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En ce temps là....la liberté des filles !

par Geneviève Cotty

                                      C'était encore "l'ancien temps" -

                                      J'étais encore bien jeune, mais tout de même jeune adolescente (année 1937 ou 1938) - Je n'avais pas beaucoup de liberté (pour être franche, pas du tout de liberté !). Mon père  était très strict surtout en ce qui me concernait. Mon frère ayant la chance d'être un peu plus âgé et surtout d'être un garçon, avait plus de chances que moi de se voir octroyer des autorisations de sortie avec des amis...C'était ainsi....Ce n'était pas un manque de confiance envers "la fille", simplement, ça ne se faisait pas ! Formule sacrée et consacrée sur laquelle il n'y avait pas à revenir ! Je pouvais, très exceptionnellement, sortir accompagnée et surtout chaperonnée par mon frère ! Une sortie, même accompagnée, c'était tout de même mieux que pas de sortie du tout ! Et André et moi nous entendions très bien...Alors, j'acceptais le chaperon ! Inutile de préciser que pour les sorties, l'autorisation paternelle était seule autorisée !

                                       Le film de Walt Disney "Blanche-neige et les sept nains" venait de sortir et faisait un tabac comme on dit maintenant. J'avais très envie de le voir d'autant plus que j'adorais tout ce qui était dessin et qu'on disait le plus grand bien de ce merveilleux dessin animé. Mon frère propose de m'emmener...quelle aubaine ! Nantie d'une autorisation en bonne et due forme (pas trop difficile à obtenir), je laisse à André le soin d'organiser notre sortie. Nous devions retrouver pour cette expédition du siècle (!) deux amis de mon frère, élèves comme lui du collège St Charles. C'était donc une affaire sérieuse et nous voici partis en direction du Cinéma. J'étais aux anges...sortir sans mes parents, pour voir un film, que demander de plus ? Un vent de liberté me donnait des ailes !

                                        Las !...je ne savais pas ce qui m'attendait ! En cours de route, mon frère et ses amis m'annoncent bien calmement, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, que nous n'allions pas voir ce merveilleux film dont je rêvais, mais qu'ils avaient décidé d'aller voir le film d'Abel Gance "J'ACCUSE" ! Je ne peux décrire ma déception et je n'avais encore rien vu ! Pas question pour moi de dire simplement  "ah non, je n'y vais pas", c'était me priver de sortie et de cette liberté si peu courante ! Quand faut y aller, faut y aller !!! j'ai donc suivi le mouvement et ces garçons qui eux, représentant la majorité et le "pouvoir", avaient décidé....Aucune compensation prévue, car si nous avions obtenu un crédit pour un film, il n'était pas question de voir renouveler l'opération !!!!!

                                       Ah ! Abel Gance, vous ne savez pas ce que vous m'avez fait ce jour-là ! Votre film, je m'en souviens comme d'une torture morale ! Et si mes souvenirs sont exacts, il n'avait rien de drôle ! Il m'a tout juste permis de jouir pendant quelques heures d'une liberté qui m'était donnée au compte-gouttes...Mais pour la distraction, je pense que pour une fille encore bien près de l'enfance, on doit pouvoir trouver mieux ! Les garçons eux, étaient heureux ...tous les goûts sont dans la nature ! 

                                        J'ai enfin vu jouer Blanche-Neige....quand mon fils aîné avait quatre ans, quelques années après la guerre. Nous l'avons emmené pour lui faire plaisir...et pour me faire plaisir je l'avoue !

                                        Mon père me disait "tu sortiras plus tard, quand tu auras 18 ans". Oui, mais....il oubliait qu'un certain Adolf Hitler disposerait de notre jeunesse, d'une autre manière, infiment plus dramatique... 

                                        Etait-ce si bon que ça tous ces interdits qui concernaient les filles ? On nous tenait à l'écart des choses même les plus naturelles...faisant de nous des "demeurées" ! enfin pas trop, ce qu'on ne savait pas on l'inventait un peu, avec bien des erreurs à la clef....Autre temps, autres moeurs....Il y a à notre époque un peu trop de liberté ce qui peut être dangereux aussi. Le "juste milieu" est-il si difficile à trouver ?

                                       

                                     

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De souvenirs...en souvenirs...

par Geneviève Cotty


                                       Quel amalgame !


