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La multiplication par trois...ou plus !

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                                      Dis maman, tu m'achètes...?

                                      Un sketch d'Anne Roumanoff que je viens "d'apercevoir" à la télévision , me rappelle bien des souvenirs de ma vie de jeune mère ! Dans ce petit sketch elle voulait qu'un spectateur monté sur scène avec elle, démontre qui "commandait" lors de courses au super-marché avec un enfant .... Souvenirs, souvenirs.....

                                      Pas de super-marché quand mes enfants étaient  très jeunes, mais des commerçants plein la rue, et le marché ! Quelle mine d'or pour des envies de bonbons ou autres gâteries, de petits joujoux à trois sous mais qui semblent merveilleux ! Curieusement, mes envies n'étaient pas les mêmes et la rue de Charonne à PARIS me voyait plutôt m'arrêter chez le marchand de légumes, le boucher, le poissonnier. Pas de quoi rêver, mais de quoi compter, ça oui ! Qu'on le veuille ou non, trois enfants plus les parents, ça fait cinq bouches à nourrir ! Alors en dehors des bonbons apportés par les grands-parents...je n'ai pas besoin de faire de dessin ! Il y avait quand même le boulanger qui vendait outre le pain et ce qu'on appelle maintenant la viennoiserie, des petits sucres-d'orge auxquels étaient attachés bague, avion ou autre cadeau... Et ça, c'était tentant pour des petits pas encore férus de comptes sordides et de fin de mois difficiles.... Alors, la réponse de la pauvre maman à cette question traditionnelle "dis maman, tu m'achètes ..." ne variait pas. Elle, bien que nulle en maths depuis la nuit des temps, savait tout de même que 1 franc de l'époque, multiplié par 3, ça faisait 3 francs ! Pas besoin de sortir de Polytechnique et surtout pas question de faire des différences. Ou personne, ou tout le monde...alors c'était personne. J'ai bien entendu un jour cette petite voix douce de ma fille dire à son jeune frère "ne réclames pas, tu sais bien que maman n'achète rien, elle achète juste à manger "...!  Et pan ! ça c'était envoyé...La vérité sort toujours de la bouche des enfants dit-on . Et c'était vrai . Mais ce n'était pas de gaieté de coeur, j'aurais bien voulu quelquefois faire une entorse au règlement... Oui, mais...On dit qu'impossible n'est pas français ? Je puis certifier que là, ça l'était !

                                       Impossibilité mise à part, je crois que de toute façon, j'aurais refusé . Question d'éducation. Est-il si bon que des enfants fassent "le siège" de leurs parents dans les magasins pour obtenir ce qu'ils veulent. Qui doit céder ? Comme demandait Anne Roumanoff à ce monsieur, qui commande ? La réponse me semble simple : les parents. Les éducateurs, ce sont eux (en principe). Et ce n'est pas ne pas aimer fils ou fille  que de lui refuser des choses inutiles, qui peuvent même être nuisibles à sa santé. Ne pas refuser "pour refuser" et indiquer par là qui détient le pouvoir ...ça non ! Mais refuser parce qu'il le faut, qu'un mois a 30 ou 31 jours et que ça semble bien long parfois et que les estomacs vivent plusieurs fois par jour pendant ces 31 jours...ça y est, me voici lancée dans des calculs ! heureusement, je n'ai eu que trois enfants ! et six petits-enfants pourvus de maris ou femmes maintenant, et trois arrières-petits-enfants....

                                      Je ne suis toujours pas bonne en math, j'évite de faire les multiplications ! Surtout depuis l'arrivée des euros !

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Ce frère dont j'étais si proche...

par Geneviève COTTY

publié dans il était une fois...


                                      Depuis l'enfance...

