Partager.... avec plaisir....
Penser aux autres...
Quand j'étais enfant, j'en ai déjà parlé, mes parents et surtout mon père, ne badinaient pas sur l'éducation ! Ce qui nous semblait alors normal paraîtrait sans doute "monstrueux" à la génération actuelle ! Nous n'étions pas maltraités, loin de là ! Nos parents étaient aimants mais essayaient de nous armer pour la vie. C'est ce que mon père disait...En toute honnêteté, je crois qu'il avait raison, même si parfois on "ruait un peu dans les brancards" (en paroles et en dehors des parents !) On n'accepte pas toujours avec bonne humeur les remontrances, fussent-elles faites "pour notre bien" présent et futur !
Nous n'étions pas des anges et très tôt dans la vie, il semblait indispensable que les parents combattent quelques petits défauts qui pointaient le bout de leur nez ! Par exemple, chez moi, un défaut horripilait mes parents : ce qui était à moi me semblait tellement à moi que je n'aimais pas beaucoup partager même avec ceux que j'aimais...Et ça, mon père ne pouvait accepter...Un jour que nous étions en vacances en Lorraine chez mes grands-parents et que mon père avait fait un déplacement en Normandie, il m'avait rapporté une boîte de bonbons...C'était une sorte de bonnet de marin contenant des petits bonbons ressemblant à des cailloux ! Cadeau magnifique pour une fillette de six ans et que "je me gardais" précieusement! Je ne distribuais pas mon trésor à tous vents ! La fille des fermiers voisins vient apporter le lait chez ma grand-mère, ce qui était gentil puisque ça évitait à grand-mère de se déplacer...Cette petite fille avait à peu près mon âge et mon père me demande de lui offrir des bonbons de ma boîte. Aïe...Avec un grand soupir je prends un bonbon et le lui donne, et j'entends mon père me dire le plus naturellement du monde "Non, laisse-là se servir et qu'elle en prenne pour ses frères et soeurs"...Elle en avait sept !...
Et à chaque bonbon qu'elle a pris (obéissance ou gourmandise...) j'ai poussé un grand soupir ! Ma boîte n'était pas sans fond et le résultat me faisait peur ! Et ensuite, quand elle est repartie, j'ai eu droit à mon cours de morale !...ça c'était assez courant ! Je m'en souviens encore. Il fallait que j'apprenne à partager, que je ne me montre pas égoïste, etc...etc... C'était du sérieux ! Et que j'apprenne à offrir ! Une chose est certaine, c'est que cette histoire m'est toujours restée à l'esprit....Partager, penser aux autres, ça faisait partie de l'éducation qu'on nous donnait. Quand bien plus tard, nous avons tout perdu dans un bombardement, nous avons été très heureuses ma mère et moi, que des gens pensent à nous et partagent avec nous.
Et donner ce à quoi on tient, ça peut apporter tellement de satisfaction. Je crois que c'était ce que mon père avait voulu me faire comprendre. On entend souvent des enfants dire c'est à moi, c'est pour moi...Et les autres ? Leur faire comprendre que "les autres" existent, qu'il faut penser à eux, ce n'est pas être trop sévères ou moins les aimer...bien au contraire. Est-ce que la grande peur des parents maintenant ne réside pas dans cette question "est-ce que mon enfant m'aime"? Mais bien sûr qu'il vous aime, encore plus si vous l'éduquez c'est alors la preuve que vous vous intéressez à lui...
