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Quand j'étais jeune...

par Geneviève Cotty

                                      Le Tour de France -

                                      Je viens de lire que le Tour de France 2008 commençait Samedi 5 juillet. Et voilà ! me voici repartie dans mes souvenirs de jeunesse ! Nous habitions alors en banlieue de PARIS. Tous les gamins du quartier, mon frère et moi compris, étions passionnés par cette course ! C'est que nous les admirions ces coureurs...Leur courage, leur puissance, leur génie nous faisaient rêver ! Même les filles qui à l'époque étaient plus intéressées par les poupées et les dînettes.... Mais, le Tour, c'était une vraie passion !

                                       Il n'y avait pas de télévision pour suivre étapes et arrivées, mais chez nous, nous avions (depuis peu) la TSF ! Nous étions donc favorisés et ma mère qui voulait que tout le monde puisse profiter de cet objet miracle à cette occasion, ouvrait les fenêtres et mettait le poste très fort (encore plus que ça si vous voyez ce que je veux dire ...) pour permettre aux enfants du quartier d'écouter les commentaires ! Ils s'asseyaient sur le mur et admiraient ou critiquaient suivant le cas ! Chacun avait son préféré et l'encourageait.

                                       Ce qu'ils admiraient le plus ? les coureurs ou ...les vélos ? Bonne question. Chacun des enfants n'avait pas de vélo alors...c'était un magnifique cadeau réservé en général en récompense du certificat d'études ...Alors, on rêvait qu'un jour peut-être ce Tour on pourrait le faire et surtout le gagner ! Le Tour se faisait entièrement en vélo...pas de train, pas d'avion...quand je dis en vélo, il arrivait parfois qu'une partie de l'étape se faisait à pieds avec le vélo sur le dos ! Il en fallait du courage....et ils en avaient. Quelques noms me reviennent à l'esprit : VIETTO, LAPEBIE, Antonin MAGNE et plus tard ROBIC.... Ils étaient tous des gloires nationales.

                                       Bien sûr, on les admire encore. Leur volonté, leur courage, rien ne manque. ROBIC, BOBET, ANQUETIL, HINAULT pour ne citer que ceux-là plus près de nous, et tous ceux des autres pays dont les noms ne me reviennent pas (je ne suis pas très sportive !!) ont donné et donnent encore au Tour de France cette "aura" qui en fait son charme. Et personnellement j'éprouve un plaisir certain à regarder le déroulement des étapes à la Télévision ! J'adorais le vélo...c'est peut-être la raison de ce plaisir que je ne me refuse pas !

                                        Je regrette simplement que parfois, il soit question de dopage...pour des questions de "gros sous" ? Je ne veux pas être médisante.

                                         Vive le Tour 2008. Bon courage à tous !

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Le voyage merveilleux...

par Geneviève Cotty

                                      C'était l'été 1931 -

                                      Une chanson était fredonnée à tous les coins de rue, qui débutait par "Viens ma chérie, veux-tu que nous allions à l'ex, à l'ex, à l'exposition..." Je n'en sais pas plus,  les paroles ne m'ont pas marquée à tout jamais, mais je me souviens .....

                                      L'Exposition Coloniale venait d'être inaugurée. J'en avais entendu parler à la maison, mais comme tous les enfants (j'étais alors très jeune), je ne me rendais pas très bien compte de ce que cela voulait dire ! Jusqu'au jour où mon père a décidé de nous emmener voir cette exposition. Il aimait beaucoup nous faire visiter des sites, des cathédrales, même...les champs de bataille de la Grande Guerre. Programme très varié !

