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La télévision...et les enfants...

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis et maintenant


                                      Instructive, distrayante,  mais....

                                      Lorsqu'elle a fait son apparition chez nous, en 1960, nous avions imposé des règles...et des limites...Il y avait des jours, il y avait des horaires...Ça, c'était surtout au début... Puis, petit à petit, les enfants grandissant, nous avons élargi un peu les horaires...Nous étions alors des parents dont les enfants allaient à l'école ou au lycée et qui avaient autre chose à faire qu'être "accros" à la télévision. Soyons franche, ce n'était pas trop mal admis par la jeunesse ! enfin...pas ouvertement ! Mais nous étions responsables d'eux, de leur santé tant physique que morale..C'était encore "jadis" !

                                      Mais, quand les petits-enfants sont arrivés, les moeurs avaient déjà bien évolué ! Et nous avec ! et quand ils venaient en vacances, notre rôle n'était pas de mettre des interdits, enfin pas trop ! On n'avait pas droit à la télévision (programmes pour enfants s'entend) toute la journée. S'ils venaient à la campagne, ce n'était pas pour rester enfermés, ils avaient ça à PARIS ! Alors, télévision permise quand il pleuvait (ce n'est pas courant en Provence) et les jours de grand mistral (beaucoup plus courant), ce qui faisait que j'entendais dire "chic, il y a du mistral"...tous les goûts sont dans la nature ! Mais quand même, en bonne grand-mère, et les progrès étant arrivés, j'enregistrais en cours d'année des émissions enfantines que je resservais à l'occasion...Il y avait notamment DISNEY CHANEL je crois, varié entre dessins animés et série...A l'époque c'était ZORRO ! Ah ! ce ZORRO, c'était le préféré de Loïc, alors âgé de 5 ans à peine et qui vivait véritablement les aventures ! Je me souviens qu'un jour où il était confortablement installé dans notre chambre à regarder son feuilleton préféré, il est arrivé vers moi, tout tremblant, rouge d'émotion et avec son "petit seveu sur la langue", il m'a dit "Mazitte, cette fois, Zorro il est en danzer ". Il avait vraisemblablement beaucoup plus peur que Zorro qui se sort toujours de toutes les situations...Et j'ai pensé alors que cette télévision qui tient les enfants tranquilles, qui est instructive parfois si elle n'est pas toujours éducative, pouvait être un DANGER pour les petits...Ils vivent intensément ce qu'ils voient sur l'écran, ils s'identifient au héros "flic ou voyou"... Ils font même des cauchemars parfois... Ils ne savent pas faire la part du réel et de l'imaginaire !  Ils sont alors dans un autre monde...Et si c'était dangereux pour leur santé ? On voit de plus en plus de violences à la télévision, les enfants sont pour certains, de plus en plus violents envers leurs proches, envers leurs enseignants.....Et si tout ça était lié ? La publicité qui pourrait être anodine, est très souvent agressive aussi : l'enfant, pour vanter un produit, trouve que ses parents sont un peu débiles...Il leur parle comme à des demeurés.... Ne nous étonnons pas des résultats...Si on pouvait, nous adultes, ne pas gâcher les magnifiques outils que nous avons à notre disposition à notre époque (télévision, ordinateur et internet) en les employant, même un tout petit peu, à l'éducation de nos enfants...C'est un rêve que je fais, et s'il pouvait se réaliser, quelle joie ça serait.

                                         Nos petits "ZORROS" sont en danger.... Aidons-les à vivre comme des enfants de leur âge, épargnons-leur dans leurs distractions des scènes de violence...ah! oui, je sais, en bas de l'écran, à droite, est écrit "interdit aux moins de 10 ans"....Est-ce suffisant pour se donner bonne conscience ? Nous avons des responsabilités envers nos petits...Exerçons-les....Est-il si difficile d'interdire...ce qui est interdit ?

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Ce mois de mars 1939....

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis..


                                      Jeunesse insouciante...pas vraiment !