                                      Oui avec ce frère dont je parle souvent , nous étions très proches et je peux dire qu'il m'a manquée après son grand départ....Nous n'avions que 15 mois de différence et je crois que nous étions liés comme des jumeaux. Et pourtant, nous n'avions pas le même caractère, mais tellement d'idées en commun ! Quand nous étions jeunes,( mais avons-nous jamais été adultes ensemble ?), il me protégeait. J'étais "sa petite soeur", ce qui l'autorisait à exercer sur moi ses talents de garçon taquin ! Et puisque j'acceptais tout, pourquoi s'en serait-il privé ? Je grognais, mais il était si drôle, si gai, si remuant, si vivant ! j'étais bien obligée de suivre ! Il aimait la vie....Et avec ça, jamais malade... Pas de soucis non plus pour ses études, il menait tout de front  :facilités pour apprendre,  la passion des études, l'envie de remuer, de faire du scoutisme, de faire du vélo, de nager....Et il avait le besoin d'aider les autres qui le faisait apprécier à son collège, par ses amis, par nos voisins. La BA  n'était pas un vain mot pour lui.

                                       Comme tout le monde, il avait des défauts, dont un lui a fait collectionner les "feuilles de colle" à son collège : il était horriblement chahuteur..."Dissipation générale", la raison de la colle ne variait pas et lui avait occasionné de gros problèmes avec mon père, qui l'avait même privé des scouts pendant un mois ou deux. Il "amusait la galerie" pour la plus grande joie des copains. Convoqué par le Supérieur du collège, mon père s'était entendu dire "si André n'était pas un aussi bon élève, on ne le garderait pas" ! Il en fallait moins que ça à la maison pour se retrouver puni ! Évidemment, c'était la faute du surveillant qui, parait-il, ne levait même pas la tête et montrait la porte à mon frère, d'un doigt vengeur, en lui disant "André, sortez"...question d'habitude....Sortir n'était rien, mais il fallait aller chez le Surveillant général ! ça ne badinait pas à cette époque et je n'ai jamais vu notre père aller contester...Les enseignants, surveillants et autres supérieurs avaient toujours raison....Pas question d'aller leur donner un coup de poing ou un coup de couteau, non, ça, c'est moderne ! et nous n'étions pas modernes !

                                        Moi qui étais plus "popote", j'admirais ce boute-en-train toujours en mouvement ! Et nous nous aidions mutuellement, devoirs de français contre devoirs de maths ! parce qu'en plus, c'était un matheux ! Et pas un "phraseur" comme il disait. Mon père aurait aimé qu'il soit avocat et André qui visait Polytechnique (rien de commun), me disait :" quand je serai avocat, la guillotine n'arrêtera pas ! tous mes clients seront condamnés, mes plaidoiries dureront un quart d'heure"..Pour lui, une idée, un point. On doit dire ce qu'on veut dire en très peu de mots. Mon père s'est enfin rendu compte du danger qu'il y aurait à pousser son fils dans cette voie...Ouf, il avait eu chaud, et les malfaiteurs aussi !

                                      Il aimait sa famille, il aimait son pays...il s'est engagé en septembre 1939 puis est monté au front fin avril 1940. Le 9 Juin 1940, une grenade  allemande a eu raison de sa jeune vie et je n'avais plus de frère. Il n'avait pas 19 ans....Et  j'y pense toujours, je le revois si jeune...link  link(armée française-armée de terre- 12ème RAC).

                                     

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PARIS de ma jeunesse....et d'après ...

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                                      Ce PARIS que j'aimais.....

                                      Bien qu'ayant quitté PARIS dans ma cinquième année, ma famille ne s'en était pas beaucoup éloignée...JUVISY se trouvant en banlieue, nous nous y rendions souvent pour rendre visite à mes grands-parents paternels, à mes oncle et tante; la grande gare qui était alors "la plus grande gare du monde" nous y aidait bien ! Ce n'était pas encore la SNCF, mais les lignes de PARIS-ORLEANS, PARIS-LYON-MEDITERRANEE (P.L.M.) qui passaient à JUVISY-ATHIS et les trains étaient relativement nombreux dans la journée...Donc, le transport ne posait pas de problèmes. Nous arrivions soit à la gare de Lyon, soit à la gare d'Austerlitz, soit à la gare Saint-Michel, soit à la gare d'Orsay ! tout dépendait du quartier de PARIS où nous nous rendions.

