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Le plaisir d'écrire.........

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis..


                                       De rédaction en dissertation....

                                       Quand j'étais enfant, élève du primaire, j'ai toujours aimé faire des rédactions, de même que j'ai toujours été très bavarde, ceci expliquant peut-être cela ! Est-ce que c'est un besoin chez moi de raconter ? Je ne pense pas, je ne "raconte pas ma vie à tout le monde", il faut pour ça que je sois en confiance ! Mais quand, au retour des grandes vacances, l'institutrice nous demandait de raconter nos vacances ou un fait qui nous avait marqué pendant cette période, j'avais toujours quelque chose à dire ! Je n'avais pas besoin de faire d'efforts pour ça...pas comme pour les maths ! Et petit à petit, les rédactions sont devenues plus difficiles, ont porté sur des sujets qui souvent m'inspiraient, mais pas toujours ! Mais, je "faisais avec". Et les explications de textes ont commencé et là, j'ai été ravie ! j'adorais ça....

 

                                      Puis j'ai eu cette chance inouïe d'avoir un professeur de français tellement intéressante. Elle nous faisait aimer la littérature pas contre notre gré, mais presque ! Et comme elle enseignait dans plusieurs classes, je l'ai gardée deux ou trois ans ! Formidable ! D'accord, le français était ma matière préférée et celle qui élevait ma moyenne mieux que les maths ! J'aimais la poésie, les classiques, les mots, enfin tout ! Ça parle tout de même mieux à l'esprit que les X ou Y qui faisaient le bonheur de mon frère ! La poésie des équations ? je n'ai jamais remarqué et si seulement j'avais vaguement compris ! Mais non, j'étais fermée à l'algèbre, un peu moins à la géométrie...Donc je préférais, et de loin, les dissertations ! J'aidais mon frère pour ces dernières et lui m'aidait pour les maths. On faisait l'échange quand c'était possible. Entre frère et soeur ça se fait non ?

                                       Dissertations, discussions...Pour peu que le sujet donné "me parle", hop ! c'était parti ! Et je les défendais mes idées,  avec ardeur...Je n'ai pas tellement changé. Il y a quelques années, j'ai vu le film "Le cercle des Poètes disparus". J'ai adoré ce professeur tellement passionné et passionnant .  

                                        Le plaisir d'écrire est pour moi bien réel surtout quand le sujet me passionne ! Et puis, il faut bien s'occuper à quelque chose... La vie serait si triste à attendre "le mot de la fin"...

                                        Tiens ça me fait penser : je voudrais relire "Athalie", j'avais tellement aimé !

                                       

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Liberté, liberté chérie...1938/1939 !

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis..


                                      Année un peu particulière...

                                       Ce que cette année scolaire 1938/1939 représente pour moi, c'est assez difficile à expliquer ! Mon année d'insouciance et de liberté... J'avais 16 ans et sortais d'une école libre (ah oui ?) où le moins que l'on puisse dire est que la discipline qui existait alors n'avait rien à voir avec la liberté comme je l'entendais à tort ou à raison.  La décision de mon père de me diriger vers le Droit, m'avait  donc donné l'impression qu'on m'ouvrait en grand des espaces jusqu'alors verrouillés ! Allez, avec le recul, je crois que j'exagère tout de même un peu ! Mais il est exact que jusque là je ne sortais jamais seule, que les filles étaient surveillées dans leur famille, à l'école, sur le chemin de l'école...Surveillance des fréquentations, des distractions etc.... En un mot, c'était jadis ! Heureusement encore que j'avais un frère et que j'étais autorisée parfois, à sortir avec lui comme chaperon ! On éprouve quand même le besoin de se secouer de temps en temps ! Et voilà, c'était fait, je circulais seule dans le train pour aller aux cours...Seule non, avec mon frère, des camarades filles et garçons, et c'était bien plus drôle !

