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Haro sur la fessée....

par Geneviève Cotty

                                      Je viens d'entendre une émission très sérieuse à la Télévision où il était question du projet de légiférer sur la fessée.... Ce mot qui a pour définition dans le dictionnaire "Robert": tapes données sur les fesses...Alors, je pense....avec le recul, que mes parents l'ont échappé belle ! Au moins une fois dans leur vie (même peut-être deux fois, ne soyons pas avares). Qui de ma génération, n'a pas reçu de fessée ? Quand je pense que j'aurais pu aller déposer une plainte en bonne et due forme, et que je ne l'ai pas fait ! Lequel de mes enfants n'a pas eu droit à ce chatiment corporel ? Attention, je suis encore là et allez savoir s'il y a  prescription  ou pas ! Je vais donc me méfier.

                                       Soyons sérieux, je n'ai jamais pensé que mes parents étaient des bourreaux d'enfants (de même que je ne me considère pas comme telle). Je crois qu'une  petite fessée donnée à un enfant qui vient de faire des bêtises, calme ce dernier et...la maman aimante malgré tout, qui est "sortie de ses gonds". Je ne prône pas l'octroi d'une fessée, je dis que ça soulage les deux belligérants...A moins d'être un adulte cruel qui éprouve une joie malsaine à donner des coups (malheureusement il y en a), il y a toujours moyen de se contrôler. Et une tape donnée au bon endroit et à bon escient est-elle si mauvaise pour l'éducation ? Est-ce que ça ne sera pas plus mauvais si des enfants, se sentant investis de tous pouvoirs, vont "dénoncer" le père ou la mère fautif ? Il y aura toujours des abus...Qu'on se souvienne du film "Les risques du métier"....Moi, j'ai vu le film et j'ai vu une histoire absolument identique, alors que je travaillais dans un commissariat de police...C'était il y a bien longtemps. Les enfants d'une classe se sont mutuellement "monté la tête" et ont failli faire envoyer en prison plusieurs hommes de la ville, dont un instituteur ! quelle enquête....Qu'on légifère sur la pédophilie, oui ! mais pas sur la fessée ! Sur la maltraitance, oui ! mais pas sur la simple fessée ! En tout, il faut de la mesure....

                                        Dans les écoles, je pense qu'enseignants, assistantes sociales, infirmières, sont à même de constater si des enfants sont maltraités chez eux. Il y a tout de  même des signes qui ne trompent pas et qui peuvent amener des responsables à surveiller, d'abord discrètement puis plus ouvertement s'il le faut. Mais, de grâce, ne donnons pas aux enfants la responsabilité d'aller dénoncer leurs parents ! Je trouve ça horrible et ça me rappelle une certaine époque....Mon mari qui avait été déporté en Allemagne comme les jeunes de sa génération, avait été choqué que des enfants là-bas, au nom de je ne sais quel ordre, dénoncent s'ils le jugeaient utile, parents ou voisins....

                                        Un enfant, c'est fragile psychologiquement, peut-être plus que physiquement. Donnons-lui les responsabilités de son âge. Éduquons-le...c'est peut-être ça qui manque un peu actuellement. Apprenons-lui à respecter et à aimer les autres, à bien construire sa vie. Il y a déjà bien du travail et tout ça peut être fait...sans fessée ! Éduquons les enfants et les parents aussi parfois car ils sont responsables de leurs enfants et de leur devenir. Aimer ses enfants, ce n'est pas faire toutes leurs volontés. C'est essayer d'en faire des adultes "bien dans leur peau" et bien armés pour la vie. Ils en auront besoin. Je dis bien essayer car ce n'est pas toujours facile...

                                        Mon père me disait toujours (surtout quand je demandais une permission qui me semblait un peu délicate !) "Fais ce que ta conscience te dit de faire"...Je ne suis pas certaine qu'il ait eu raison...ma conscience m'a toujours "titillée", même quand j'étais bien jeune. Il croyait bien faire sans doute..Mais s'il m'avait donné une fessée, ça m'aurait ensuite beaucoup moins travaillée et marquée...



                                   

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Ces examens qui n'existent plus...

par Geneviève Cotty

                                      Le baccalauréat....et autres...ou la clé de l'avenir.