                                      Etudiants, nous ne savions pas que c'était notre dernier printemps d'insouciance...Bien sûr, on entendait parler de ce qui se passait à l'Est et même on en discutait entre nous. Que ferions-nous s'il y avait une guerre ? Beaucoup d'entre nous n'étaient pas en âge d'y participer, mais il n'était pas rare d'entendre "S'il y a une guerre, je m'engagerai". Ça, c'était pour les garçons...les filles elles, voulaient prendre des cours à la Croix Rouge et devenir infirmières...comme beaucoup de jeunes filles en 1914 ! Voie toute tracée pour tous, parce que nous avions le moral, que nous étions jeunes et que nous étions "gonflés à bloc"....Il ne fallait pas laisser faire Hitler, le laisser prendre des pays, le laisser emprisonner des gens qui, pour lui, n'étaient pas dans les normes ! Nous ne serions pas de trop pour ça !

                                     En attendant, nous prenions de la vie ce qu'elle pouvait nous donner. Nous étions gais et pourtant, rien n'allait vraiment bien...Des réservistes avaient été rappelés comme en 1938 déjà... Mais on espérait toujours que ça allait s'arranger notre force étant bien connue (petite erreur de calcul sans doute...) Alors, on se réunissait entre nous tout comme les jeunes maintenant, on écoutait de la musique, des chanteurs plein de gaieté comme Charles TRENET. Celui-ci, tellement apprécié des années plus tard, posait bien des problèmes aux parents...Le "fou chantant" comme on l'appelait, ne faisait pas l'unanimité et était même interdit dans certaines familles...."Le soleil a rendez-vous avec la lune" fredonné et même chanté à tue-tête en dehors de la famille, était mis en sourdine en présence de nos représentants légaux ! ça faisait "mauvais effet" de chanter ça ! Et les garçons essayaient de le copier, de s'habiller comme lui ! Ah ! ce chapeau vert...je m'en souviens ! Il était le sujet de maintes discussions...La mode des feutres mous....Mon frère avait fini par en obtenir un, mais il était marron et non pas vert. Bon, c'était déjà ça, on ne pouvait tout obtenir en une fois !  Nous devions également "aller pendre notre linge sur la Ligne Siegfried"...Noble projet en chanson, mais comme bien des projets, laissé au rayon des invendus ! Attente, espoirs, craintes, discussions, examens, nous étions très occupés ! Pendant ce temps-là, HITLER gagnait toujours du terrain...et nos dirigeants, confiants dans les accords de MUNICH de 1938, laissaient faire....Puisque nous étions les plus forts ! ah mais !!!

                                       J'ai le souvenir d'un printemps agréable (pour la météo !). J'allais souvent au Jardin du Luxembourg avec des camarades...Nous révisions et devisions.....Puis petite promenade sur le Boulevard Saint-Michel et arrêt parfois chez "CAPOULADE" à l'angle du Boulevard et de la rue Soufflot . Nous étions jeunes, libres, heureux de vivre...et on croyait tout ce qu'on nous racontait...Pendant ce temps, HITLER armait et réarmait à outrance et prenait son "espace vital", celui nécessaire à la "grande Allemagne". Je me demande quand même si on ne nous avait pas un peu trompés ? Allez savoir !

                                        Tout cela n'allait pas durer. Plus dure a été la chute...

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A PARIS...les marchés que j'aimais !

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                                      Un parmi tant d'autres.....

                                      Je ne peux ni ne veux le cacher, j'aime les marchés ! De tous temps, j'ai adoré y faire une petite balade, pour leur ambiance, pour leurs couleurs, pour la truculence de leurs commerçants...Et en plus, depuis que "je suis le ministre des finances" de ma petite famille, pour les bonnes affaires qu'on peut y faire ! Lorsque j'étais enfant, c'était une récompense  pour moi quand ma mère m'emmenait avec  elle au marché...J'ai toujours trouvé ça distrayant...J'étais alors en banlieue de Paris, à JUVISY, où le marché a lieu deux fois par semaine. C'était un marché important qui l'est peut-être encore. Puis, quand nous nous sommes réinstallés à PARIS en 1956, j'ai commencé à fréquenter les marchés parisiens, marchés de quartiers qui avaient lieu deux fois par semaine et où déjà le choix était très grand. Nous n'étions pas loin de celui du Boulevard Ménilmontant...Souvenirs anciens...