                                       Quelle année merveilleuse ! Le Quartier Latin n'avait plus de secrets pour moi, le boulevard St Michel, les rues St Jacques, Cujas, la rue Soufflot, la Place du Panthéon, la Faculté de Droit, la Bibliothèque Ste Geneviève où nous nous retrouvions pour potasser...mais oui, mais oui..., enfin tout ce quartier cher aux étudiants de l'époque....Et le Luxembourg qui nous voyait dès les beaux jours, lieu de rendez-vous privilégié et ombragé ! Un seul bémol en ce qui me concerne, le bureau de mon Père se trouvait Boulevard St Germain et, curieusement, il avait lui aussi besoin de bouquins à Ste Geneviève de temps en temps !!! Tiens, tiens !!! je n'étais pas vraiment dupe. Même une fille "émancipée" ça se surveille, du coin de l'oeil certes, mais il faut ce qu'il faut...il avait déjà fait de très gros efforts ! Souvenirs de rires, de monômes, d'ennuis avec la police (déjà !) qui avait fermé les portes de la bibliothèque Ste Geneviève un jour de monôme, enfermant tous les participants dont j'étais à l'intérieur...pas grave ? si...j'habitais JUVISY et il me fallait prendre le train à la gare St Michel et à partir de 19h30, il n'y avait pas beaucoup de trains...Je suis donc arrivée très en retard, bien après mon frère qui lui, allait au Lycée, et j'ai dû fournir des explications...aïe, aïe, aïe....et subir les représailles de la famille !  Et raconter à mon père sur quel sujet portait le cours où j'étais censée aller.  J'en tremble encore !

                                         Et j'ai connu l'ouverture du cinéma "LE CHAMPO" au début de 1939, rue des Ecoles. J'avais séché un cours avec une amie, pour aller voir jouer "Drôle de Drame" avec Louis Jouvet, Michel Simon ! C'était je crois le premier film que ce nouveau cinéma passait et pour moi, c'était le premier film que je voyais en tant que fille libre ou supposée telle ! Vous pensez si je m'en souviens ! Il y avait non seulement l'attrait de la nouveauté, mais aussi l'attrait "du péché" ! ça ne s'oublie pas ! Et les études ? ça c'est une bonne question...bof...cahin, caha...On ne peut pas tout faire. Et nous parlions beaucoup de la guerre qui se pointait à l'horizon depuis déjà quelques mois. Alors, il ne fallait pas perdre de temps pour profiter de sa jeunesse....Elle a si peu duré ! quelques mois, la durée d'une année scolaire ! Liberté et jeunesse ont disparu pendant plusieurs années...

                                         Mais moi, j'ai conservé de si bons souvenirs........

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Souvenirs en musique.....

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                                      "Valse Triste" de Sibélius...

                                      J'allais éteindre ma télévision hier soir quand, en "zappant" suivant une habitude consacrée (!), je suis tombée sur un orchestre jouant "La Valse Triste" de Sibélius...J'adore la musique, le violon en particulier, et ce morceau...J'ai donc écouté religieusement et me voilà partie dans mes souvenirs...il m'en faut si peu ! Et j'ai pensé à cette époque lointaine de mon enfance, à ces études de violon qui n'ont duré que trois ans et surtout à cette femme que j'avais eu la chance d'avoir comme professeur....Elle était sortie avec un premier prix du Conservatoire de PARIS et elle était formidable...mais je crois que j'étais trop jeune et je ne savais pas bien l'apprécier. Dans tous ses élèves, elle voyait des futurs prix de Conservatoire, c'était son but, pas toujours celui des intéressés ! J'avais commencé à six ans et elle avait dit à mes parents que c'était déjà tard ! Bon...moyennant quoi, le violon devait être l'objet d'un travail acharné, de même que le solfège ! Sa soeur étant professeur de piano, ces deux femmes réunissaient le Jeudi matin tous leurs élèves et en avant pour les dictées musicales et le solfège ! Et bien sûr, entre temps, cours particulier de violon, études à faire à la maison et à la clef, quand tout ça n'était pas parfait, études à faire chez elle, sous surveillance ! Je n'avais plus de temps libre !!!! C'était peut-être un peu exagéré, et surtout lassant ! Alors que j'adorais la musique, j'ai donc arrêté....Mais maintenant, je comprends tout en étant très heureuse de voir que les enfants sont moins rebutés que de mon temps par le solfège...J'aimais bien, mais c'est un peu rébarbatif. Je n'étais pas assez courageuse ! On n'enseigne plus la musique de la même façon et c'est très bien ainsi.