                                      Depuis hier 16 juin, des centaines de milliers d'élèves des classes terminales sont sur les dents ! Ils affrontent ce "bac" loué par certains, décrié par d'autres, bien préparé par certains et...moins bien par d'autres ! Ce qui est certain, c'est qu'à notre époque, ce fichu bac il est préférable de l'avoir en poche ! Ce n'est pas la clé du Paradis, mais c'est la clé qui va ouvrir l'Avenir... C'est comme la rougeole, il faut l'avoir. Encore que maintenant je crois que les enfants n'ont plus la rougeole, ils sont vaccinés ! Mais pour le bac, nous n'en sommes pas là... Alors voilà pourquoi actuellement tous ceux qui ont reçu leur convocation transpirent sur leurs copies ! Et c'est aussi pourquoi je pense à eux en ce moment....Dures, dures journées... On savait tout (ou presque) et on s'aperçoit qu'on ne sait plus rien (ou presque). Tout se mélange...Choisir un sujet dans cet état ! Plaignons ces jeunes...Mais non, tout comme l'ex-service militaire, ça leur fera des souvenirs. Et la récompense est au bout : l'entrée en faculté, ou en grande Ecole, tout ça après avoir ajouté quelques années d'études bien entendu. Et ensuite le travail pour enfin gagner un peu d'argent et, il faut bien le dire, soulager un peu les parents ! Mais entre les études et le travail...aïe, parcours du combattant ! C'est la vie actuelle, avec promesse de la retraite au bout...oui, mais quand ? Allez, courage, le chemin sera long.

                                       Moi je me souviens des examens de jadis (avant la guerre). Il y avait pour quelques uns la filière du bac, pour d'autres des filières tout aussi enrichissantes, mais un peu plus courtes. Tout d'abord, ce Certificat d'Etudes qui mettait les familles en transe tout autant que le bac maintenant. Celui-là aussi il fallait le décrocher. Beaucoup s'arrêtaient après l'avoir obtenu, soit pour aller travailler (déjà), soit pour aller en apprentissage, soit pour se diriger vers le Brevet Élémentaire et même, si tout allait bien, le Brevet Supérieur qui luipouvait, au même titre que le Bac, vous ouvrir la porte des facultés....Mais on pouvait "s'arrêter en cours de route", on avait déjà un bagage et des connaissances. Combien de personnes arrivées à des postes assez importants, étaient passées par cette filière ! Très peu d'élèves passaient le bac. Les salaires n'étaient pas élevés, il n'y avait pas d'aides ou presque pas et les études coûtaient très cher. Les enfants partaient travailler jeunes, voire même très jeunes pour certains. Époque révolue avec les progrès de tous ordres, et c'est tant mieux. Ah ! oui, les élèves très doués et dont les parents étaient très modestes, pouvaient passer le concours des Bourses, ce qui leur permettait s'ils étaient reçus, d'obtenir une bourse d'étude....Il y avait "beaucoup d'appelés, mais peu d'élus", un concours ...est un concours.

                                         Je mets en parallèle deux époques qui ne sont pas tout à fait comparables. Les temps ont changé, des avancées sociales importantes font que beaucoup d'élèves peuvent aller jusqu'au bac. Et après ? Après, la volonté, le courage, la chance aussi parfois aidant, je souhaite à tous de réussir leur vie, même s'ils n'obtiennent pas ce sésame....C'est comme pour les jeux olympiques, l'essentiel, c'est de participer en y mettant tout son coeur et tout son courage...

                                          Bonne chance à tous !

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L'Etoile de David....

par Geneviève Cotty

                                      Pourquoi ce souvenir me revient-il à l'esprit aujourd'hui ?  Parce qu'il fait partie d'un tout qui a tellement marqué ma jeunesse et celle de biens d'autres ...

                                      C'était en 1942. J'étais à PARIS, dans le métro. Rien de spécial, les voyageurs étaient comme toujours en partie français et en partie allemands...occupation oblige ! A une station, monte un jeune garçon d'une dizaine d'années, pas plus. Il était magnifique ce petit, une tête d'ange et un air tellement sérieux pour un enfant. Tout à coup, je m'aperçois qu'il avait sur son costume, bien cousue, l'étoile de David....Quel choc ce fût pour moi. J'avais la gorge serrée...un enfant à qui on imposait cette marque pour le différencier de qui ? Comment avait-on pu laisser faire une telle chose ? J'étais très triste et très souvent je me suis demandée ce qu'il était devenu....Pourquoi lui, alors que tant d'autres portaient cette étoile et peut-être un peu dans l'indifférence générale ? Sans doute parce que ce jour-là j'ai encore pris davantage conscience de ce qui se passait en France...Et ce petit était si digne ! il revenait de l'école certainement car il portait un cartable....L'innocence marquée au fer....Qui sait s'il avait encore ses parents ? Un enfant de cet âge, ça doit rire et celui-là semblait trop sérieux...Quelles images avait-il en tête ?