                                      Mais surtout.....le marché d'ALIGRE, ce marché situé dans le 12ème arrondissement et qui est ouvert tous les jours ! Ah ! ce marché ! Il me voyait presque chaque jour...Je conduisais ma fille à l'école rue de Reuilly et en revenant, je passais au marché. C'était une grande "promenade" par le chemin que je faisais à pieds...Economies, économies....Légumes et fruits étaient tous plus attirants les uns que les autres, et leurs prix étaient imbattables. Des étals  gais, colorés, appétissants, et des commerçants qui vous interpellaient en vous vantant leur marchandise. Tous les marchands de fruits et légumes étaient des commerçants ambulants qui s'installaient dans le milieu de la rue d'Aligre....Les charcutiers, bouchers, poissonniers, boulangers, pâtissiers , que sais-je encore ! étaient des sédentaires qui avaient leurs boutiques bien alignées au rez-de-chaussée des immeubles de la rue...et pratiquaient également des prix promotionnels comme on dit maintenant ! Avant, on disait que tel ou tel produit était "en réclame".... Et, au bout de la rue, il y avait une halle couverte, avec des produits plus "haut de gamme" et plus chers. Je ne m'y attardais pas trop !

                                       "Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître..."comme dit la chanson, mais peut-être n'y a-t-il rien de changé ? J'ai quitté PARIS depuis bien longtemps... Pour rien au monde, je n'aurais "zappé" cette formalité journalière...Elle m'était indispensable tout en étant utile : je conduisais ma fille en classe, je "faisais ma petite marche obligatoire", je faisais des économies, et....je me faisais payer un café par mon père dont le bureau se trouvait rue Crozatier, à deux pas....Petite halte sympathique....Que demander de mieux ? Très souvent, le dimanche matin, cette sortie au marché avait lieu avec mari et enfants...mais là, c'était plutôt pour la promenade ! Et pour mon mari, c'était un petit pèlerinage : il avait travaillé pendant deux ans, en 1938 et 1939 chez un charcutier de la rue d'Aligre et avait conservé de cette époque de très bons souvenirs...On joignait l'utile à l'agréable !

                                        Il y a bien d'autres marchés dans PARIS, bien d'autres rues qui ressemblent à des marchés (Rue de Meaux, rue Cler, rue du Commerce , Place Maubert etc...) . Mais vraiment, ma préférence était pour celui de la rue d'Aligre. Sans doute parce que beaucoup de souvenirs y sont attachés....Je me demande s'il est toujours le même,  si les commerçants sont toujours aussi avenants ? Tout le monde évolue, parfois en bien, parfois en...moins bien. ... Le charme, la gaieté des marchés d'antan, c'était tellement agréable ! Et ce  "qu'est-ce qu'elle veut la p'tite dame"  lancé avec humour et bonne humeur, est-ce encore d'actualité ? Tout le monde est si pressé maintenant. Mais je crois quand même que ces marchés, rien ne saurait les remplacer, pas même le meilleur des supermarchés tellement  modernes, pratiques mais.... tellement  impersonnels ...

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Quand le printemps arrivait....

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis et maintenant


                                      De jadis à maintenant....

                                      Lorsque j'étais enfant, j'aimais beaucoup le printemps...On commençait à profiter davantage du jardin lequel prenait petit à petit un petit air de fête ! Les arbres commençaient à bourgeonner et les fleurs à sortir. Tout le monde se "secouait" et commençait à se débarrasser des contraintes de l'hiver....Rien n'a changé...On a l'impression de recommencer à vivre normalement !