                                      Nous voici donc partis pour PARIS un après-midi et nous retrouvons là-bas des amis de mes parents, accompagnés aussi de leurs enfants. Nous étions heureux de nous retrouver entre gosses, pour le reste "on verrait bien"! Et on a vu.....Un spectacle absolument inoubliable...l'émerveillement total...C'était dans le Bois de Vincennes, à la Porte Dorée. Chaque pays de la France d'Outre-mer comme on disait alors, avait reconstitué des villages, des monuments, des commerces, de l'artisanat local....Le bois de Vincennes avait été complètement transformé et on se serait cru si loin de Paris avec toute cette foule bariolée, chaque membre des différentes communautés en costume national... Je crois que je n'ai jamais rien vu d'aussi beau. Nous étions complètement dépaysés...Je me souviens en particulier de la reconstitution exacte du Temple d'ANKOR, et tant d'autres temples, mosquées, monuments qui nous faisaient admirer ces beaux pays...Nous avions vraiment l'impression d'avoir fait le plus beau des voyages et que tout était vrai ! Le soir, nous avons dîné au restaurant (au bord de l'eau il me semble, mais quelle rivière ? ça, je ne m'en souviens plus). Et ensuite, à la nuit, promenade dans le petit train qui circulait à travers toute l'exposition...Tout était illuminé...Là, je ne trouve pas de mots pour décrire. En y pensant, j'ai encore le coeur serré ! Cela arrive quand les spectacles sont trop beaux et que ça semble irréel ....

                                        Et retour en banlieue, à Juvisy...Il faut bien se réveiller à un moment, on ne peut pas toujours rêver ! Mais quels souvenirs j'en ai gardés. Nous avions rapporté des images, des cartes, des photos, des souvenirs...Mais, comme tout le reste, tout est parti dans un éclat de bombe ! C'était éphémère....

                                        De cette magnifique exposition, il y a encore des traces dans le bois de Vincennes. Il y a bien des années, le temple d'Ankor existait encore et aussi d'autres constructions...Mais...Et le zoo de Vincennes a pris naissance à cette époque aussi. Le grand Rocher avait été construit à cette période. Et aussi (je crois) le Musée de la France d'Outre-Mer et..beaucoup d'autres sites que les petits parisiens et les touristes peuvent voir grâce à cette Exposition Coloniale de 1931...Beaucoup de dégradations ont eu lieu, les beaux sites ça s'entretient...en principe ...Et celui-là était si beau.

 

                                         

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Comme un papillon....

par Geneviève Cotty

                                  
                                    
Ces mots attrapés au vol -

                                     Souvenirs, souvenirs.....Comment font-ils pour revenir à la surface tout à coup ? On les croit bien enfouis au plus profond de soi, on n'y pense même plus et puis...hop...pour un simple petit mot attrapé au passage, les voilà qui reviennent ! Quelqu'un m'a écrit "...un éternuement et tous les souvenirs reviennent et la machine...est en marche...". Quelle puissance, quels pouvoirs ! Tous ces souvenirs que je raconte, ils arrivent sans crier gare ! Sont-ils bien classés dans mon esprit, chacun à leur place...ça m'étonnerait, le classement n'est pas ce que je préfère. La "partie invisible" de moi serait-elle mieux organisée que la "partie visible "? Voilà qui aurait fait bien plaisir à mes parents et à mon mari ... Non, je crois qu'on est ainsi fait : il y a des petits casiers dont la porte s'ouvre de temps en temps, sous l'impulsion d'un petit déclic. Le déclic pour moi, c'est un mot que je cueille au passage, tout en  étant occupée à autre chose. Il vole autour de moi comme un papillon...

                                      J'ai toujours adoré les mots. Un petit mot qui parfois semble si insignifiant, peut dire tellement de choses. Il peut faire tant de plaisir ou au contraire faire beaucoup de peine. Il n'y a pas besoin de grandes phrases pour ça. Joie, déception, proviennent très souvent d'un simple mot. Il suffit d'un rien. Et plus on vieillit, plus on s'en rend compte. Mais là, je m'éloigne de ma dissertation sur les souvenirs et comment ils me reviennent en foule ! A mon avis, l'âge y est pour beaucoup aussi... Je me souviens que ma mère m'avait dit une fois, alors qu'elle était déjà très âgée :"C'est curieux, quand on vieillit, les souvenirs d'enfance reviennent" ! Et elle reparlait de sa jeunesse en Lorraine. Je n'ai donc rien inventé !

                                       Ce qui aide aussi pour les souvenirs, ce sont des images fugitives ou non, vues ici ou là, à la télévision. Et les photos anciennes...oui mais là, je ne suis pas gâtée. Il ne me reste rien de ma naissance jusqu'en 1945...Bombardement oblige...Elles sont toutes restées au fond d'un immense trou, avec notre maison et tous les souvenirs palpables...Nous avons pu en récupérer seulement deux ou trois, sales et qui avaient séjourné dans l'eau. La famille aussi nous en a donné quelques unes.... C'est peut-être ridicule de dire ça,  mais parmi les objets que nous avons perdus, ce sont les photos qui me manquent le plus...J'aurai tant aimé que mes enfants voient des photos de mes grands-parents de Lorraine et de ce petit village où nous allions en vacances étant jeunes...Sentimentalité ou sensiblerie ? Non, seulement une immense peine pour ce manque.

