Tranquillité, mon beau souci........
Fermer les yeux et les oreilles.....
Pourquoi ouvrir les yeux, pourquoi écouter, quand il est si simple de vouloir ignorer tout ce qui gêne et vous rend triste ? C'est malheureusement ce que bon nombre de personnes font, histoire "d'être tranquilles" ! Sûr, la tranquillité vaut de l'or, mais peut-on vraiment se désintéresser de tout ce qui n'est pas "son moi" et son bien-être ? Est-ce que ce n'est pas tout bonnement de l'égoïsme ? Ne pas vouloir savoir...quelle échappatoire ! Je ne dis rien, je ne vois rien, je n'entends rien....Trop pratique pour se sortir d'embarras ou simplement penser aux autres, à leurs ennuis, à leurs malheurs présents ou passés. Est-ce que la sérénité passe par là ?
J'ai vu dernièrement à la télévision un film que je trouve très beau : "Le piano oublié"...Histoire d'une profonde amitié entre un petit garçon et un pianiste et son piano, oublié un temps pour cause de déportation...La guerre, les dénonciations, la déportation, bien qu'évoquées et omni-présentes, ne sont pas représentées ou furtivement...Aucune image dure... Mais le film vous "donne à penser". J'ai voulu en discuter avec quelqu'un qui m'a répondu "ah non, je ne l'ai pas regardé, je n'aime pas ces films, c'est trop triste"....Le film n'était même pas triste, touchant, attachant, ça oui....Et instructif aussi ! Cette époque a existé malheureusement et on ne peut l'effacer d'un coup de gomme...Il en restera toujours quelque chose.
Et je connais des personnes qui ne vont pas voir des amis malades, parce que "ils ne peuvent pas voir ça"....Tout ce qui dérange leur petit confort est à proscrire ! et pourtant leur amitié est réelle et sincère...Il leur faudrait tout simplement penser à la petite joie qu'ils apporteraient à l'ami malade, courageux et qui supporte tant de choses ! Ils ne peuvent pas, c'est physique ! parlons d'autre chose s'il vous plaît...des choses gaies si possible....Oui mais voilà, tout n'est pas toujours gai dans la vie...Et la maladie est très souvent dure à supporter moralement et physiquement....pour le malade et son entourage. Pourquoi y ajouter l'indifférence ? Mais ils ne pensent pas être indifférents, puisqu'ils sont prêts à aider d'autre manière. La "bonne action" matérielle qui efface le reste.
Ne pas voir la misère autour de soi, ne regarder que ce qui est beau et tranquille, on ne m'a jamais appris ça...j'ai des lacunes ! Penser aux autres, ça oui, on m'a appris. Et bien franchement, je crois que c'est ça qui me fait voir la vie avec d'autres yeux. Je me préfère ainsi. "On est comme on naît" !
