâcle des soldats, l'exode des civils sur les routes, la peur des avions, la peur de l'avenir...Vivre dans la peur, tel était notre lot quotidien. Même avec une bonne dose d'optimisme, nous étions bien obligés de craindre...De ce côté, nous n'avons pas été déçus ! Avions-nous seulement envisagé ce qui nous attendait ? Pas tout à fait ! L'occupant, vainqueur alors, avait "fait fort" ! Adieu notre liberté...Adieu notre vie douce quoiqu'on en dise (nous avons vu tellement pire par la suite). Pour les gens de mon âge, Adieu notre jeunesse, avant même qu'elle ait commencé...

                         Pendant quatre ans, nous avons survécu et non pas vécu! Les français humiliés, déchirés entre leur vie à sauvegarder et le refus d'obéissance à l'occupant, ont agi suivant leur conscience pour certains, suivant leurs intérêts pour d'autres...Ces derniers n'ayant pas de cas de conscience, seulement des "cas de portefeuilles". Et il y eut aussi ceux, moins nombreux, qui ont agi par idéologie, acceptant tout de l'occupant parce qu'ils approuvaient ! Et il y eut heureusement ceux qui ont agi dans l'ombre, au risque de leur vie et de celle de leur famille...Et c'est à ceux-là que l'on doit cette période d'espoir,

                         L'été 1944! Il faut avoir vécu cette période pour comprendre d'abord l'enthousiasme exprimé lors du débarquement des troupes alliées en Normandie ! Cet été 1944, nous ne pourrons jamais l'oublier non plus...Ce jour du 6 juin nous redonnait espoir ! Je me souviens de ce matin au cours duquel nous avons appris cette nouvelle incroyable ! Nous étions tous tellement joyeux et excités au travail ! tout le monde s'embrassait...et il faut bien avouer que nous n'avions pas envie de travailler plus que nécessaire ! Enfin, ce n'était pas la victoire bien sûr, mais un coin de ciel bleu se dégageait..et on y croyait ferme...Deux mois après, c'était une certitude, nous étions libérés ! Grâce aux soldats, aux résistants, à tous ceux qui n'avaient pas voulu que notre pays meure, eux donnant leur vie pour arriver à ce résultat. Nous pouvions enfin redresser la tête...La fin de la guerre était proche, quelques mois encore, très durs, mais avec tant de courage et d'espoir. Ne dit-on pas que "l'espoir fait vivre" ?

                         Oui, l'été 1940 et l'été 1944 furent des étés bien différents....

                         

                         

                        

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