                                       Souvenirs d'enfance, souvenirs d'adolescence et de jeunesse, souvenirs, souvenirs souvenirs......Comment sont-ils classés dans la tête? Est-ce que chaque souvenir a sa place bien précise ? Là, je sens que je suis bien compliquée... Ce qui est certain, c'est qu'on n'arrête pas de se souvenir ! C'est comme un livre qu'on lit plusieurs fois, à des dates éloignées parfois...C'est ce que je fais pour la lecture et à chaque fois je redécouvre quelque chose qui m'avait échappé ! Idem pour mes souvenirs....

                                        S'il y a de très bons souvenirs, il y en a de moins bons qu'on aimerait assez classer définitivement. Et ça, ce n'est pas facile...On vit avec tout en essayant de penser à autre chose. Oui mais, peut-être entre-t-il un peu de curiosité dans le fait de chercher à se souvenir ? Alors, bon, je suis curieuse, tant pis pour moi, il me faut accepter le bon et le mauvais de la vie !

                                         Ce matin, je suis allée dans une papeterie, par curiosité. Je voulais voir ce qui se faisait pour la rentrée des classes (oh, pas pour moi bien sûr...mais j'ai des petits autour de moi). Et j'ai vu tant de choses que j'ai pensé que ça devenait un plaisir d'aller à l'école ! Surtout le premier jour...On exhibe un cartable tout neuf, bleu, vert, rose..le cartable de Dora, de Chipie et de tant d'autres amis des petits. Et moi, je me souvenais de notre rentrée des classes lorsque j'étais enfant. Nous avions un tablier neuf, un cartable neuf , une trousse avec de beaux crayons de couleurs, taille-crayons etc...Mais ça, c'était pour la première année...les années suivantes, il nous fallait garder cartable et trousse, bien astiqués (ils étaient alors en cuir). L'ensemble devait avoir une durée de vie un peu longue ! tout cela coûtait cher et bien entendu, il n'y avait aucune aide de l'Etat ! Aux parents de se débrouiller et de faire preuve de beaucoup d'imagination et de beaucoup d'amour pour que leur enfant soit "comme les autres" ! Le tablier, lui était neuf pour toutes les rentrées (il ne suivait pas toujours d'une année sur l'autre l'évolution en hauteur de l'élève !) Mais, qu'on ne se fasse pas d'illusions, l'ancien revenait vite dans le circuit, un peu plus court et plus étroit que le nouveau, mais toujours "mettable" ! Mais nous étions heureux !

                                            Toutes ces belles choses que j'ai vues ce matin dureront un an et...la mode changera. Et les parents, toujours imaginatifs et pleins d'amour pour leurs enfants, se sacrifieront comme ont fait les nôtres...Pas de la même façon sans doute, il y a plus de facilités et aussi plus de difficultés...Mais le résultat est là, l'enfant se sentira aimé et pourra se constituer de beaux souvenirs ! Nous y revoilà ! Des souvenirs toujours...Se dire plus tard, bien plus tard, "mes parents faisaient tout pour moi", c'est tout de même un plus dans la vie !

                                             Ce matin, si j'avais été une petite fille, je sais ce que j'aurais voulu pour bien commencer l'école ! Presque tout ! J'ai pris vraiment du plaisir à regarder et je n'étais pas la seule ! Je n'aurais pas été raisonnable du tout, je le sens bien... Mais je ne regrette pas mon enfance et ses contraintes de l'époque. C'est bon que les choses évoluent... L'enfance elle, restera toujours dans son rêve, les soucis ne sont pas faits pour elle....Et pourtant, il y a certainement de par le monde et même en France, des enfants qui ne connaîtront pas cette joie de la rentrée avec de la nouveauté...Quels souvenirs ceux-là auront-ils ? 

                                             

                                              

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Souvenirs de certains mois d'Août.....

par Geneviève Cotty

                                      Les vacances ne sont pas toujours au rendez-vous !


                                      En réfléchissant,  je m'aperçois que ce mois d'Août qui fait partie intégrante à notre époque de la période de vacances, n'a pas toujours rempli ses promesses !!! Loin de là... Le vingtième siècle en est une preuve indéniable.

                                      Mois d'Août 1914 - Celui-là, même si je ne l'ai pas connu, j'en ai beaucoup entendu parler par mes parents, et pour cause ! Ce fût le début de la guerre de 1914 - 1918, celle qu'on a appelée "la Grande Guerre" et ensuite "la der des der" ! Ma mère habitait alors un petit village de Lorraine et ses souvenirs d'août 1914 étaient des souvenirs de bruits de canon, de matériel lourd et surtout de visions épouvantables pour une adolescente : voir des
blessés qu'on redescendait à l'arrière dans un état lamentable et apprendre qu'au bout de quelques jours d'hostilités des familles entières de ce petit village étaient déjà décimées...C'étaient des camarades de classe de ma mère....Par la suite quelques années plus tard, j'ai connu leur famille.....Triste mois d'août qui, hélas, a duré beaucoup plus d'un mois....Mon père nous a raconté "sa guerre" qu'il n'avait jamais pu oublier.