 

                                       Aller à PARIS représentait une fête. Et quand nous allions chez mes grands-parents, Place Dauphine, la fête était encore plus grande...De chez eux, on pouvait voir les bateaux parisiens passer sur la Seine ! J'ai toujours beaucoup aimé ce quartier, le Pont-Neuf, les berges de la Seine avec tous les bouquinistes et les trésors qu'ils détenaient...Et les grands magasins : La Belle Jardinière, la Samaritaine, le Louvre...Ma mère profitait de notre visite à la capitale pour nous emmener faire des achats...Ces magasins me semblaient merveilleux ! Et avant de repartir, nous allions embrasser mon grand-père à son bureau Place Dauphine et lui si méticuleux, nous autorisait à toucher à ses crayons ! Quelle récompense ! Je me sentais au moins responsable de tout le service ! Et il m'arrivait d'aller passer quelques jours à PARIS, chez ma tante et marraine...rue du Chemin Vert. Lorsque j'étais très jeune, le tramway y passait encore comme dans d'autres quartiers. Et puis, et puis, tous les bruits de la ville au petit matin : livreurs de lait, livreurs de légumes,  livreurs de tout ...tous en voitures à chevaux. Ce bruit spécial des sabots des chevaux sur les pavés, je l'entends encore et j'adorais ça ! ça me changeait de ma banlieue qui alors était la campagne ou presque. Ces séjours en ville étaient pour moi si dépaysant qu'ils me semblent n'avoir comme équivalence maintenant que des séjours en pays lointains! Bon, c'est certain, j'idéalise ....Théâtre (le Châtelet), cirque, cinéma, faisaient aussi partie de ce qu'on pouvait trouver à PARIS...Ce n'était pas souvent, mais quand on nous emmenait "sur les boulevards", nous nous sentions les rois de la Terre...

                                         Et quelques années passant, il y eut le PARIS de mon adolescence, en 1939, dans lequel je pouvais circuler librement...ce que j'ai fait. Le quartier Latin est devenu mon fief...vive la liberté !

                                         Et ce PARIS que je n'ai pas apprécié, avec ses bruits de bottes, ses croix gammées, ses soldats qui nous avaient envahis, ses auto-mitrailleuses, ses chants, ses guérites, ses alertes....tout ce qui nous rappelait que nous n'étions plus chez nous, plus en sécurité, mais en guerre pour combien de temps ? Non, ce PARIS  là, je ne l'aimais pas ! 

                                         Il m'a semblé à nouveau merveilleux fin août 1944 ! Enfin chez nous ! Nous sommes revenus l'habiter en 1956, avec nos trois enfants. Travail, écoles, sorties dans ce PARIS qui avançait à grands pas et qui avait tant besoin de rénovation, abandonné qu'il avait été pendant les tristes années. Plus de tramways alors, on avait enlevé les rails..Je crois qu'il y en a à nouveau qui circulent.... C'est le PARIS du progrès, des avancées de toute nature, parmi lesquelles j'ai bien du mal à m'y retrouver ! mais c'est quand même "mon"PARIS que je ne peux dissocier de ces deux villes de banlieue si calmes de mon enfance, ATHIS et JUVISY. Toute ma jeunesse...

                                        

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Ce n'était pas qu'un mauvais rêve.......

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                                      "Un songe, me devrais-je inquiéter d'un songe......"

                                      Ce songe ne m'inquiète plus puisque, malheureusement,  il est devenu une histoire vraie et a eu sa confirmation. C'était en mars 1942, pendant l'occupation. Nous attendions des nouvelles de mon frère André, engagé volontaire en septembre 1939, et qui n'avait donné aucun signe de vie depuis le 3 juin 1940. Toutes les recherches effectuées, tant auprès des services officiels, Croix-Rouge française, Croix-Rouge Suisse, et même Croix-Rouge allemande, avaient été vaines .... Aucune trace.... On se raccrochait à l'espoir qu'il avait peut-être rallié l'Angleterre, ou bien que fait prisonnier il lui était impossible d'écrire.... Des suppositions même invraisemblables prenaient corps parfois....Rien, toujours rien !