                                        Parce qu'un fou il faut bien le dire, avait décrété qu'il y avait des races inférieures ! inférieures à quoi et à qui ? Parce que d'autres fous le suivaient dans ses idées d'illuminé.... Pourquoi ? parce que ? ce ne sont pas des raisons. Quelle triste époque que celle-là.... Tous les êtres humains doivent (ou devraient être égaux). 

                                        Petit garçon, j'ai pensé bien souvent à toi....J'ose espérer que tu as pu sortir de cet enfer ainsi que ta famille et que plus jamais on ne verra ces images insoutenables d'êtres mis à l'index parce qu'ils ne sont pas conformes "aux normes" inventées par d'autres êtres... 

                                        "Si tous les gars du monde pouvaient se donner la main"......Rêve ou bientôt réalité ?

                                        

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En rentrant d'exode....

par Geneviève Cotty

                                      Le 22 juin 1940, signature de l'armistice entre la France et l'Allemagne....Je me souviens parfaitement de ce jour...J'étais à VIERZON chez des gens charmants qui avaient bien voulu nous héberger provisoirement. Il s'agissait de deux frères avec leur famille respective qui habitaient une grande maison. Non seulement ils nous logeaient, mais nous avions droit à des légumes de leur jardin. C'était très appréciable à une époque où, malheureusement certains "français" faisaient payer aux réfugiés....un simple verre d'eau. Oui, cela a existé...il est préférable de l'oublier. Par contre, ne jamais oublier qu'une grande partie de la population a été "bien"et s'est montrée dévouée. Nos logeurs, ces deux hommes, étaient des anciens combattants de la guerre de 1914-1918. Le jour où le maréchal PETAIN a demandé l'armistice, l'un d'eux est venu nous l'annoncer en pleurant de dépit, de honte et parce qu'il  avait mal à son Pays. Nous ne savions plus quoi dire ! notre pauvre France qu'on pensait invulnérable était tout bonnement à plat...et nous étions occupés ! Quel allait être notre devenir ? Et qu'adviendrait-il de tous ces soldats qui avaient été faits prisonniers pendant ces quelques semaines de guerre ? Je connais peu de gens alors qui n'aient pas été tristes même s'ils étaient soulagés de voir les combats cesser. Dure, dure période.

                                         Nous sommes donc rentrés dans nos foyers, avec quelqes difficultés...Il n'était pas facile de trouver une voiture ! et surtout de l'essence.  Je ne me souviens pas très  bien comment ma famille a fait (moi j'avais à peine 18 ans et je ne m'occupais pas de l'intendance...) Est-ce que je me laissais vivre ? C'était tout à fait provisoire alors car bientôt, les responsabilités ne manqueraient pas ! On vieillit vite parfois...

                                         J'ai retrouvé ma mère à Juvisy et cette maison trop grande pour nous deux...Je l'ai déjà dit, ma mère, Lorraine, supportait très mal l'occupation...Elle avait des souvenirs qui n'étaient pas très anciens...Mais elle était très courageuse et nous avons organisé tant bien que mal ce semblant de vie. Faire comme si....S'il y a eu (et il y en a eu c'est certain) des personnes qui se sont adaptées sans complexes à cette situation nouvelle pour des raisons qu'il est préférable de ne pas chercher à approfondir, combien d'autres se sont redressées pour faire front et montrer aux occupants qu'il fallait compter avec elles...Des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des femmes n'ont pas voulu abdiquer.... La résistance par tous les moyens et ils étaient nombreux...Ah oui, elle a existé dès le début cette résistance. Nous crevions de faim ? nous faisions avec (en rouspétant bien sûr, nous sommes français...). Nous n'avions pas de vêtements nouveaux ? pas grave, on a rafistolé tout ce qui pouvait l'être, remis à la taille des enfants des robes ou costumes de leurs parents, tout ça avec la plus grande coquetterie ! on a lancé des modes : vêtements à deux  ou trois couleurs, pulls tricotés avec des restants de laine des années précédentes, avec forces rayures....Avec un peu d'idée, on arrivait à faire des jolies choses ! Et la mode des turbans remplaçant les chapeaux ! ça c'était génial ! très, très élégant...Chaque femme avait "son truc" pour les faire ! (moi, je les "travaillais" sur une passoire qui me servait de tête à coiffer!!!). Tout ceci énervait prodigieusement les allemands ! Je ne dirai pas que c'était l'unique but recherché...mais tout de même....