                                      Mois d'Août 1939 -  J'en ai déjà parlé...ce fût un mois d'attente, de craintes, d'espoirs? même pas...Disons, un mois de préparation pour arriver à nouveau à ce résultat : à nouveau la guerre... Oubliée la "der des der" comme disait les anciens combattants de 14/18.  Il fallait remettre ça. Et pour un bon bout de temps !

                                      Mois d'Août 1940 - Après l'exode et la débâcle de juin, période qui a vu la plupart des français en errance sur les routes dans des conditions parfois horribles dont il est difficile de se souvenir calmement, retour "chacun chez soi", tout au moins pour les civils, pour vivre cette occupation dont on parle encore ! Et pour constater que beaucoup de français manquaient à l'appel, soit faits prisonniers, soit malheureusement tués au combat....Là encore, ce fût un triste mois d'août : attente de nouvelles des uns et des autres, réorganisation complète de la vie des familles en l'absence du chef retenu pour combien de temps ? Nul ne le savait.....

                                      Mois d'Août 1944 -  Ah enfin, celui-là, s'il n'avait pas réintégré la période des vacances, il avait ouvert une sacrée brêche dans les nuages noirs qui étaient au-dessus de nos têtes depuis cinq ans ! Enfin, nous pouvions espérer en des jours meilleurs...Depuis le 6 juin il soufflait un vent agréable de presque liberté....Pas encore tout à fait, mais ça venait....Et courant août, LIBERATION ! A-t-on jamais vu et entendu plus joli mot ? Nous pouvions espérer, rêver, penser en toute tranquillité ! et en ayant regagné notre estime puisque nous avions tout de même contribué, pour la plupart et selon nos moyens, à cette libération tant attendue. Quel beau mois ! On savait que la vie serait encore difficile, mais qu'importe ! La liberté vaut bien quelques sacrifices et puis, les sacrifices, c'était devenu des habitudes...Comme on dit, il n'y a que le premier pas qui compte.....Nous étions rôdés.

                                      On pourrait penser que ces mois d'Août dont je viens de parler sont suffisants ? Il semble que non...la preuve...

                                      Mois d'Août 2008 -  Encore des bruits de guerre, de bombardements. En Russie cette fois !
Est-ce que les hommes ne peuvent vraiment pas s'entendre ? Ont-ils besoin d'une guerre pour se prouver qu'ils sont des hommes, des vrais.....Où allons-nous si personne ne veut entendre raison ? Je sais que je n'y connais rien, mais simplement j'ai vécu une partie de ma vie de jeune à entendre parler de la guerre, à la subir, avec toutes les conséquences qui en résultent.....Je ne souhaite à personne de revivre ça.

                                      Ou bien faut-il tout bêtement supprimer le mois d'Août de tous les calendriers ? C'est idiot, mais allez savoir ! il nous porte peut-être "la guigne" ? Certaines personnes n'aiment pas tel ou tel jour de la semaine et ne sortent pas ce jour-là (j'en connais !)...Alors, ignorons le mois d'août ! ah mais j'oubliais : je me suis mariée un certain mois d'août...il y a des exceptions.....

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Ces dernières vacances de temps de paix....

par Geneviève Cotty


                                      Rêve et réalité -

                                      En cette année 1939, si on rêvait de paix, la réalité était toute autre ! Mon frère et moi poursuivions nos études mais avec des doutes quant à notre avenir proche....Notre "voisin" Adolf Hitler n'était pas de tout repos et nos parents semblaient inquiets. A la fin de l'année scolaire, nous entendions parler de plus en plus de la guerre qui devenait inévitable. En cours d'année, des réservistes avaient déjà été rappelés.