                                      Quand plus tard, nous avons réintégré PARIS avec notre petite famille, j'ai continué d'aimer cette période...Le printemps à PARIS, mais c'est la renaissance de tout ! les gens sont moins tristes, moins grincheux, moins rétrécis...Je me revois un matin de bonne heure, alors que je m'étais rendue dans un laboratoire situé près de la Bastille et...que j'avais faim puisque j'étais à jeun (désagréable ça), je me suis arrêtée vers le Boulevard Henri IV et me suis installée dans un café...Le temps était beau et PARIS de bonne heure est assez agréable ! Tout à coup, j'entends des bruits de sabots de chevaux...Ce n'était déjà plus courant.... Et c'est un bruit que j'aime sans doute parce qu'il me rappelle ma petite enfance....Mais là, quel spectacle ! C'était la Garde Républicaine qui après être allée faire des exercices, rentrait à la Caserne.....Les casques des gardes brillaient, crinière au vent...Les tenues étaient impeccables...les chevaux absolument magnifiques ! On se serait cru à un défilé de 14 juillet ! Par un matin de printemps, de bonne heure...c'est  un spectacle inoubliable... J'y repense souvent, ça fait partie de mes petits bonheurs...Ah, ces gardes-républicains, on les admire toujours...On admire leur prestance, on admire leur musique ! Sont-ils un peu les "chouchous" des parisiens ? Jadis sans doute. Maintenant ? je n'en sais rien. Ce que je sais c'est que, lorsqu'ils se promènent, les gens s'arrêtent pour mieux les regarder ! Et quand c'est au printemps," le soleil, les fleurs, les petits oiseaux" aidant, c'est encore mieux. C'est une opérette dans la rue !

                                        Le printemps à PARIS, l'automne à PARIS, deux saisons que j'aime et que j'aimais également jadis...Maintenant que j'ai quitté PARIS depuis déjà bien des années, je n'ai pas changé d'avis en ce qui concerne mes saisons préférées ! Le printemps dans le Sud (un peu trop court à mon gré), me rend heureuse. Il faut vite, vite
en profiter, la chaleur arrive rapidement, avec ses avantages et aussi ses inconvénients...Mais comme il faut de tout pour faire un monde, acceptons ces saisons comme elles sont....

                                       Et je me repasse de temps en temps, ce film "en boucle" de tous mes souvenirs anciens et moins anciens, d'un temps où un simple petit fait divers pouvait vous mettre en joie pour la journée...

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Semaine après semaine...le temps passe...

par Geneviève Cotty

publié dans Nostalgie...


                                      Les heures, les jours, les semaines, les années...quelle vitesse !

                                      Exit février...Mars est déjà en route ! C'est fou comme le temps passe vite ! De mon enfance à la période actuelle, il me semble avoir vécu au moins vingt vies ! Je revois cette petite enfance en banlieue, notre première maison à JUVISY, le jardin, les jeux...Puis une deuxième maison, très près de la première, avec un jardin plus grand, une maison plus confortable (les progrès s'installant déjà petit à petit). Nous grandissions, nos jeux n'étaient plus les mêmes, mais l'insouciance était toujours bien présente malgré les bruits qui circulaient : crise et surtout la montée du nazisme, ça je m'en souviens très bien...C'était un sujet de conversation à la maison...Bruits de guerre qui en découlaient...Et notre adolescence qui commençait, avec (peut-être) un peu plus de libertés, encore que.....Un peu moins commandés, mais tout autant surveillés ! Et cette guerre arrivée en 1939 et qui a freiné notre jeunesse...Bon, de tout ça, j'en parle déjà trop ...alors, silence !

                                       Semaine après semaine, le temps s'est écoulé avec des joies et des peines...Puis, le mariage et les enfants arrivés à la rescousse et qui vous "poussent" dans la vie à une vitesse folle ! Vous croyez être encore jeune, mais la maturité arrive très vite avec les petits-enfants, pour le plus grand bonheur de tous . Le cycle continue... Tout ça est passé tellement vite que vous vous dites souvent...mais c'était hier ! non, c'était il y a  30, 40 ou 50 ans....Quant à la rapidité des progrès , que peut-on en dire  ? Ils nous "sont tombés dessus" sans prévenir et à peine a-t-on pu s'y habituer qu'ils sont déjà dépassés....Les voitures, les réfrigérateurs, les lave-linge, les lave-vaisselle, la télévision, les ordinateurs, les téléphones d'abord fixes, puis mobiles, la TSF remplacée par la radio...et j'en passe ! Tout ça, je l'ai vu naître (sauf les voitures, elles existaient déjà, mais quelles voitures !)...La pénicilline à ne pas oublier, quel progrès alors .... Tout a changé dans notre manière de vivre et c'est bien ce qui me fait croire que j'ai vécu vingt vies ! Mais quelles vies !