                                            Et je ne parle pas des recettes de cuisine ! là aussi, chacun avait son truc ! J'étais J3 et j'avais donc droit à 1/4 de litre de lait écrémé par jour. Tous les jours, ma mère faisait bouillir ce lait et ramassait la peau qui se formait dessus...et avec ça, elle faisait une sorte de gâteau qui était délicieux...gâteau de régime puisque sans gras, sans beaucoup de sucre (on gardait le sucre uniquement pour faire de la "pâtisserie"; pour le matin, rien ou saccharine !). Et tellement d'autres recettes....

                                            Et la Résistance à l'occupant, avec toutes ses actions qui ont d'abord ralenti le cours des opérations et ensuite permis notre libération. Tous ces hommes, ces femmes qui ont travaillé dans l'ombre avec des risques immenses et un seul but : retrouver l'honneur de notre Pays et son indépendance. Je crois que nous pouvons en être très fiers et reconnaissants...Je pense à un ami de mon frère, Jean Legourd....(lien : Carolus)

                                             Je me répète...ce mois de juin me fait beaucoup penser...Je vais quand même essayer de tourner la page trè prochainement !

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C'était en juin 1940....Exode...

par Geneviève Cotty

       ve                               Exode de mai-Juin 1940 -

                                      Pourquoi n'arrive-t-on pas à se débarrasser de certains souvenirs ? c'est le cas entre autres, de cette période de Mai et Juin 1940 qui a vue la France entière sur les routes.

                                      Depuis le 10 mai 1940, tout allait mal. on craignait le pire, c'est-à-dire l'arrivée des troupes allemandes sur PARIS. L'exode des populations du Nord et de l'Est de la France était déjà en route. Début Juin, des entreprises, commerces, bureaux etc...de PARIS fermaient les uns après les autres. Puis les administrations ont suivi. Tous voulaient se replier vers le Sud. Plus rien ne fonctionnait normalement. Le 13 Juin mon père qui était mobilisé à PARIS dans la DCA, "suit le mouvement" et s'en va avec sa compagnie en direction des Pyrénées ! Auparavant, il demande à ma mère et à moi de quitter notre maison de banlieue, par prudence...pour aller où ? bonne question ! Ma mère refuse mais m'expédie avec de la famille direction VENEUX-les-SABLONS, en forêt de Fontainebleau. Pour arriver à Veneux, nous faisons une partie du chemin à pieds, à partir de MELUN : il n'y avait plus aucun train en circulation. Je trouve cette situation très désagréable...Et je n'avais pas encore tout vu !

                                       Nous ne resterons à VENEUX que deux jours, les allemands ayant eu vraisemblablement la même idée et nous ayant rattrapés. Nous quittons donc les lieux le matin du 16 Juin, emmenés dans un camion militaire qui transportait...des munitions sur lesquelles nous étions assis sans le savoir bien sûr ! Secret militaire ! Et en avant toute, pour aller si possible, de l'autre côté de la Loire....Mais pour traverser un fleuve, il est préférable de disposer d'un pont...Le problème était là...L'armée faisait sauter les ponts pour que les envahisseurs ne puissent traverser....Après avoir fait demi-tour en différents endroits les ponts ayant été détruits, nou arrivons vaille que vaille à SULLY-sur-LOIRE  où nous pouvons enfin emprunter le pont encore en service, mais plus pour longtemps. Nous avions essayé dans la nuit de passer à GIEN où un spectacle horrible nous attendait : la ville était en flammes à la suite d'un bombardement. Des gens criaient, s'interpellaient sur les bas-côtés de la route, cherchaient qui des enfants, qui des parents. Le film JEUX INTERDITS retrace à la perfection cette ambiance...Quels souvenirs...