                                      Nous ne sommes pas partis en vacances, sauf mon frère qui est parti faire un camp scout d'où il est revenu un peu plus tôt que prévu, les scouts ayant été demandés pour aller aider les cultivateurs. Beaucoup d'hommes avaient été mobilisés et la terre manquait de bras. Il était parti dans la région d'ORLEANS. Mes parents et moi étions en vacances "sur place", mais nous étions rivés au poste de TSF. En juillet, Hitler s'en était pris à la Pologne et réclamait le "couloir de DANTZIG", après avoir eu bien d'autres revendications envers d'autres pays, au cours de l'année. Non, le climat n'était pas à la détente des vacances...On se posait trop de questions... Il faisait beau, nous profitions de notre jardin, mais pas dans l'enthousiasme.....Pour se reposer et vivre pleinement ses vacances, il faut avoir l'esprit libre... Moi, j'étais encore jeune et pour être franche je n'étais pas trop bileuse ...J'ai beaucoup changé par la suite.... Mais l'ambiance à la maison n'était pas joyeuse... Mon père était encore jeune et s'il avait fait la guerre de 1914/1918, il était encore mobilisable....Mon frère avait prévenu qu'en cas de guerre il s'engagerait.... Malgré ma décontraction naturelle, il me fallait bien penser à tout ça et me demander ce que nous deviendrions, ma mère et moi... Nos habituelles sorties d'été, pique-niques et autres en forêt n'étaient plus d'actualité....Quelque chose se préparait au-dessus de nos têtes qui n'amènerait rien de bon !

                                         Donc, très mauvaises vacances....Et quand au mois d'août le gouvernement a rappelé un autre contingent de réservistes, nous avons bien compris que cette fois, c'en était terminé des tergiversations sur l'air de "J'y vas-t-y, j'y vas-t-y pas ?" !  André est revenu d'arracher ses pommes de terre dans le Loiret...et il a commencé à préparer des affaires et à se renseigner sur l'engagement. Le 4 septembre, il aurait 18 ans...

                                         Le 1er septembre, très mauvaise nouvelle : l'Allemagne envahit la Pologne, le 2 l'ordre de mobilisation générale est affiché partout en France...Le 3 septembre, France et Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne.... Cette première phase d'incertitude était terminée, tout comme nos vacances !

                                         Que cet été 1939 avait donc été pénible....Mais nous n'avions pas encore tout vu ! le plus dramatique était à venir....mais ça, on n'y croyait pas, on se croyait les plus forts ! Plus forts que qui ? que ce fou d'Allemagne qui voulait mener le monde à sa façon ? Plus forts que tous les chars et autres engins destructeurs ? Plus forts que ces bruits de bottes que nous n'avions jamais pensé entendre un jour ? Nous n'étions pas prêts peut-être parce que des gens comme moi n'y croyaient pas.....Ah, ces rêves si différents de la réalité !

                                          Vacances heureuses jadis avant la guerre, vacances tranquilles maintenant....C'est peut-être pour ça que j'apprécie celles que je viens d'avoir ?  "Vider sa tête", ne serait-ce qu'un court instant, quel bonheur ! Mais pourquoi j'ai repensé à ces vacances de 1939 ? Comme disent les enfants "ça m'est venu comme ça ....." En réalité, j'ai repensé à quelque chose qui n'avait pas eu lieu !

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Petits et grands.....

par Geneviève Cotty

                                      Cohabitation passagère -

                                      Et voilà, c'est fait,  je suis revenue de vacances et je reprends mes petites habitudes. Vivre pendant un temps, même court, au milieu des siens, c'est fou ce que ça peut redonner du tonus ! Avoir des plus jeunes et même des petits autour de soi quand on a l'habitude d'être seule, c'est un bonheur qui se déguste et qui s'apprécie !

                                      Oui, cette cohabitation passagère, a-t-on idée de ce qu'elle apporte aux personnes qui, comme moi, ne sont plus de première jeunesse... On revit même quand on est, comme c'est mon cas, très indépendante. Parler à ses murs ...bof... il y a des activités plus intéressantes. Écrire ses mémoires et tout ce qui vous passe par la tête, c'est  une saine occupation et j'aime ça. Mais parler, discuter de vive-voix, échanger des idées, rire en famille, jouer avec des arrières petits-enfants, c'est un réel bonheur. J'ai la chance de ne pas me sentir seule, entourée que je suis par tous soit par l'intermédiaire du téléphone, soit par internet et par des visites des uns et des autres. J'en ai bien conscience et je ne me plains pas. Mais en cette période  de vacances, combien de personnes âgées se sentent encore plus seules que pendant les autres périodes de l'année ? Leur famille est au loin, leurs commerçants sont partis. Peut-être ont-elles l'impression d'être abandonnées et d'être inutiles ?

                                      Jadis, les familles habitaient très souvent le même village, la même ville ou au pire la même région. Ce n'est plus le cas ou assez rarement. Chacun a fait sa vie dans une région différente de celle dont il est originaire, généralement par obligations professionnelles....Nous sommes à une époque qui n'épargne personne.