                                        En mars 1942, une nuit, je fais un rêve atroce ! Je vois mon frère dans un bois, avec un groupe de soldats français et pris à partie par des allemands. La bataille était rude et tout à coup, un soldat allemand envoie une grenade à André qui s'effondre, touché en pleine tête. Mort sur le coup ! Je me réveille alors avec cette sensation épouvantable, que je venais de voir la réalité...Je n'ose en parler à ma mère bien sûr, la pauvre n'avait pas besoin que je lui raconte un tel rêve. Pour moi, ça me laisse un malaise et je ne cesse de voir et revoir la scène, tout en me disant que ce n'était qu'un mauvais rêve....Quelques jours passent, ce rêve me hante toujours.

                                       Le 31 mars 1942, le maire de JUVISY, vient à la maison et alors que j'étais seule, m'apprend qu'André avait été tué le 9 Juin 1940, dans l'Oise, et que sa tombe venait d'être retrouvée. Il n'avait pas d'autres renseignements dans l'immédiat. Ces renseignements, nous les avons eus sur place, quelques jours plus tard, mes parents et moi-même nous étant rendus à MAIGNELAY-MONTIGNY. Et nous avons appris qu'André, ne voulant pas se rendre, avait été tué dans la gare de MONTIGNY,  touché mortellement  à la tête par une grenade allemande. Il était mort sur le coup . Il s'était effondré sur sa mitrailleuse.  Mon rêve n'était pas un rêve, à quelque chose près : ça ne se passait pas dans un bois, mais dans une gare. Mais, avec presque deux ans de retard, j'avais tout vu !

                                      Que penser de ce rêve que je n'ai jamais oublié, alors que mes rêves, habituellement, disparaissent dès mon réveil ? je me pose toujours la question et si je le raconte aujourd'hui, c'est pour répondre à une demande qui m'en a été faite sur un site ami, à la suite d'une discussion passionnante ! link 

                                     Je suis un peu comme St Thomas,  en règle générale je ne crois que ce que je vois! Je ne suis pas incrédule de nature mais j'ai toujours ce besoin de comprendre.... Pour mon rêve de 1942, le mystère reste et restera toujours, de même que les images que j'ai vues alors ! Rêve prémonitoire sans doute...si ça existe !

                                     

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Un quartier de PARIS....le XI° arrondissement .

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                                      Mon ancien quartier....

                                      Aujourd'hui,  lors de cette émission matinale qui m'accompagne pendant mon petit déjeuner, il a été question de Violette NOZIERES qui avait été arrêtée pour le meurtre de ses parents en 1934 je crois ! Et bien entendu, on a rappelé qu'elle avait été incarcérée à la prison de la Roquette...Il ne m'en fallait pas plus pour évoquer ce quartier où nous avons habité pendant des années... Et je revois la prison de la "Petite Roquette" comme on l'appelait...Tout près de chez nous, nous pouvions même la voir en partie d'une fenêtre...C'était dans les années 1950 à fin des années 1970. (Je revois ces grands murs en meulière un peu foncée (ou tout bonnement salie par le temps), l'entrée rue de la Roquette... Et en 1974, la démolition de cette prison réservée aux femmes. Je crois qu'actuellement un grand square a été construit à la place. Il avait été question d'y construire, outre des espaces verts, des immeubles d'habitation avec une partie réservée à des appartements pour personnes âgées, pour qu'elles ne se sentent pas isolées et qu'elles vivent au milieu de gens plus jeunes...Je ne sais pas si cela a été fait, nous avons quitté ce quartier et PARIS en 1978.
                                       Ce quartier du "onzième", je l'aimais beaucoup. Rue de la Roquette, rue Servan, rue Merlin, rue de la Croix-Faubin, rue de la Folie-Régnault, rue du Chemin-Vert...Que de souvenirs. Et ne pas oublier le Boulevard Voltaire, la Place Voltaire (devenue Place Léon Blum), et ...le cimetière du Père Lachaise ! Cimetière tellement intéressant à découvrir, et qui servait aussi aux jeunes mères à promener leurs enfants dans ses larges allées...Au Père Lachaise, on ne se croit pas dans un cimetière, mais dans un immense square ! Mes enfants adoraient y aller...Et on y rencontre des chats de toutes sortes "sans domicile fixe" si ce n'est celui-là, chats heureux puisque grands-mères du quartier et même des jeunes viennent les nourrir régulièrement...