                                        Tout ceci pour arriver à VIERZON où les allemands étaient là.....C'en était terminé de l'espoir de les arrêter en route....Cet exode que nous avons fait la peur au ventre était-il bien utile ? Il y eut beaucoup de morts sur les routes par suite des bombardements et des mitraillages incessants par les avions allemands et italiens....Ces avions en piqué sur les files de réfugiés, peut-on oublier ça ? Moi, j'étais séparée de mes parents (ma mère avait été obligée de quitter la maison à son grand regret et je ne savais où elle se trouvait)...C'était une époque hors du commun....Puis l'armistice a été signé...la suite, je l'ai déjà racontée.

                                        Il y en avait des choses à reconstruire...mais on ne nous avait pas indiqué de "date limite"....

                      

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Ce 9 juin 1940....

par Geneviève Cotty

                            C'était un dimanche d'été mais qu'on ne pouvait apprécier normalement. La guerre était bien présente depuis le 10 mai. Notre armée essayait vaille que vaille de sauver ce qui ne pouvait plus l'être...Sur les routes, c'était l'exode des populations.

                             Toi, mon frère (nous ne le saurons que deux années plus tard), tu étais pris dans cette tourmente, dans un village de l'Oise. Tu n'avais pas encore 19 ans....et tu gardais confiance dans notre pays que tu aimais tant. Il était midi et vous étiez avec une poignée d'hommes, encerclés dans la gare de Montigny...Vous n'avez pas voulu vous rendre. Une grenade allemande a eu raison de ta résistance; touché à la tête, tu t'es écroulé sur ta mitrailleuse ! Tes camarades sont morts aussi.... Votre sacrifice a-t-il servi à quelque chose ? Dans l'immédiat, non. Mais c'était quand même le début de la résistance qui a aidé à la Libération...D'autres sont venus et ont pris la relève pour que nous restions libres. Alors, merci à toi, merci à tous...

                             Moi, je garde le souvenir de ce garçon de 18 ans, rieur, chahuteur, taquin....Un frère en un mot.link

                             

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Hymne à la vieillesse...

par Geneviève Cotty

                                      Décidément, que de sujets de réflexion ! ces jours-ci, on parle beaucoup de l'espérance de vie qui ne cesse d'augmenter. Que ce soit à la radio, à la télévision, il n'est pas rare d'avoir des émissions sur les centenaires. Les enfants ne savent plus où donner de la tête avec tous ces grands-parents, arrières grands-parents qui se maintiennent, pour certains au mieux de leur forme...

                                      Que voulez-vous....le vieillesse n'est ni une fatalité, ni une maladie...C'est inéluctable, nous vieillissons tous et il nous faut bien 'faire avec". Alors, faisons avec pour le mieux, surtout si nous avons la chance d'être en bonne santé ! Bon, d'accord, les personnes âgées (mais au fait à quel âge entre-t-on dans cette catégorie ?) sont un peu comme les vieilles voitures qui roulent toujours au bout de milliers de kilomètres ! Si les contrôles techniques étaient obligatoires comme pour les voitures...il y aurait sûrement quelques petites anomalies ! C'est tout à fait normal..On ne peut être et avoir été dit-on. Très souvent, la vieillesse c'est dans la tête. Et si la tête reste jeune (enfin presque), on supporte mieux le poids des années même si le physique ne suit pas toujours très bien !

                                       C'est un sujet qui m'intéresse, et pour cause !!! Pourquoi y a-t-il des jeunes qui sont vieux dans leur tête et des vieux qui sont jeunes...dans leur tête ? Je pense qu'il ne faut pas baisser les bras trop tôt. Se dire qu'on est vieux n'arrange rien et surtout chercher dès le matin au réveil de quelle maladie on peut bien être atteint....alors là, c'est la dernière des choses à faire. Il n'y a rien de tel pour vous saper le moral ! C'est déjà bien suffisant que certaines personnes soient vraiment malades, avec des vraies maladies liées à l'âge ou non et qui empêchent "la tête et les jambes" d'aller jusqu'au bout de cette vie. Si nous ne pouvons plus avoir les mêmes activités physiques, soyons heureux si nous pouvons les remplacer par d'autres activités aussi enrichissantes...en un mot, ne nous plaignons pas ! Trop optimiste ? non, j'ai comme tout le monde des petits moments où je me pose des questions sur cette vie prolongée maintenant. Il faut profiter des petits bonheurs qui se présentent....visites, coups de fil des enfants ou petits-enfants. J'ai cette chance. Malheureusement, je connais autour de moi des personnes moins gâtées et mises un peu "sur la touche". Oui, pour elles, c'est très dur et j'en suis bien consciente. La vie peut être très cruelle.