                                       Je suis heureuse de ces vacances passées en plus dans une jolie région. J'ai joué avec des petits enfants, parlé avec des amis de mes enfants et avec ma fille donc !!! deux bavardes ensemble, ça compte !!! Je crois bien que personne ne s'occupait trop de mon âge et moi encore bien moins que tout le monde ! Ne plus penser que votre avenir a tendance à être "derrière vous"....

                                        Je pense à toutes les personnes seules et sans faire de reproches à qui que ce soit, je me dis que si leur famille pouvait penser qu'une petite cohabitation passagère résoudrait tant de problèmes ça serait drôlement bien. Un petit sacrifice à faire pour certains, mais qu'ils se souviennent que leurs parents âgés en ont fait beaucoup pour eux.

                                         Je me suis aperçue que les petits appréciaient la présence d'une personne âgée (à condition bien sûr qu'elle ne soit pas trop grincheuse, ce qui malheureusement arrive parfois). Et je suis persuadée que les "z'âgés" ont beaucoup de choses à apprendre aux nouvelles générations ! ne serait-ce qu'on n'a pas toujours eu la télévision et bien d'autres choses ! Faisons des échanges....on échange bien des timbres !

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Les "z'âgés"......

par Geneviève Cotty

                                      Questions innocentes sur l'âge -

                                       Comme je l'ai déjà dit, j'ai la joie d'être en vacances en famille au milieu de mes enfants, petits-enfants et arrières-petites-filles, Léane deux ans et Anaëlle six ans. Elles sont tendres et douces, mais je me rends bien compte que je pose un problème à Anaëlle ! Qu'est-ce que je fais encore là à mon âge ? Pour elle, je suis une "z'âgée"...ce qui est vrai ! Elle doit penser qu'il s'agit d'une catégorie,un peu comme les dinosaures! Comment lui expliquer que si l'état-civil lui donne vaguement (très vaguement!!!) raison, on peut être âgé et encore tellement jeune dans sa tête ! C'est un peu ce qui m'arrive et ce qui devient de plus en plus monnaie courante à notre époque . Cette jeunesse d'esprit, nous la devons peut-être justement à nos petits-enfants et arrières-petits-enfants que nous avons la joie de voir grandir. Jadis nous avions aussi des grands-parents mais pas du tout les mêmes rapports avec eux que ceux de maintenant.

                                        J'ai cette chance d'avoir des petits-enfants aimants et qui je crois, ont confiance en moi. Ils nous ont permis de rester jeunes en discutant avec nous et en jouant avec nous. Quel bonheur de ne pas être "mis sur la touche" et de toujours faire partie de leur monde. Moi, je sais que c'est ça qui me permet d'avoir toujours...vingt ans! Bon d'accord, je ne compte peut-être plus très bien...

                                         Hier, Anaëlle m'a fait un beau collier avec des perles-lettres. Je le mettrai ma chérie et comme tu me l'as fait remarquer, je tournerai les lettres pour que mon nom soit écrit de différentes couleurs. C'était un très beau cadeau et  j'espère que d'autres petites filles feront la même chose pour les grands-mères qui les aiment et qui font partie aussi des "z'âgés".

                                          Mais au fait, c'est à quel âge les "z'âgés" ?

                                          Mes vacances dans les Hautes Alpes se terminent....Elles m'ont rajeunie ! Encore !!!!

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Cette mode en 1944......

par Geneviève Cotty

                                      Coiffure ...etc...

                                      Me voici en vacances dans les Hautes Alpes et.....mon esprit travaille quand même,mais au ralenti....Il faut ce qu'il faut et ces vacances sont les bienvenues !

                                      Comme nous sommes en juillet, je repense à cette période de juillet 1944 et, allez savoir pourquoi, à la mode de cette époque ! Je me revois notamment, coiffée comme toutes les jeunes filles et jeunes femmes d'alors, avec cet "echafaudage" de cheveux ! quel travail pour se coiffer le matin, on crêpait les cheveux mèche par mèche, ce qui donnait un résultat extraordinaire...en hauteur ! moi qui ne suis pas grande, ça me faisait gagner quelques centimètres (non négligeable !). D'accord, ça me faisait lever un peu plus tôt si je voulais arriver à mon travail à l'heure, mais suivant la formule consacrée, il faut savoir souffrir pour être belle !!! Que ne ferait-on pas à vingt ans pour ça !!!Sans compter qu'il me fallait aussi repasser cette fameuse jupe plissée (la grande mode également) faite en tissu "de guerre"et qui se froissait à vitesse grand "V". Je ne pouvais tout de même pas arriver au bureau avec des vêtements chiffonnés comme si j'avais couché avec... Notre vie n'était décidément pas de tout repos! Mais nous avions tellement l'espoir que ce n'était plus qu'une question de jours, que nous étions prêts à tous les sacrifices ! Pour en revenir à la coiffure,le soir avant d'aller au lit, il fallait faire l'opération inverse:"décrêper" le tout ! aïe, un peu douloureux comme opération ! La coquetterie est un maître très exigeant......