                                       Toute cette palabre pour des mots qui tournent autour de moi...Comme des papillons...
                                      

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Vacances heureuses au bord de la mer...jadis.

par Geneviève Cotty

                                      Depuis quelques jours, il fait très chaud...32...33° et le soleil n'est pas avare. Dire que j'apprécie beaucoup serait mentir. Je ne suis pas du Sud mais je reconnais que c'est bien agréable d'avoir du beau temps, surtout à la période des vacances !

                                      Je pense que c'est ce beau temps qui me ramène à une époque de ma jeunesse qui m'a laissé de si bons souvenirs ...Pendant deux ou trois ans, nous sommes allés en vacances au bord de la mer, dans la baie du Mont St Michel, exactement à JULLOUVILLE-les-PINS....Mes parents louaient une villa avec  amis et  famille, à temps partagé. Je ne me rendais pas compte alors de la chance que nous avions simplement par le fait de pouvoir partir en vacances. Quand on est enfant, on trouve tout normal...Comme les parents ne restaient qu'une quinzaine de jours, les enfants eux avaient droit à beaucoup plus ! Chaque famille gardait, à tour de rôle, en plus de ses enfants, les enfants des autres ! C'était toute une organisation....

                                       Baignades, jeux dans le sable fin de cette belle plage, cours de gymnastique et...pêche à la crevette et aux coques ! Nous n'avions pas le temps de nous ennuyer...Cela n'avait rien à voir avec nos vacances précédentes en Lorraine chez nos grands-parents. Mais les deux étaient très bien. Et la mer, ça représentait quelque chose d'extraordinaire. La première fois que je l'avais vue, j'en avais eu le souffle coupé ! Nous étions loin d'être blasés.... Et le soir, il y avait la petite promenade à la tombée de la nuit avec nos parents, toujours au bord de la plage, point de ralliement de tous les vacanciers ! Nous avions de beaux maillots de bain qui laisseraient pantois les enfants de maintenant, mais que nous trouvions magnifiques ! la mode était ce qu'elle était !

                                        Plusieurs années après la guerre, mon mari et moi avons emmené notre trio à...Jullouville bien sûr ! J'ai retrouvé un peu l'ambiance de mon enfance et surtout les sucettes chaudes qu'on pouvait acheter après dîner, lors de la promenade traditionnelle du bord de mer...Les temps avaient changé, les maillots aussi, mais les petits plaisirs étaient les mêmes....

                                       Hourra ! c'étaient de belles vacances.........

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Mon cher enfant....vous avez tous les droits !

par Geneviève Cotty

                                      Cette gifle qui vous conduit au Tribunal -

                                      Monsieur le Professeur, vous voici aujourd'hui devant un Tribunal, parce qu'un gendarme (qui lui, n'aurait  certainement pas admis qu'un enfant dont il avait provisoirement la charge le traite de connard) a trouvé que pour un enseignant, recevoir devant toute une classe un tel affront de la part d'un élève, était tout à fait normal ! Et que donc, votre réaction consistant à donner une gifle audit élève était punissable....Ben voyons...

                                      Loin de moi l'idée de faire l'apologie de la gifle tout comme de la fessée .  Mais ne soyons pas ridicules ! Si un enfant de 11 ans se permet de répondre comme ça à un professeur, c'est qu'il y a quelques lacunes dans son éducation et on peut penser que ça ne s'arrangera pas tellement dans l'avenir, que ce soit envers ses maîtres ou envers ses parents. Monsieur le gendarme, acceptez-vous que votre fils vous traite de connard devant tout le monde et cela sans réagir ? J'en doute. Et  venant d'un enfant extérieur à votre famille ? j'en doute aussi !