                                       Les jours passent, les semaines passent et les années en font autant ! C'est bien pour ça que j'ai tant de souvenirs....Les bons et les mauvais, tout se mélange. C'est ça une vie.

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"Une grand-mère?..." quel rôle !

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis et maintenant

 

                                     Grand-mère et...fière de l'être !

                                     Fleurs, coups de téléphone, pour me rappeler s'il en était besoin que je suis grand-mère...et même un peu plus ! Aujourd'hui, c'est ma fête...Le temps est très maussade dehors, mais je m'en moque ! D'abord, j'ai décidé de ne pas sortir, mes jambes me rappelant elles aussi que je suis grand-mère ! ça, par contre, c'est le revers de la médaille ... Enfin, on ne peut tout avoir.

                                     Depuis quand fête-t-on les grands-mères ? J'avoue à ma plus grande honte que je n'en sais rien, cette fête (comme tant d'autres) n'existait pas lorsque j'étais jeune. Mais j'avais la chance d'avoir mes deux grands-mères, une en Lorraine, l'autre à PARIS. Elles n'avaient rien de commun, si ce n'était la gentillese et l'amour qu'elles nous portaient chacune et que nous leur rendions bien. Ma grand-mère parisienne était "une adorable farfelue"...Elle suivait son inspiration du moment ...ceux qui pouvaient suivre suivaient, mais ce n'était pas facile ! Très indépendante...tiens, tiens...je me demande parfois si je ne tiens pas un peu d'elle ? Drôle parfois...Elle parlait d'abord et...réfléchissait ensuite ! Moderne et pas du tout moderne....Etourdie à un tel degré qu'on ne pouvait pas toujours éviter les catastrophes avec elle..... Ah, j'oubliais, en plein PARIS, elle avait des chats, plusieurs..Et elle ouvrait la fenêtre pour que les moineaux de la Place Dauphine viennent picorer les graines qu'elle leur mettait...sur la cheminée !Mon grand-père avait tenu pendant bien des années, mais comme il y allait de sa santé, il s'était éclipsé !.... Mon autre grand-mère, Lorraine "depuis la nuit des temps" était exactement la grand-mère ancienne qu'on se représente . Petit chignon sur le dessus de la tête, habillée en noir, s'occupant de sa maison, de son mari, de toutes ses bêtes, lapins, poules, canards, cochon et jadis une vache qui en revenant du pré, s'arrêtait devant la fenêtre de la salle commune et passait sa tête pour recevoir une caresse. Et adorant les deux chattes qui faisaient partie de la famille. Quant à nous, mon frère et moi, elle nous idolâtrait ! vous pensez, nous étions des petits parisiens et les enfants de sa fille aînée ! Je garde d'elle un souvenir extraordinaire...C'était vraiment la bonne grand-mère, patiente, aimante, compréhensive...et qui pleurait à chaudes larmes quand nous arrivions en vacances et ....quand nous repartions.

                                       Ces deux grands-mères que nous aimions tant, nous avions l'impression qu'elles avaient toujours été âgées ! Alors que, chacune mariée très jeune, devait avoir 40 ans à notre naissance ! Pourquoi s'habillaient-elles d'une façon si triste il faut bien le dire ? Maintenant, les temps ont changé. Les grands-mères suivent la mode, restent jeunes (ah mais...). Je me suis même laissée dire qu'il y en avait qui s'étaient mises à l'informatique ! On ne peut plus les arrêter ! L'âge d'une grand-mère ? Tout se passe dans la tête ! et le rôle qu'elles ont à jouer maintenant les maintient en "état de jeunesse"...Ce sont souvent des confidentes de leurs petits-enfants, des partenaires dans leurs jeux ou les sorties....Elles se tiennent au courant des progrès...et quand arrive l'heure d'être arrière-grand-mère, elles ne s'en rendent même pas compte....S'il n'y avait pas ces fichues douleurs !