                                        Je n'ai pas encore parlé des chaussures...là encore, j'étais avantagée par les semelles compensées, suffisamment  hautes pour me permettre de récupérer encore quelques centimètres! En comptant le tout, entre la coiffure et les chaussures, on pouvait "gagner"de quinze à vingt centimètres !!! Je ne pense pas que cette mode ait été faite spécialement pour moi, mais je l'appréciais ! dire que c'était joli ? je n'oserais pas affirmer...Sauf pour les jupes plissées qui arrivaient aux genoux et vous donnaient un petit air dansant lorsqu'on marchait et étaient assez  seyantes....le reste, avec le recul, ça me semble un peu ridicule...Qui avait lancé cette mode ? les mêmes que ceux qui avaient lancés les"zazous" peut-être ? Je n'en sais rien....Petite revanche de la vie que notre pauvre jeunesse subissait ? peut-être....

                                         Tout ça n'est pas bien important et ce n'est qu'un petit clin d'oeil,comme un bonjour de vacances écrit d'un ordinateur portable d'emprunt qui me donne bien des soucis !

                                          Bonnes vacances à ceux qui me liront et....aux autres !

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Faites la fête...et après ?

par Geneviève Cotty


                                       "Travaillez, prenez de la peine..."

                                        Parodiant ce cher LA FONTAINE, je dirai "Travaillez, prenez de la peine, ce sont les fonds qui manquent le plus !..."Hélas oui, bien souvent, il y a comme un vent de pénurie du côté des fonds ! Et pour résoudre au mieux ce problème, il y a peu de solutions :
                                        
                                        1/ - hériter...mais pour ça, il faut qu'un être cher disparaisse. Pas urgent.
                                        2/ - gagner le gros lot au super-loto. Pas très certain.
                                        3/ - travailler...c'est la solution la plus sûre et éventuellement la plus rentable ! (à défaut d'être la plus agréable, quoique.......)

                                         Je plaisante et pourtant, ce sujet est sérieux. J'ai entendu hier un journaliste dire à la télé, au cours d'un reportage je crois, que maintenant, l'essentiel était de faire la fête... Il était d'ailleurs question de l'ivresse des jeunes et même des très jeunes. Si c'est exact, quelle horrible constatation ! Là, encore une fois, est-ce que ça ne serait pas tout bêtement un problème d'éducation ? S'amuser, faire la fête, oui mais en gardant l'esprit clair ! Pas besoin de boire à outrance ou de fumer ou prendre des drogues interdites...Où est le plaisir ? Un plaisir est agréable quand il est conscient...mais dans l'inconscience, quel bénéfice ?

                                         Est-ce que tous les marchands de "ces plaisirs" se réjouissent, ne serait-ce qu'en réfléchissant un peu au mal qu'ils ont fait, volontairement ou non ? Détruire les jeunes, leur concocter des boissons qui leur enlève toute dignité même pour un relativement court laps de temps, est-ce un bonheur pour eux ? Et je ne parle pas des fabricants de ces produits...Quelle responsabilité, comment peuvent-ils vivre sereinement ? Ah oui, c'est vrai : ils gagnent de l'argent ! beaucoup ! beaucoup trop....Je n'aimerais pas du tout être à leur place. Ont-ils des insomnies la nuit en pensant aux dégâts qu'ils ont eux-mêmes créés ? Peut-être font-ils des cauchemars ? c'est ce que je leur souhaite.... Pour ça, il faut qu'ils aient une conscience et surtout qu'ils l'écoutent...Vous savez, c'est cette petite voix qui vous titille parfois...Vous ne connaissez pas ? alors, c'est bien triste.

                                         Jadis, on nous apprenait qu'il fallait travailler, travailler à l'école d'abord et ensuite pour gagner sa vie. C'était sans doute un peu simpliste, mais tout de même assez enrichissant avouons-le. La vie était dure, le travail était pénible très souvent, mais en plus on essayait de le faire bien. Etait-ce si difficile ? Personnellement, je ne le crois pas. La satisfaction qu'on en retirait était tellement agréable ! Et puis, il nous fallait vivre...et avec quoi sinon avec l'argent gagné ? Les parents ne pouvaient pas subvenir aux besoins de leurs enfants jusqu'à un âge avancé...et encore moins à leurs sorties !!! Mais nous savions nous amuser quand même, sans trucs pour nous faire "planer" !