                                      Il y a fort longtemps, quand j'étais très jeune, les instituteurs et institutrices étaient écoutés, obéis, et respectés. Parceque le respect, on nous l'apprenait dès la petite enfance...Cela faisait partie de "l'Education", qu'on soit enfant d'ouvriers, de bourgeois, de nobles...C'était ainsi. C'est vrai que nos maîtres ne nous frappaient pas, tout au moins à mon époque (mes parents eux avaient connu les coups de règles sur le bout des doigts...) Ils nous punissaient avec les armes qu'ils avaient à leur disposition : verbes à conjuguer, lignes à faire, retenues après la classe etc... c'était en rapport avec les bêtises que nous faisions. On ne les injuriait pas ! On ne leur donnait pas des coups de couteaux à l'occasion ! les parents ne venaient pas à la rescousse pour défendre leurs rejetons !Bien au contraire ! Étions-nous parfaits ? Pas du tout...simplement, on nous avait appris que dans la vie si on a des droits, on a aussi quelques devoirs ....

                                       Pouvons-nous vraiment condamner un enseignant qui s'énerve un peu parfois ? Bien sûr, il devrait garder son sang-froid, mais pensons à notre état d'esprit lorsque certains jours nos enfants sont particulièrement horripilants (ça arrive). Est-ce que nous n'avons pas des petites démangeaisons au bout des doigts
et très envie de sévir ! alors si, pour tout arranger, un de nos enfants nous traite de connard ou autre nom d'oiseau, personnellement je ne suis pas certaine de mes réactions, même si je suis beaucoup plus en faveur d'une punition que d'une gifle !

                                      Les enseignants ont peut-être eu des torts aussi en voulant trop faire "copain-copain" avec leurs élèves. Il faut savoir garder une certaine distance. Le tutoiement est peut-être bien, mais est-ce qu'il n'engendre pas trop l'irrespect ?  Je suis trop âgée pour être bon juge, mais je doute...Quels bénéfices tire-t-on de ces libertés, pour l'élève et pour l'enseignant ? Je ne critique pas, je me pose seulement quelques questions. J'ai encore beaucoup de choses à apprendre. Je suis vraiment d'un autre temps.

                                      Je vous souhaite Monsieur le Professeur de ne pas sortir trop meurtri de cette triste affaire. Vous avez un beau métier, il n'est pas facile. Mais il y a tout de même de bons enfants. Alors, gardons l'espoir...

                                      

                                     

                                     

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Papiers s'il vous plaît.....

par Geneviève Cotty

                                      Et voilà ! il m'a suffi d'un film regardé hier soir à la télévision (De guerre lasse), dans lequel cette phrase fatidique était prononcée par des soldats allemands, pour que me reviennent à l'esprit certaines peurs anciennes... "Papiers" prononcez "papirs"...Y avait-il s'il vous plaît qui suivait cet ordre ? a vrai dire, quand une telle injonction vous était faite de ce ton guttural...je ne me souviens plus si on s'arrêtait sur les formules de politesse ! Même avec la conscience tranquille, on tremblait...alors quand ce n'était pas le cas, il fallait "faire comme si" et obtempérer au plus vite ! mais sans laisser voir sa peur....

                                        Ces voix, ces bruits de bottes, le bruit des autos, ces arrêts intempestifs aux carrefours ou sur une route...Il fallait avoir le coeur solide pour supporter tout ça. L'occupant avait parfois des réflexes hyper-rapides qu'on ne pouvait prévoir et il était préférable de rester stoïque, même en cas de drame. Une de mes amies est arrivée à un lieu de rendez-vous que lui avait donné son mari résistant. C'était à Toulouse. Lorsqu'elle est arrivée, elle n'a pu que constater que son mari venait d'être abattu, presque sous ses yeux. Elle avait déjà deux enfants et attendait le troisième...Elle ne pouvait rien dire, rien faire, sauf à démanteler tout un réseau. Peut-on imaginer cette situation ?

                                         Combien de français et combien de gens dans le monde, ont vécu à cette époque avec la crainte d'un simple petit mot et d'un signe vous ordonnant de stopper si vous étiez à bicyclette ? Oui, nous avions peur et comme très souvent quand on a peur, on n'évalue pas le danger, poussé par une force invisible...J'ai connu ça et je me demande toujours comment j'ai fait ! On ne se connaît pas toujours soi-même...

                                          Les années ont passé, le monde change...Nos ennemis sont devenus nos amis. Certains parmi eux avaient beaucoup souffert aussi, et si on n'oublie pas tout à fait, la mémoire s'endort. Il suffit parfois d'un simple petit mot pour en réveiller une partie...C'est ce qui m'est arrivé hier...