                                        De la Nation à la République, tout comme presque toutes les manifestations, j'ai arpenté ce secteur le jeudi pour promener mes enfants en empruntant le Boulevard Voltaire...Il n'était jamais lassant ce boulevard, il y avait tant de commerces et donc de vitrines à lécher....Et il menait aux Magasins Réunis, grand magasin disparu maintenant mais où j'aimais aller...Un jeudi avec mes enfants, nous y avons rencontré le clown ZAVATTA  et le clown russe POPOF.... Inutile de raconter la joie des enfants, ces deux clowns leur ayant dit bonjour !  Il y a deux ans, au cours d'un séjour à PARIS, j'ai voulu refaire ce chemin de la République à la Nation...j'ai été déçue ! Le boulevard Voltaire "n'est plus ce qu'il était"...Tout a tellement changé..Plus de petits commerces où on trouvait de tout un peu et un peu de tout....."mon" boulevard n'a plus d'âme.... Il n'est pas le seul hélas !

                                         Le PARIS que j'ai connu dans ma toute petite enfance d'abord, près de la Tour Eiffel, et dans ma vie de femme ensuite, dans ce XI°arrondissement  me manque parfois, mais je ne suis pas certaine que je m'y sentirais chez moi maintenant....Moi, j'ai vieilli et lui a rajeuni ! Difficile alors de se retrouver... Mais j'y pense toujours avec un peu de nostalgie...

                                        

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Conjugues...et tais-toi !

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis..


                                      Une punition jadis..

                                      Je me souviens de ce dimanche de mon enfance...Après déjeuner, je voulais aller jouer avec des jeunes voisines qui étaient aussi mes camarades de classe. J'ai demandé la permission...aïe...plus facile à demander qu'à obtenir à l'époque, il fallait y mettre des formes, ce que vraisemblablement je n'avais pas fait ! Une réplique de mon père en ayant entraîné une venant de moi, ce que je n'aurais pas dû faire, me voici le centre du courroux paternel. Je sais bien que j'avais le tort de "partir au quart de tour", je n'ai d'ailleurs pas changé, et de répondre un peu vite. Ce n'était pas la mode à cette époque...Pan... la punition ne s'est pas fait attendre et me voici installée à la table d'honneur (si on peut dire), nantie de cette injonction paternelle : "Tu vas conjuguer  Je dois répondre correctement à mes parents à tous les modes, tous les temps, toutes les personnes. Ensuite, tu pourras aller jouer !"....

                                       Si l'autorisation était donnée, ce n'était pas gagné ! J'avais environ 8 ou 9 ans. Si je répondais trop vite, je n'écrivais pas avec la même vitesse ! Et ça faisait bien du travail en perspective à deux heures de l'après-midi ! Sans compter qu'en pleurant, on va nettement moins vite ! et que la présentation du devoir comptait, il ne fallait pas bâcler. Donc beaucoup de conditions à remplir avant d'aller rejoindre les autres filles.... Après une petite interruption pour goûter (important  pour ma mère le goûter) , j'ai eu enfin terminé juste ...pour 7 heures du soir. Plus de copines à l'horizon ! mon après-midi se terminait comme il avait commencé, pas trop bien !