                                         Je disais plus haut que certains jeunes étaient vieux....C'est une image et je le pense vaiment. Mais je me rends bien compte que les soucis ne leur manquent pas à l'époque actuelle, soucis liés à la précarité du travail très souvent, aux études.... Les personnes de ma génération, bien qu'ayant connu la guerre et souffert par elle, ont eu cette chance inouïe de vivre à une époque qui nous a permis de voir tant de progrès arriver, pour notre plus grand bien. Époque bénie où le travail n'était pas un problème...Alors, acceptons cette nouvelle chance qui nous est donnée et nous permet de voir la naissance d'arrières petits-enfants....Ce n'était pas courant jadis...Nous avons connu bien des disparitions dans nos familles. N'en rajoutons pas. Prenons encore de la vie ce qu'elle peut nous donner, tant que nous le pouvons. Santé et vieillesse sont fragiles, n'anticipons pas !

                                         Et pensons à ceux qui nous entourent...Faisons-leur voir ce que c'est d'être vieux, ils accepteront mieux quand leur tour viendra !

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Hier et aujourd'hui.....quelques réflexions

par Geneviève Cotty

                                      Que de choses ont changé depuis ma naissance ! Peut-on vraiment s'imaginer, lorsqu'on est né après la dernière guerre mondiale, que tout ce qui existe maintenant n'existait pas avant ? Et pourtant....Lorsque je compare la vie actuelle avec celle qui fût mienne dans ma jeunesse, je ne peux moi-même y croire ! Evidemment, un enfant est resté un enfant avec ses petites joies qui pour lui sont de grands bonheurs et ses petites peines qui pour lui sont des catastrophes ! L'enfant ne sait pas toujours évaluer heureusement . C'est ce qui lui permet cette insouciance , privilège de la jeunesse. Je n'en veux pour preuve que notre vie pendant la guerre. Les jeunes enfants d'alors, n'ont pas réalisé comme les plus âgés...Je l'ai constaté pendant l'exode de juin 1940 et pendant le bombardement que nous avons subi à Athis/Juvisy en avril 1944.  En juin 1940, j'ai parcouru les routes (!) avec des cousins de dix ans mes cadets. Ils n'ont pas tout à fait les mêmes souvenirs que moi. Ils ne se rendaient pas exactement compte du danger de ces avions qui nous mitraillaient sur les routes...et ils arrivaient à dormir !

                                         Grands bonheurs, petites peines, c'est ce qui fait le charme des souvenirs d'enfance qu'on a tendance peut-être à enjoliver un peu, sans s'en rendre compte ! C'est la vérité de l'enfant, il n'invente pas, il a vraiment vu, avec ses yeux, ce qu'il raconte... N'est-ce pas merveilleux ?

                                          Pour en revenir aux changements, ceux-ci commencent dès la naissance ! Jadis et même à une époque pas tellement éloignée, on emmaillotait les bébés après leur avoir mis couches, pointes etc...Ils étaient littéralement saucissonnés ! Je l'ai fait pour mes enfants... Maintenant, on a envoyé promener tout ça pour le plus grand bien du bébé et de la maman ! Parce que ces couches, ce maillot épais, il fallait les laver, à la main et surtout, les faire sécher ! pas de machine à laver, pas de sèche-linge...Et je crois vraiment que l'enfant est infiniment mieux maintenant, presque toujours "tenu au sec" et pouvant laisser aller ses membres en toute liberté ! Tout le monde y gagne. ..Les biberons se donnaient à heure fixe, toutes les trois heures....et étaient pris jusqu'à un âge relativement avancé. Tout a bien changé et les bébés sont aussi bien-portants et grandissent normalement ! Donc, changement réussi .