                                         Question d'éducation...Je ne veux surtout pas critiquer "les jeunes". Avant d'être des jeunes, ils ont été des petits enfants...Et c'est là, comme aurait dit Fernand Raynaud, qu'il doit y avoir "comme un défaut". On a dû oublier très souvent de leur "expliquer" la vie. C'est grave. On ne peut tout de même pas leur "coller" une guerre pour  leur faire comprendre que lorsqu'on a des droits on a aussi des devoirs. C'est ce qu'on a fait à notre jeunesse et ça, je ne le souhaite à personne , c'est trop dur. C'est beau la jeunesse, surtout quand elle espère et qu'elle peut atteindre ses buts. Mais là, il faudrait peut-être que les adultes les aident....La solution n'est pas de laisser tout faire, mais de les diriger dans le droit chemin. Quel mot "rococo" !

                                          Et tout ça pour des boissons alcoolisées qui ne laissent en fin de compte qu'un goût amer, l'amertume qu'on ressent quand on n'est pas content de soi-même....ça aussi, c'est rétrograde !

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C'était l'été 1944.....

par Geneviève Cotty


                                      Comme si "c'était hier" -

                                      Je ne sais si c'est parce que nous sommes en été, qu'il fait chaud, que le soleil brille (enfin dans la région où j'habite !), mais en ce moment je pense à tous ces étés de ma jeunesse, un peu dans le désordre peut-être, et notamment à cet été 1944 si riche en évènements importants... et douloureux parfois. Nous n'habitions plus JUVISY, notre maison à la limite d'ATHIS n'existait plus. En cinquante cinq minutes le 18 avril 1944 sont sort , de même que celui de maisons voisines et souvent amies, avait été réglé ! Il nous fallait donc "vivre" sans elle, sans souvenirs à contempler et en remerciant quand même le Ciel d'être sorties indemnes, ma mère et moi, de ce bombardement de la gare de triage. Nous avions du mal à y croire. Mais oui, nous étions bien là...

                                       Bon, ne nous plaignons pas, dans ce malheur, nous avons eu de la chance...On peut véritablement donner ce nom,  à l'aide que nous avons reçue de gens inconnus qui nous ont prêté cette si jolie maison, au bord de la Seine à ABLON. Comme nous arrivions à l'été, avec un peu d'imagination, nous pouvions nous croire en vacances...Petite consolation  mais bien d'autres personnes n'avaient pas eu cette chance.

                                       Nous profitions donc au maximum de cette maison, de son agréable jardin avec ouverture d'un côté sur le Quai et au fond sur une rue reliant Ablon à Villeneuve-le-Roi. Il y avait même une table de ping-pong et des raquettes. Moi qui adorais ça, j'étais comblée...Ma mère elle, était toujours aussi triste...Elle avait eu trop de malheurs en très peu d'années et je me rends compte maintenant qu'elle ne voyait pas trop bien l'avenir.  Moi, je travaillais et j'avais moins de temps pour réfléchir...et peut-être pas très envie de réfléchir? Les jeunes, vous savez......
Dire que nous vivions l'esprit tranquille serait mentir. Il y avait beaucoup d'alertes et des bombardements dans la région. Nous avions peur... Dès que nous entendions les sirènes, le soir, nous allions chez des voisins qui avaient aménagé leur cave. Beaucoup de monde venait chez eux et même...deux soldats allemands qui gardaient une péniche allemande juste devant chez nous. Ils étaient déjà âgés et avaient demandé l'hospitalité à nos voisins un soir où les bombes tombaient bien près (Pont de Villeneuve-St-Georges, Pont de Lyon...) . Personne ne leur parlait mais ils essayaient de participer quand même...Ils nous ont dit qu'ils étaient Autrichiens, qu'ils étaient réservistes et avaient été rappelés...Bon, admettons, je pense que c'était vrai. S'il n'y avait pas eu la guerre, on aurait estimé que c'était de "bons pépères". Mais voilà....Ma mère, qui était Lorraine, ne "les connaissait pas" tout simplement ! Un soir d'alerte, un des soldats arrive avec un petit flacon de "benzine"(je crois que c'est comme ça qu'ils appelaient l'essence) et se dirige directement vers ma mère et en lui tendant le flacon, lui dit "pour chaussures"...Maman avait fait une tache sur le dessus de ses sandales en toile et bien entendu, elle n'avait pas pu l'enlever puisque nous, nous n'avions pas d'essence ! Alors, ce pauvre soldat voulait lui rendre service....Remerciements quand même du bout des lèvres et pour terminer, cette petite phrase de ma mère "vous allez bientôt partir, les allemands reculent" ! L'honneur était sauf, elle avait eu le dernier mot ! Tout le monde a ri dans l'abri et on en est resté là....ça valait mieux. Ah ces lorrains, plus entêtés que les bretons, et je sais de quoi je parle ! Quand mon mari et ma mère discutaient ensemble sans être trop d'accord, il était préférable de se sauver ! 
                                        
                                         Que sont devenus ces soldats ? ils ont eux aussi été pris dans leur débâcle...C'est ça la guerre.