                                         "Une grand-mère ? mais c'est une grand-mère "!


                                     

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"Acceptons chats, chiens "...

publié dans il était une fois...


                                      Petite amie de jeunesse....

                                      Chez mes parents, je crois qu'on aurait pu mettre un écriteau sur la grille : "Acceptons chats, chiens. Affection assurée.. Nourris, logés, aimés ! " J'ai toujours vu, et ce jusqu'à la guerre, deux chats et deux chiens à la maison. A part le dernier, un très beau Malinois, les autres étaient de race indéterminée et s'étaient installés chez nous parce qu'ils avaient besoin d'affection sans doute. L'instinct les avait guidés. J'ai déjà raconté l'histoire de ce chat qui nous avait suivis et qui a été notre fidèle compagnon pendant des années. Il n'était pas le seul à s'être "imposé". Il y eut aussi cette adorable petite chienne qui tenait du ratier et du lévrier (!), et qui avait suivi ma mère alors qu'elle faisait ses courses dans le quartier.

                                        Cette petite bête ne semblait pas malheureuse...Nous avons cherché à savoir à qui elle appartenait, mais sans résultat. Elle avait un collier sur lequel il y avait un nom et une adresse...à LYON ! Ce n'était pas notre région ! Mon père a donc écrit à cette adresse...et la lettre nous est revenue avec la mention "destinataire décédé"...Nous n'étions pas plus avancés... Et pendant ce temps, Follette (nous l'avions baptisée ainsi) prenait confortablement ses quartiers chez nous,suivant ma mère en courses et jouant avec nous. Le soir, nous allions "un bout de chemin" sur la route à la rencontre de notre père. Au point de rencontre, la chienne montait à l'avant, à côté du conducteur et regardait droit devant elle. Elle adorait la voiture et il ne nous restait plus qu'à nous installer à l'arrière. Elle s'était très bien accordée avec chats et chien déjà en place....Pendant quelques semaines tout a été très bien. Et un jour....Ma mère va chez le pharmacien dans une rue avoisinante, et elle emmène sa petite compagne qui ne la quittait pas.  Le brave pharmacien la voyant lui dit "Tiens, tu es là, toi ? ton maître te cherche ! " Stupeur de ma mère qui explique au pharmacien que la chienne l'avait suivie depuis déjà plusieurs semaines et que nous n'avions pu retrouver son propriétaire. Alors, le pharmacien lui répond qu'elle était sûrement mieux chez nous, que ledit maître l'avait ramenée de LYON, de chez un oncle décédé, dont il était l'héritier ! Mais qu'il n'avait pas envie de la garder ne voulant pas s'encombrer d'un chien ! Il lui donnait à manger, mais pour les caresses, c'était moins sûr ! En résumé, la chienne avait fugué, par manque d'affection....Après avoir vu cet homme, mes parents se sont retrouvés officiellement propriétaires de la petite Follette et nous étions ravis !

                                             Le plus significatif de cette histoire, c'est que nous habitions le même quartier, que la chienne passait presque chaque jour devant son "ancienne" maison et...qu'elle n'avait seulement jamais tourné la tête dans cette direction....A LYON, elle était paraît-il gâtée par son vieux maître et elle n'avait pu se faire à la compagnie de quelqu'un qui l'avait acceptée uniquement par devoir....

                                             Les chiens, comme les humains, ont besoin de se sentir aimés. Ils ont un coeur tellement aimant eux-mêmes. Cette petite histoire  vraie en est une preuve non ? C'est presque un conte pour enfants....

 

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Tranquillité, mon beau souci........

par Geneviève Cotty

publié dans humeur et nostalgie..


                                      Fermer les yeux et les oreilles.....

                                      Pourquoi ouvrir les yeux, pourquoi écouter, quand il est si simple de vouloir ignorer tout ce qui gêne et vous rend triste ? C'est malheureusement ce que bon nombre de personnes font, histoire "d'être tranquilles" ! Sûr, la tranquillité vaut de l'or, mais peut-on vraiment se désintéresser de tout ce qui n'est pas "son moi" et son bien-être ? Est-ce que ce n'est pas tout bonnement de l'égoïsme ? Ne pas vouloir savoir...quelle échappatoire !  Je ne dis rien, je ne vois rien, je n'entends rien....Trop pratique pour se sortir d'embarras ou simplement penser aux autres, à leurs ennuis, à leurs malheurs présents ou passés. Est-ce que la sérénité passe par là ?