                                         Petit à petit, les progrès sont venus pour nous faciliter la vie et la rendre plus agréable. Eau dans chaque maison, Électricité (ah cette fée ! ) dont tout le monde ne bénéficiait pas lorsque j'étais très jeune, TSF, voitures automobiles...puis après la guerre le sacro-saint électro-ménager ! ah ça, quel progrès ! et la Télévision, et le téléphone chez pratiquement tout le monde (très difficile à obtenir avant les années 1960 !), et l'ordinateur qui me permet de raconter tout ce qui me passe par la tête...Est-ce que les jeunes peuvent imaginer une vie sans télévision et sans ordinateur ? J'y ajoute même timidement le téléphone portable...

                                         Que faut-il en conclure ? que l'époque actuelle a du bon même si "la mienne", plus ancienne, avait son charme...Si seulement il n'y avait pas eu cet intermède 1939-1945. Et si actuellement  "tous les gars du monde pouvaient se donner la main". 

                                          Il y a encore bien du travail.



                                         

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Nos ancêtres les gaulois...jadis et maintenant...

par Geneviève Cotty

                                      Ne manges pas avec tes doigts -

                                      Lorsque j'étais enfant et même des années après la guerre, combien de fois entendait-on cette recommandation faite par les parents aux enfants qui essayaient de se servir de leurs outils personnels pour prendre de la nourriture ! Dans toutes les familles, c'était ainsi....ça faisait partie de l'éducation. Et je ne pense pas que cela ait changé....Alors, aujourd'hui à l'heure du repas, j'ai vu à la télévision une publicité qui me donne à penser....C'est une heure de grande écoute... Une publicité pour du jambon (de porc, de poulet, d'éléphant ou de girafe....peu importe), représentait une maman et sa fille qui mangeaient une tranche de viande en la roulant et en la mangeant allègrement à la main ! Bon, me direz-vous, ce n'est pas grave ! non bien sûr ! mais comment peut-on, quelques minutes après dire à sa fille qui a bien retenu la leçon et a trouvé ça "rigolo" "ne manges pas avec tes doigts" !  C'est absolument illogique.  Ou bien on écoute sa mère, ou on copie ce qui se fait à la télé .... Ce n'est qu'un exemple sans grande importance, mais je me demande si une publicité de ce genre fera vendre davantage de jambon ? A coup sûr, elle laissera des traces. Les enfants font confiance à la mère qu'ils admirent...et à la publicité qui les amuse . Qui l'emportera  ? La solution de facilité ? Ou les règles de base de l'éducation ?

                                       J'ai pris cet exemple parce qu'il en fallait bien un et que c'était "tout frais" dans mon esprit ! Mais combien d'autres publicités seraient à revoir ? Les publicitaires qui sont très souvent des artistes et que j'admire, ne sont certainement pas à court  d'idées..... Pourquoi montrer des mamans (encore) qui se servent dans un pot de confitures ou des yaourts avec un doigt ? J'avoue que la nécessité m'échappe ! Les clients potentiels ne sont quand même pas des débiles sans aucune éducation....Et je vois aussi le manque de respect envers "l'autre". Rester correct devant quelqu'un, c'est le respecter... Je ne crois pas que ce soit retarder de parler comme ça...De mon temps...ah non, je ne veux pas vous fatiguer avec mon temps. Il était, ce qu'il était. Il y avait du bon et du moins bon. Les progrès sont venus et c'est très bien, il y en avait besoin.  Mais progresser ne veut pas dire "revenir en arrière" ! or manger avec ses doigts, ne plus savoir toujours dire merci ou s'il vous plaît, est-ce que c'est progresser ?

                                        Nos ancêtres les gaulois...et même leurs prédécesseurs....mangeaient des racines, de la viande crue....tout ça sans assisttes, sans couverts ! ils n'en avaient pas besoin, leurs mains leur suffisaient ! il parait même que les Huns faisaient cuire leur viande sur la selle de leurs chevaux, en s'asseyant dessus ! Pourquoi ne pas en faire autant ? Parce que des petits fûtés ont, petit à petit, inventé des instruments qui nous rendent d'immenses services ! Et qui sont infiniment plus hygiéniques et propres . L'ensemble s'appelle vaisselle, couverts, verres etc....Qu'est-ce que c'est pratique ! 

                                         Alors, messieurs les publicitaires, montrez-nous une belle tranche de jambon, dans une belle assiette qui la rendra appétissante, et même avec un petit décor pour les enfants, ça les amusera et leur donnera faim. Se mettre à table, c'est déjà une grande joie que beaucoup aimeraient avoir....et que tous n'ont pas actuellement.