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Quand arrivaient les grandes vacances....

par Geneviève Cotty

                                      C'était l'époque "d'avant-guerre" -

                                      En ce temps, l'année scolaire se terminait fin Juillet. Mais dès la fin juin, on commençait à penser très fort aux vacances. Les dernières compositions mensuelles avaient lieu courant Juin et ensuite c'était "travail à temps partiel" ou presque ! sauf pour ceux qui avaient des examens à passer (bac ou brevet élémentaire) qui avaient lieu en principe début juillet. Le traditionnel certificat d'études lui, se passait en Juin si je me souviens bien...Il nous restait à attendre le verdict : réussite aux examens, passage dans les classes supérieures ou éventuellement redoublement  quand ce n'était pas le départ définitif de l'école (suivant l'âge) et la connaissance avec le travail ! C'était assez courant....

                                      En attendant, les derniers jours d'école se passaient à faire des jeux, de la couture (pour les filles) , à rendre les livres ce qui impliquait de ne plus avoir de leçons à apprendre...La belle vie en un mot ! 

                                      Ensuite, en attendant la rentrée qui avait lieu le 1er octobre, ceux qui pouvaient aller en vacances, en règle générale dans la famille, prenaient le train vers des horizons pas très lointains mais qui semblaient être au bout du monde ! Pour la grande majorité, les vacances se passaient à la maison avec les parents...Mais il n'y avait plus, pendant deux mois, les contraintes habituelles des écoliers... Les parents avaient très peu de vacances pour raisons que j'appellerai "techniques" : pas de congés payés ! Les gens y regardaient à deux fois avant de prendre quelques jours à leur compte....Les salaires n'étaient pas toujours élevés... Et puis, il y a eu les avancées sociales de 1936 et les premiers congés payés ! 15 jours...Mais ça semblait extraordinaire et les plages ont commencé à se remplir...les campagnes aussi.  Et au retour des vacances, que de souvenirs à raconter !

                                     Les temps ont bien changé, mais à l'époque, nous ne nous estimions pas malheureux (surtout les enfants), nous ne connaissions pas autre chose. Nos parents eux, ont beaucoup plus apprécié les progrès sociaux dont les enfants ont bénéficié aussi, il faut bien le dire ! mais quand on est enfant, je ne crois pas qu'on se rende bien compte de la vie des parents....Égoïsme ? non. Insouciance certainement.....Puisque les parents se dévouent pour que leur petit monde soit heureux, c'est que tout va bien ! Ce n'est que beaucoup plus tard , lorsque vient notre tour qu'on se dit que peut-être ils avaient des problèmes dont ils n'auraient voulu parler pour rien au monde! 

                                    Actuellement, beaucoup ne peuvent aller en vacances parce que la vie actuelle est très dure pour certains. Très souvent, le manque de travail qui entraîne le manque d'argent (ça c'est une Lapalissade !) ne permet pas le moindre écart...Souhaitons quand même à chacun, ne serait-ce que pour une journée, de vivre quelque chose d'exceptionnel et d'avoir un beau souvenir à raconter pour cette période estivale...Le droit à un tout petit bonheur, ça doit bien exister non ?

                                       


                                      

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De l'intérêt à "se relire"....

par Geneviève Cotty

                                      Bien sûr, suivant la formule consacrée, "le lecteur peut rectifier de lui-même".... N'empêche que j'ai un peu honte !
                                      Dans mon précédent récit, publié avant relecture de ma part (ça c'est pas bien) et dans lequel je parlais de mes souvenirs d'enfance à Paris, j'ai malencontreusement  écrit "qu'il avait été question de dégorger PARIS "alors que je voulais écrire "désengorger" Paris....Et un peu plus loin, dans la foulée, j'ai écrit "courronné" avec 2 r...que voulez-vous, je ne suis pas avare !
                                      Pour ces fautes qui me mettent le rouge au front, je vous demande d'avoir la gentillesse de m'excuser ! Mille fois merci !

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Souvenirs d'enfance...à PARIS

par Geneviève Cotty

 eneviève                                     Les bateaux parisiens -

                                      Aujourd'hui, c'est officiellement l'été, il fait très beau et très chaud dans ce sud qui a vu notre arrivée il y a déjà un certain nombre d'années...Retraite oblige.... C'est peut-être la raison qui me fait penser à cette époque lointaine de ma petite enfance...le farniente nous permet de penser tranquillement...