                                       D'aucuns penseront que mon père était cruel ? pas du tout, il adorait ses enfants et jouait souvent avec mon frère et moi. Il ne nous corrigeait pas, il punissait...Et c'était le champion de la conjugaison ! Sévère, certainement, c'est ce que nous trouvions à l'époque. Mais il n'interdisait jamais pour le plaisir, il expliquait et c'est ça qui est important. Cela faisait partie de l'éducation et de la vie. La sévérité n'est pas un manque d'amour, bien au contraire. Je pense qu'un enfant qu'on laisse faire ce qu'il veut peut se poser des questions : "mes parents se moquent de ce que je fais, ils ne m'aiment pas". Là, c'est une triste constatation et qui peut marquer à tout  jamais. "Qui aime bien châtie bien".... serait mieux. Le tout, c'est de trouver le juste milieu !

                                       C'était un dimanche des années 1930...avec des pages et des heures de conjugaison....Ce qui prouve qu'on pouvait  très bien se distraire pour "pas cher" ! Et en avoir un souvenir amusé bien des années après !

                                       

 

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Et la conscience alors ?.....Pfft !

par Geneviève Cotty

publié dans billet d'humeur...


                                       S'il fallait s'arrêter à ca....

                                       Le drame, c'est que moi je m'y arrête ! et que je ne peux admettre certaines pratiques actuelles...Je crois que je suis "indécrottable". Ces pratiques elles ont lieu à tous les niveaux...Profiter allègrement des carences du système actuel devient un jeu où...le meilleur gagne. Meilleur, pas obligatoirement, mais le plus rusé et surtout celui ou celle qui a le moins de problèmes de conscience !

 

                                       Je suis déçue, horriblement déçue et je préférerais de beaucoup être tout simplement fâchée. On est déçu de quelqu'un qu'on aime et qu'on estimait. On peut être fâché contre des inconnus dont le devenir ne vous touche pas. On a la volonté d'être fâché, on n'a jamais celle d'être déçu ...Et moi je suis déçue et ça me rend triste. Je voudrais être fâchée et je ne peux pas. J'avais confiance tout simplement . Mon amitié reste mais elle est rudement écornée...et en plus, je passe pour une idiote, ce dont je me moque éperdument. Je sais que pour certains "progrès" je ne suis plus dans la course. On m'a inculqué quelques valeurs et j'y tiens et je les défendrai contre vents et marées. Cette conscience dont on m'a tant parlé quand j'étais jeune, je tiens à être en accord avec elle, il y va de ma santé ! et à celle-là aussi je tiens !

                                        J'ai mal dormi. Je sais que je devrais me dire que tout ça ne me regarde pas, ce qui est sans doute exact. Mais j'aime voir les gens heureux autour de moi, et là, je sens des problèmes dans l'air...Je me demande pourquoi il y a des gens qui se mettent dans le pétrin en toute connaissance de cause. Ma petite amie, si vous saviez comme je vous plains....La vie est dure pour certains, ne la rendez pas plus compliquée. Et rappelez-vous que "les conseilleurs ne sont pas toujours les payeurs".

                                        Et si je pouvais être indifférente, c'est ça qui serait bien ! Non, je ne saurais pas ! L'amitié que voulez-vous.....

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Poursuivre sa voie....sans voix...

par Geneviève Cotty

publié dans humeur et nostalgie..


                                      Quand une voie est toute tracée....

                                      Ce matin à 8 heures, comme tous les jours, j'écoutais le journal à la télévision. Télématin, c'est le nom de l'émission, intéressante dans l'ensemble..Les sujets y sont variés...oui mais ! aïe ce mais annonce toujours une restriction ou une critique ! Ou tout simplement un sujet de réflexion. Pour moi, c'est le cas aujourd'hui et qui dit réflexion en ce qui me concerne, dit aussi souvenirs puisque ...ça me fait réfléchir ! Alors, je me souviens de ces années d'après-guerre, quand la télévision commençait à entrer dans les foyers. Bien sûr, il n'y avait qu'une chaîne et en noir et blanc ! mais quels journalistes, quels programmes, quelles speakerines ! Et des voix ! ah ! ces voix ! Surtout pour les speakerines, voix douces qui vous berçaient, voix agréables accompagnant un sourire engageant, et qui faisaient entrer le soleil dans votre maison .... Mais c'était il y a déjà de nombreuses années...Pour faire partie de cette grande maison qu'est la Télévision, il fallait être jolie, instruite, élégante, et...avoir une jolie voix.  Las ! de ce côté, que de changements, si les "femmes de la télé" sont toujours jolies et en principe instruites et élégantes, les voix de certaines ne sont plus ce qu'elles étaient....