                                      J'ai vu dernièrement à la télévision un film que je trouve très beau : "Le piano oublié"...Histoire d'une profonde amitié entre un petit garçon et un pianiste et son piano, oublié un temps pour cause de déportation...La guerre, les dénonciations, la déportation, bien qu'évoquées et omni-présentes, ne sont pas représentées ou furtivement...Aucune image dure... Mais le film vous "donne à penser". J'ai voulu en discuter avec quelqu'un qui m'a répondu "ah non, je ne l'ai pas regardé, je n'aime pas ces films, c'est trop triste"....Le film n'était même pas triste, touchant, attachant, ça oui....Et instructif aussi ! Cette époque a existé malheureusement et on ne peut l'effacer d'un coup de gomme...Il en restera toujours quelque chose.

                                       Et je connais des personnes qui ne vont pas voir des amis malades, parce que "ils ne peuvent pas voir ça"....Tout ce qui dérange leur petit confort est à proscrire ! et pourtant leur amitié est réelle et sincère...Il leur faudrait tout simplement penser à la petite joie qu'ils apporteraient à l'ami malade, courageux et qui supporte tant de choses ! Ils ne peuvent pas, c'est physique ! parlons d'autre chose s'il vous plaît...des choses gaies si possible....Oui mais voilà, tout n'est pas toujours gai dans la vie...Et la maladie est très souvent dure à supporter moralement et physiquement....pour le malade et son entourage. Pourquoi y ajouter l'indifférence ? Mais ils ne pensent pas être indifférents, puisqu'ils sont prêts à aider d'autre manière. La "bonne action" matérielle qui efface le reste.

                                       Ne pas voir la misère autour de soi, ne regarder que ce qui est beau et tranquille, on ne m'a jamais appris ça...j'ai des lacunes ! Penser aux autres, ça oui, on m'a appris. Et bien franchement, je crois que c'est ça qui me fait voir la vie avec d'autres yeux. Je me préfère ainsi. "On est comme on naît" !


                                     

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"Si les enfants savaient......."

par Geneviève Cotty

publié dans Joies et peines


                                      Résultats d'une enquête....

                                      La  SOFRES , si l'on en croit l'information entendue à 13 heures à la télévision, a fait une enquête auprès de certains citoyens (tous parents ? je n'ai pas fait attention) pour connaître ce qui incitait les couples à avoir des enfants. La réponse majoritaire est que les "enfants rendent la vie plus agréable, plus gaie"... Des familles interrogées avouent qu'elles n'auraient pas aimé rester sans enfant, malgré les soucis occasionnés parfois !
                                      Personnellement, je suis tout à fait d'accord ! les enfants ? mais c'est la vie à la maison ! Nous n'aurions pas pu rester sans enfant....
                                      La maison aurait peut-être été mieux rangée quelquefois, oui mais....
                                      Nous aurions eu des nuits plus calmes à certaines périodes, oui mais....
                                      Pas de soucis à se faire pour les écoles, le ramassage scolaire, l'orientation, oui mais.....
                                      Pas d'épidémies de rougeole, de coqueluche, d'oreillons, de médecins appelés en urgence, oui mais...
                                      Pas de, pas de, pas de.....OUI MAIS......
                                    
                                      Qu'est-ce qu'on se serait ennuyés ! Une petite vie calme, bien rangée, sans heurts, mais sans tous ces petits bonheurs apportés par les enfants ! Les premiers sourires, les premiers mots, les premiers pas. Tous ces premiers quelque chose constituent la vraie joie....Et généralement, ils sont gais les enfants, pas compliqués, c'est l'innocence pure ! Comme ils peuvent vous faire rire avec leurs petites réflexions si simples et pourtant si logiques. Les "mots d'enfants", n'est-ce pas un vrai bonheur ça ? Et plus tard, ce sont eux qui vous donnent la joie d'être des grands-parents. C'est la cerise sur le gâteau !