                                      Quand j'étais enfant, après avoir quitté Paris pour la banlieue, j'éprouvais un grand plaisir à revenir à Paris voir mes grands-parents paternels. A cette époque, ils habitaient Place Dauphine et les fenêtres de leur appartement donnaient d'un côté sur la Place Dauphine et de l'autre côté sur le Quai des Grands Augustins, c'est-à-dire avec vue sur la Seine et....les bateaux parisiens ! Et le spectable nous faisait tenir tranquilles des heures...ou presque. Ces bateaux parisiens avaient une utilité puisqu'ils servaient de transports en commun. Je me souviens que mon père disait qu'ils remplaçaient pour certains trajets les autobus. Ils avaient d'ailleurs la même couleur que les bus. Et lorsque nous habitions PARIS, mon père les utilisait pour aller à son travail. Il y avait des arrêts comme des arrêts de bus....Donc, ils circulaient en permanence au même titre que les bus, avec les mêmes tickets, mais sur la Seine. Et pour nous, quel plaisir de les regarder passer... Ma grand-mère nous emmenait également sur le Pont Neuf d'où nous pouvions regarder également le trafic sur cette Seine que j'adore . Ah oui, j'aimais ce quartier. Au cours d'un voyage à Paris il y a trois ans, j'y suis retournée pensant retrouver mes souvenirs....Déception...La place Dauphine qui ressemblait jadis à une jolie petite place de village, a bien changé et je n'ai même pas pu reconnaître l'immeuble dans lequel habitait mes grands-parents ! C'est normal mais ça m'a fait un peu de peine....Et pour courronner le tout, quelques jours avant mon arrivée, ce magasin de mon enfance, LA SAMARITAINE, qui se trouvait de l'autre côté du Pont Neuf, avait fermé ses portes ! Souvenirs, souvenirs...il ne me reste que ceux qui sont bien inscrits au plus profond de ma mémoire...

                                       Je crois qu'il avait été question il y a quelques années, de remettre en service les bateaux parisiens pour dégorger un peu les rues de la capitale. Je ne sais si cela a été fait. Ce n'est sans doute pas assez rapide pour notre époque ! Ni rentable ? aïe, ça, ça ne pardonne pas !

                                        Et les bons vieux autobus -

                                        D'eux, je me souviens bien ! ce que je pouvais être malade là-dedans ! Il y avait une odeur que je ne pouvais pas supporter, essence ou je ne sais quoi ! Mais ils étaient bien sympathiques quand même ! je revois la plate-forme à l'arrière et surtout ce "Receveur" qui passait vendre ou poinçonner les tickets..il avait un appareil fixé sur une ceinture, dans lequel il faisait passer les tickets en donnant un petit tour de manivelle ! ça nous semblait le plus beau des métiers et très souvent, pour Noël, les garçons commandaient au Père Noël une panoplie de receveur d'autobus....Jeux simples, mais qui nous convenaient.

                                        Et pendant l'occupation, ces bons vieux autobus ont eu un aspect un peu futuriste ! Ils ont été affublés sur leur toit d'une sorte de réservoir ...Ils ne roulaient plus à l'essence, mais au charbon de bois je crois, ces fameux gazogènes dont certaines voitures ont été également équipées, mais avec autorisations spéciales ....ça roulait....que demander d'autre ? Nous manquions alors "d'un peu" de liberté.....

                                        Ce qui m'a marquée le plus ? je crois bien que c'est l'odeur des autobus...Rien que d'y penser, je crois la sentir encore ! Je dis toujours que les souvenirs sont faits de visions mais aussi d'odeurs....Certaines sont agréables, d'autres un peu moins ....

                                         Tout ceci fait partie quand même des bons souvenirs.

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Il nous arrivait de rire....

par Geneviève Cotty

                                      A cette époque si triste pour la plupart des gens, cette période de 1939 à 1945 dont je parle beaucoup, peut-être même un peu trop, oui, il nous arrivait de rire ! Rire parce que des petites situations étaient drôles, rire pour des riens, en ce qui concerne les jeunes  de mon âge, rire justement parce que nous étions jeunes et que c'est un besoin vital ! Pour ma mère qui pourtant n'avait aucune raison de rire, simplement parce qu'elle me voyait joyeuse....Sait-on toujours pourquoi on rit ? Surtout à 20 ans....Mais Dieu, que ça fait du bien !