                                         Souvenir de cet été 1944 qui nous avait redonné espoir...Les nouvelles des alliés étaient bonnes... Nous pensions moins à ce et ceux que nous avions perdus, mais à cette libération qui s'annonçait. Il y avait encore de gros sacrifices à faire, mais sous l'orage, quand on aperçoit un coin de ciel bleu, on revit. C'est ce que nous faisions ou tout au moins tentions de faire. Cette jolie maison paisible nous y aidait. Mais comme souvenirs de vacances, ce n'est pas ce que j'ai préféré ! Nous n'avions pas choisi....

                                         

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Les anciens du "Tour"....

par Geneviève Cotty


                                      S'ils étaient encore là....


                                      Le 1er juillet dernier, je racontais quelles étaient notre joie et notre passion lorsque j'étais jeune, pour ce "Tour de France" qui mettait la France en émoi pour plusieurs semaines ! Ah oui, nous l'aimions ce Tour et nous les admirions ces coureurs qui mettaient toutes leurs forces au service de ce sport.... J'étais enfant alors, mais ainsi que je l'ai dit, filles et garçons étaient d'accord au moins sur un point, les coureurs du Tour étaient des As ! Qu'ils soient dans les premiers ou qu'ils ferment la marche, ils avaient autant de mérite à nos yeux et aux yeux des adultes qui se précipitaient sur un journal pour voir les résultats de l'étape dès qu'ils arrivaient de leur travail. La France entière marchait au rythme du Tour de France. D'accord, on faisait peut-être un peu "cocorico" à l'occasion, mais que voulez-vous nous ne connaissions pas encore les restrictions surtout celles d'admiration sans limite !

                                       Alors, je me demande ce que ces coureurs maintenant disparus penseraient de ce qui se passe actuellement sur le Tour ? Je n'ai pas le souvenir qu'on entendait parler de dopage à l'époque....Est-ce que cela existait ? est-ce que c'était moins décelable ? ou tout simplement est-ce que les coureurs couraient pour le plaisir, pour le sport, pour se prouver à eux-mêmes qu'ils étaient des hommes courageux, capables de se sacrifier jusqu'au bout de leurs forces pour l'honneur ? 

                                       Aujourd'hui encore un "champion" est reparti entre des gendarmes, entraînant dans son départ son équipe.... Qui est responsable ? Parce que, cette drogue, il ne l'a pas prise tout seul, en cachette...Quelqu'un l'a aidé. Je sais, je n'y connais rien, mais existe-t-il une filière pour fabriquer des gagnants...Comme disent les enfants "ce n'est plus du jeu" !  Ah oui, c'est vrai, le grand responsable, c'est le profit ...Pour qui et pour quoi ? Pourquoi tricher, par cupidité ? Vous qui vous sentez fautif, qui que vous soyez, pensez au mal que vous faites : d'abord à vous-même moralement et physiquement et ensuite à tous ces jeunes, très jeunes parfois, qui vous admirent et vous envient et espèrent un jour embrasser votre profession. Ils ont des rêves d'enfants, ne les détruisez pas pour quelques millions (?) gagnés frauduleusement...Si chaque participant au Tour part avec les mêmes chances, ce qui fera la différence à l'arrivée, ça sera votre génie, votre courage, votre force. Et ça, c'est du chacun pour soi ! Et vous serez en paix avec votre conscience, ça n'a pas de prix et vous vous sentirez bien !

                                         Je ne fais pas de morale, je fais des constatations et elles me rendent tristes. La tricherie est partout maintenant,  force est de le constater. 

                                          Allez, je fais un voeu ! que ce Tour se poursuive sans scandales, pour la plus grande joie de nous tous qui y sommes si attachés. Réussir un examen quand on a copié, il n'en reste rien...le résultat est quand même négatif pour soi-même. Courage à tous ceux qui restent en course et qui pourront se présenter sur les Champs Elysées la tête haute. Ils seront tous gagnants.

                                     

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