                                      J'étais cet après-midi en visite chez une amie de très longue date, qui a eu 85 ans aujourd'hui. Son mari et elle n'ont pas eu d'enfants....Et moi, en allant la voir, je repensais à mes propres 85 ans, fêtés il y a déjà une bonne année (!)...Entourée des miens, appelée au téléphone par les petits-enfants, en un mot gâtée ! Et même fêtés plusieurs fois ces 85 ans ! .... Je me sentais riche de quelque chose que mon amie n'avait pas, avoir eu des joies et des soucis avec nos enfants, nos petits-enfants, nos arrières-petits-enfants. Cette vie là n'est pas toujours facile, mais c'est ça la VRAIE VIE .....

                                       Si seulement la SOFRES m'avait sondée....

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Quand arrivait "Mardi Gras".....

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis..


                                      Souvenirs sucrés et...autres...

                                      Jadis, il n'y avait pas de vacances scolaires pour le Mardi gras, simplement nous étions libres à 16 h 30, il n'y avait pas d'étude ce jour-là et pas de devoirs à faire si je me souviens bien ! On se dépêchait de rentrer à la maison attirés par la fabrication des crêpes que notre mère préparait. Oh, cette odeur... Et ce rite immuable qui nous fascinait : le grand saladier où ma mère cassait les oeufs, mettait  farine, lait....On en avait déjà l'eau à la bouche à l'avance...Puis la crêpe faite, après l'avoir fait sauter dans la poêle (indispensable ça !), on la saupoudrait copieusement de sucre en poudre !  Vous pouviez même ajouter dans une des crêpes un grand morceau de fil blanc installé doucement avec force méandres, bien recouvert de pâte...celui qui tombait sur cette crêpe avait bien du souci à se faire pour manger...C'est impossible ! j'en ai fait l'expérience, mon frère m'ayant réservé cette gâterie ! Mais ce n'est pas une "vraie"recette, n'en tenez pas compte ! Ah oui, cette cérémonie des crêpes, je la revois encore !

                                        Le Mardi gras annonçait le début du Carême pour les chrétiens, temps de pénitence...Pendant ce temps, on ne mangeait pas de viande le Mercredi et le Vendredi...On faisait "maigre" pendant quarante jours. Le Mardi gras, qui portait bien son nom, était le dernier jour qui précédait cette période...Et je ne sais pourquoi je me souviens de cette année passée en Lorraine par suite de la mauvaise santé de ma mère....Ma grand-mère, très respectueuse des préceptes de la religion comme beaucoup de familles à cette époque, nous faisait manger mercredi et vendredi des oeufs, sous toutes leurs formes et avec des recettes différentes ! C'était vraiment bon et on oubliait très facilement la viande ! Et surtout...Il y avait cette Vaute  traditionnelle, sorte de crêpe épaisse, salée, cuite à la poële, dans l'immense cheminée de la cuisine. Les poëles avaient un manche qui nous semblait immense et qui l'était par rapport à nos poêles parisiennes .... Cette vaute, assez nourrissante, constituait une grande partie du repas, après une soupe de légumes (midi et soir). Elle était accompagnée d'une bonne salade du jardin ..."Jamais que c'était bon"...comme on dit en Lorraine !  Ma mère me racontait que dans sa jeunesse, même le poisson, même les grenouilles étaient interdits pendant le carême...Les grenouilles étaient considérées comme viande...et il y en avait beaucoup là-bas !  Petites réminiscences du passé, de goûts, d'odeurs, de traditions ! C'était jadis.

                                          Pendant la guerre, les "jours sans viande" étant plus nombreux que "les jours avec", on avait abandonné un peu l'idée de "faire pénitence" ! C'était ce qu'on faisait chaque jour ... Et puis, dans les années 1950, la consommation de viande le mercredi pendant le carême, a été autorisée par l'Eglise...Et petit à petit....

                                          Tiens, j'oubliais ! hier soir, j'ai renoué avec la tradition Lorraine... J'ai fait une vaute....souvenirs....souvenirs.....

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