                                        Les gaulois, c'est loin, il y a tout de même eu depuis eux quelques progrès !

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Temps nouveaux...techniques nouvelles...

par Geneviève Cotty

                                      Il m'arrive de me demander si la vie moderne n'a pas évolué un peu trop rapidement pour moi ? Je fais de très gros efforts pour m'adapter, mais il faut bien le reconnaître, entre le téléphone portable et l'ordinateur, j'ai parfois de gros soucis ! Aujourd'hui en particulier ! Si je ne comprends pas toujours pourquoi ça ne marche pas, il m'arrive souvent de me demander "pourquoi ça marche" ...Là, je parle de l'ordinateur ! Que de mystères avec cet engin dont je ne saurais plus me passer...

                                       Pour les maths dans ma jeunesse, c'était la même chose ! Alors que je ne détestais pas cette matière, elle me donnait bien du fil à retordre ! Contrairement à mon frère André, matheux comme ce n'était  pas possible et qui ne rêvait que d'équations plus compliquées les unes que les autres, moi je restais absolument de marbre devant toutes ces inconnues qui le ravissaient ! ce n'est pas moi qui aurait choisi l'Ecole Polytechnique....Je ne me souviens plus du nom d'un de ses professeurs de maths-physique-chimie au collège St Charles à Juvisy, professeur que j'ai eu aussi en physique -chimie à une époque où les élèves de mon école (Ecole Ste Anne) bénéficiaient du laboratoire du collège pour ces cours; ce dont je me souviens, c'est que la première fois que cet enseignant m'a vue, il était ravi et m'a dit "ah, vous êtes la soeur d'André, c'est un très bon élève" sous-entendu, j'espère que ça sera la même chose avec vous ! Le pauvre ! Je pense que j'ai dû être la cause de ses premiers cheveux blancs !

                                       Ceci étant et pour en revenir aux techniques modernes, j'adore l'ordinateur qui ne me rend pas toujours cette affection ! Heureusement que je suis entêtée ! Et pourtant, puisque ces techniques existent il faut bien évoluer aussi ! Lorsque j'ai commencé à travailler, je tapais à la machine sur une vieille machine Royal je crois. Et je faisais des paies d'ouvriers dans une entreprise...Tout à la main, opérations comprises. Et il fallait reporter l'ensemble des paies sur des états...Cela prenait plusieurs jours....vérifications comprises (colonnes de chiffres verticalement, horizontalement, il fallait que tout "tombe juste", au centime près !) . Maintenant, en quelques clics bien placés (ça c'est important...) on a tout. Vive le progrès.....Et quand il y a une erreur..."c'est pas moi , c'est l'ordinateur" ! Il sera puni, oui, mais comment ? J'ai essayé de l'éteindre, il s'en moque éperdument ! on est obligé de s'accrocher. Il ne risque pas le renvoi lui ! Moi non plus d'ailleurs, ce n'est plus de mon âge ! Mais je me demande pourquoi ça semble si facile à des enfants ....

                                         Malgré toutes ces petites difficultés que je rencontre de temps en temps, je crois fermement qu'il faudrait que toutes les personnes dont la jeunesse s'éloigne (tout ça pour dire les personnes âgées), s'adaptent à ces techniques mises à la disposition de ce siècle. Quels profits on peut en tirer ! L'ennui s'en va, la mémoire s'entretient, la santé s'améliore ! Et on apprend encore quelque chose ! ça, c'est un grand bonheur...Eviter le repli sur soi et garder confiance dans ses possibilités, n'est-ce pas un beau programme ? Alors, au diable mon ordinateur, je ne cèderai pas, il faudra bien qu'il m'obéisse (même s'il me faut recommencer plusieurs fois mon travail du moment) ! "vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage..." c'est toujours d'actualité.

                                         Mon autre problème ? le téléphone portable ! je n'aime pas et je le laisse éteint ! Et pourtant, ce n'est pas bien compliqué...mais là, nous n'avons pas d'atomes crochus ! On ne peut pas tout aimer ! Par contre, je suis une inconditionnelle de tous les appareils ménagers (ah ces aspirateurs , mixers, machines à laver ...) que de services ils m'ont rendu et me rendent encore ! Et pour eux, c'est bien moi qui commande ! Ah mais !

                                          

                                      

                                     

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