                                      Fin d'été 1940, nous venions de revenir de cet exode sur les routes, pour retrouver notre maison intacte et nos animaux, dont ce chat tout noir, appelé Mickey et que ma mère en partant avait confié à une voisine qui n'avait pas voulu partir de chez elle. Elle s'était très bien occupée de notre matou, un animal adorable et qui ne demandait que des caresses....et un peu de nourriture bien sûr. Elle lui avait ouvert et son coeur, et sa porte ce qui fait que Mickey avait deux domiciles. Il était un  peu pique-assiette. Enfin, on lui pardonnait tout...Un jour, j'étais chez nous et j'entends crier dans la rue "au voleur, au voleur, arrêtez-le". Je me précipite à la fenêtre et je vois notre voisine armée d'un balai et qui, en criant, courait derrière un chat hyper-agile qui s'enfuyait en traînant derrière lui un....chapelet de saucisses....Personne ne pouvait le rattrapper ni surtout récupérer son butin ! notre voisine qui venait de "faire une bonne affaire" alors que les restrictions étaient déjà bien là , se voyait dépossédée d'un bon repas! C'était notre chat qui, ayant ses grandes et petites entrées chez cette dame et "parce que quelque diable aussi le tentant", s'était servi tout seul ! Et moi, j'ai honte maintenant, mais j'ai été prise d'un fou rire ! on aurait dit un dessin animé....J'aurais dû m'excuser, mais je ne pouvais pas...C'était trop drôle....Nous n'avons pu émettre qu'une recommandation : ne plus faire entrer ce voleur ! Je pense qu'il avait très faim, comme tout le monde. 

                                        En 1942, peu de temps après cette horrible nouvelle que nous venions d'apprendre, la mort de mon frère...Dans le village de l'Oise où il était inhumé, des cultivateurs charmants entretenaient sa tombe et s'étaient liés d'amitié avec nous. Ils nous écrivaient lorsqu'ils arrivaient à tuer veau ou cochon sans passer par la filière normale, pour que nous essayions de nous rendre là-bas. Et nous revenions avec quelques provisions de viande, de farine, d'oeufs....ou autres choses qui nous faisaient défaut et qu'ils nous donnaient, ce qui faisait doublement plaisir ! C'était très gentil de leur part et ça nous rendait tellement service ! Nous passions par la gare du Nord à Paris ! c'était une véritable expédition...il y avait si peu de trains ... Un soir que nous revenions avec deux cabas, l'esprit pas très tranquille puisqu'il y avait des contrôles, nous entendons courir derrière nous sur le quai de la gare et appeler en mauvais français "Madame, madame"...Maman était en grand deuil, elle n'avait déjà pas beaucoup de couleurs, mais là, elle était livide et je devais être dans le même état ! C'était un soldat allemand qui l'appelait...Je ne sais jusqu'à combien peut battre un coeur en cas de frayeur, mais je crois que l'une et l'autre étions au maximum. Maman s'arrête et le soldat lui dit "Madame, bouteille cassée dans votre sac, ça coule"....Que faire ? que dire ? nous n'avions pas de bouteille, mais simplement un bon gros lapin bien vivant (pour l'instant), et qui soulageait sa vessie ! et évidemment, ça passait au travers du sac ! Maman a répondu "oui, je sais, c'est pas grave". Que faire d'autre ??? Le pire, c'est que cet allemand voyant ma mère chargée, lui a pris le sac des mains ! et...nous avons passé les contrôles sans encombre ...Cette peur, nous ne l'avons jamais oubliée, mais elle a fini par déclencher entre nous une crise de rire inextinguible ! Toute notre peur ressortait par ce rire.... On se voyait déjà à la kommandantur et peut-être même en prison......Il en fallait si peu à l'époque ...tout ça pour un pipi de lapin !

                                        Ce sont des petites histoires insignifiantes...Il y en a eu bien d'autres que j'ai déjà racontées, (site Dandylan )d'autres me reviendront encore à l'esprit... C'était si bon de rire même pour des bêtises....Et les occasions n'étaient pas nombreuses, il fallait en profiter .


                                      

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