                                       Mesdemoiselles qui voulez faire carrière à la télévision et qui remplissez les conditions ci-dessus, votre voie est alors toute tracée. Votre voix n'est pas importante... Vous parlez d'une voix nasillarde, qu'à cela ne tienne, on lancera la mode ! Tant pis pour celui ou celle qui vous écoute, l'important est ce qui est dit et surtout que ce soit dit par vous. Suivez votre voie avec la voix que vous avez . Bien sûr, ça n'enlève rien à ce que vous dites et qui est souvent très intéressant...C'est juste un peu agaçant et pour commencer la journée, comme on dit maintenant "c'est pas marrant". Mais est-ce que ça ne deviendrait pas tout bonnement une façon de parler ? ou alors, il y a une épidémie....A moins, que la NASA en perdant ses petits canards au Groenland, ne les ait dispersés jusqu'au dessus de la capitale ? Le froid a pu les tromper ? Non, simplement, la mode est lancée et il y a des adeptes !

                                       A notre époque où on peut tout ou presque rééduquer, pourquoi pas la voix ? Il suffit peut-être de quelques séances et d'un peu de bonne volonté. A moins que ça devienne un critère d'embauche : "on demande jeune fille, bien sous tous rapports, mais surtout parlant du nez, pour s'adresser au public".... Je peux aussi éteindre ma télé, mais c'est tellement simple que je n'y avais pas songé...Et puis non, cette émission me plaît, c'est à mes oreilles qu'elle ne plaît pas ... A moi de m'adapter puisque je ne suis "qu'une cliente".

                                       Les anciennes speakerines....quel souvenir !

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C'était quand même une drôle d'époque !

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                                      Pâtes, lentilles et autres raretés !

                                      Jour de liesse un dimanche de guerre. Ma tante est venue nous voir et nous a apporté à défaut d'un bouquet de fleurs, un paquet de macaronis ! Autrement intéressant. Elle l'avait eu par "le mari de la dame qui avait son frère qui avait une amie qui...."enfin en provenance directe du marché noir ! Pour une fois, elle qui ne dépensait pas à tort et à travers (encore moins que ça si vous voyez ce que je veux dire) avait ouvert son porte-monnaie pour une bonne cause...et un bon repas ! Dame, les pâtes n'étaient pas tous les jours au menu. Donc, le dimanche s'annonçait bien, les rutabagas étant reportés à un autre jour. Ma mère fait bouillir de l'eau, y ajoute ce sel gris avec un goût étrange qu'on nous distribuait alors, et s'apprête à verser les macaronis dans la casserole Elle ouvre le paquet et, oh ! surprise, nous avons eu droit à une envolée de papillons trop heureux de reprendre leur liberté ! Des papillons ou des mites ? à coup sûr des êtres bien vivants et qui ne se mangeaient certainement pas...D'ailleurs, ils en étaient tellement convaincus qu'ils s'étaient répandus dans la cuisine où ils s'ébattaient avec plaisir ! Un truc à couper l'appétit d'un ogre et celui de trois faibles femmes plus dégoûtées qu'affamées ! Avec une grande tristesse, nous avons expédié nos macaronis à la poubelle...Dommage, ça aurait pu être si bon, même avec juste un tout petit morceau de beurre, petit oh combien.... C'était un dimanche de guerre...

                                        C'est fou ce qu'il pouvait y avoir comme "petites bêtes" mises à notre disposition dans nos aliments pendant cette période de restrictions ! J'ai le souvenir de charançons dans les lentilles, quand on pouvait trouver des lentilles ! mais trouver des lentilles, c'était trouver des charançons : une lentille, un charançon ! Comme nous étions sans aucun doute très difficiles, ou protecteurs des animaux (?) nous nous refusions à faire cuire ces insectes..Alors, une seule solution : trier. Un peu long, mais pas très difficile : le mieux était de prendre le tout avec  une écumoire, les lentilles crues restaient dans l'écumoire et les charançons passaient au travers des trous ! Enfin presque tous. Mais ça faisait passer un bon moment en famille. Il y avait également le tri "manuel" : on étalait une petite quantité de lentilles, et hop ! d'un côté les charançons, de l'autre les lentilles ! Très fastidieux. En résumé, il fallait avoir vraiment envie de manger des lentilles et aussi un tout petit peu ce qu'on prenait pour les lentilles, ce qui arrivait fréquemment...

                                       Juste pour mémoire...et même de sinistre mémoire, les doryphores ! si on ne risquait pas de les manger, on leur faisait une chasse effrénée matin et soir dans les quelques pieds de pommes de terre plantés dans le jardin. A défaut, eux mangeaient les pommes de terre....

                                        Autre rareté, le pain...Et quand on a commencé à avoir ce pain lourd qu'on appelait pain de maïs sans doute en raison de sa couleur jaune provenant peut-être de farine de maïs ou même tout bonnement des grains non transformés en farine (pourquoi pas ?) nous avons atteint les sommets du désespoir ! c'était immangeable...

                                        On en sourit maintenant, on en plaisantait alors....Il fallait bien !

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Et si ce n'était pas terminé ?.........

par Geneviève Cotty

publié dans billet d'humeur...


                                      Tout ça me rappelle une époque si noire...


                                      Suis-je innocente à ce point ? je croyais que la guerre était terminée depuis 1945...Il semble que non ! Y aurait-il des nostalgiques de cette période ? Alors, des personnes qui ne vivaient pas à cette époque ! Depuis quelque temps, on assiste à des sabotages (comment appeler ça autrement ?), notamment en ce qui concerne la SNCF.  Caténaires détériorés avec la volonté de nuire, peut-être pas de tuer....j'ose au moins l'espérer, et aujourd'hui, blocs de béton posés sur les voies du TGV qui va à BAYONNE. Dans quel but ? Les trains prennent du retard et l'usager fait les frais de ces opérations... encore et toujours. Et s'il y avait mort d'hommes ?

                                      Pendant l'occupation, des sabotages ont eu lieu, faits par la résistance et visant l'occupant dans le but de le déstabiliser et de nous en débarrasser. Grâce à ces sabotages en grande partie, nous avons pu jouir à nouveau de notre liberté. Elle a été chèrement acquise, beaucoup d'hommes et de femmes ont donné leur vie pour elle et c'est nous tous qui en avons profité, génération de l'époque et générations venues après. Mais actuellement, que cherchent les saboteurs ? Des revendications, je suis bien consciente qu'il y en a à faire, mais sans mettre en péril la vie d'innocents ou tout simplement leur droit à vivre sans ajouter à leurs préoccupations déjà fort nombreuses. Je ne suis pas politique, je ne connais rien à la politique, mais le respect des autres et de leurs biens me semble indispensable. Je retarde vraisemblablement...

                                       Avant Noël, des "plaisantins" ?? ont déclenché une alerte à la bombe aux Magasins du Printemps à PARIS. Si c'était une plaisanterie, elle était d'un goût douteux et rappelait aussi des heures noires. Des gens sont agressés dans la rue, des professeurs sont agressés dans leur école. Des pompiers sont appelés pour être mieux agressés, de même que des policiers....Trop, ça devient trop. Nous ne sommes plus en sécurité. Le simple respect n'existe plus, on suit ses instincts... Et la conscience alors ? Nous sommes un pays de libertés, nous avons le droit de parler.  Alors j'ai dit ce que je pensais et qui me rend si triste.

                                       Liberté Égalité Fraternité. Belle devise...Mais mon frère m'avait dit un jour : "As-tu remarqué, sur les frontons des édifices publics, il est écrit "Liberté. Égalité. Fraternité." Liberté point, égalité point, fraternité point. Et si tout le mal venait de là ?

                                       Pas de souvenirs amusants aujourd'hui....

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