                                        Mais ce professeur, je l'admirais et l'ai toujours admirée. Un peu plus tard, pendant la guerre, j'ai assisté de nombreuses fois à des concerts qu'elle donnait notamment au profit des prisonniers. Dieu, que c'était beau ! Elle jouait divinement bien et je crois entendre encore les pleurs de son violon. Le silence dans les salles où elle jouait était religieux et des larmes coulaient ! Comment pouvait -elle transmettre tant d'émotion alors qu'elle semblait si dure (et l'était) ? Avec un violon, c'était une autre femme, tellement attachante...Pouvoir de la musique mais aussi sûrement de tout ce qu'elle avait en elle et que peut-être elle ne savait pas exprimer autrement ? Elle était revêche tant avec ses élèves qu'avec leurs parents. Elle avait eu des malheurs et semblait en vouloir à la terre entière. Le violon effaçait tout ça... Son violon et elle ont cessé de vivre lors du bombardement de JUVISY en avril 1944, comme toute sa famille d'ailleurs. Je l'ai regrettée, beaucoup, et j'y pense souvent. Et j'ai continué d'aimer la musique et le violon. Ces trois années de travail intensif m'ont laissé des traces et je ne le regrette plus maintenant ! Je regrette seulement de ne pas avoir eu le courage de continuer...mais le jeu m'appelait ! Alors actuellement je me rattrape avec les disques et autres CD que je m'offre et surtout qu'on m'offre...Mes enfants aussi aiment la musique, je peux leur faire confiance pour choisir ce qui me plaît !

                                          Certains disent que le violon est triste...Non, ça peut être très gai et ça aiguise les sentiments. Vive la musique !

 

 

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Grand-Père...si su voyais !

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis..

                                    
                                      Pauvre orthographe !

                                      Jadis il fallait, en plus du calcul et de la lecture, bien écrire et surtout sans ces "proscrites", les fautes d'orthographe ! Voilons-nous la face, cinq fautes et pan ! vous aviez un magnifique zéro à votre devoir ! Si tout était resté en l'état, il y en aurait des zéros dans l'air actuellement ! C'est ainsi, l'orthographe n'est plus ce qu'elle était ! D'indispensable à une bonne instruction et une bonne éducation, elle est malheureusement devenue secondaire ! On "écrit comme on cause" ! Pas toujours très bien, et même parfois très mal ! Si les gens de ma génération sont choqués plus d'une fois, les plus jeunes considèrent que ce n'est pas grave .... Et ces fautes, vous les rencontrez partout....Et les SMS et autres MSN n'ont rien arrangé ! il faut écrire vite, en abrégé si possible, et surtout phonétiquement. Vite, vite, le temps nous est compté ! Ce qui explique que l'habitude en étant prise, il n'est pas rare de recevoir du courrier "officiel" truffé" de fautes...non, dans ce cas, on appelle ça des fautes de frappe ! Mais le résultat est là...et comme on ne se relit pas, c'est parti !

                                       Et moi, je me souviens de mon grand-père paternel, très gentil et qui aimait beaucoup ses petits-enfants, mais qui était absolument intransigeant ! Lorsque nous lui écrivions, il y avait bien une petite faute qui traînait ici ou là...Qu'à cela ne tienne, la lettre nous était retournée avec les fautes soulignées, mais toujours accompagnée d'un petit mot affectueux ! L'un faisant passer l'autre ! C'était dur et mon frère et moi le considérions comme tel, tout en sachant très bien que mon grand-père croyait bien faire...Mais bon ni nos parents ni nous ne trouvions ça tellement gentil!  C'était ainsi, c'était l'époque du grand-père "patriarche" à qui nous soumettions également nos carnets scolaires... Alors mon pauvre grand-père, je pense à toi ...qu'est-ce que tu souffrirais si tu vivais à notre époque ! Ta petite-fille souffre bien elle de temps en temps, surtout lorsque les mots écrits avec une orthographe fantaisiste rendent la phrase incompréhensible...Il faut traduire !

                                        Pour finir, une petite histoire, amusante mais qui m'avait alors hérissée ! Mon plus jeune fils, encore au jardin d'enfants, revient de l'école à midi et me donne un papier en me disant :" Melle...a dit donnez-le à votre Maman pour qu'elle signe, et rapportez-le sans faute après déjeuner". Je m'exécute et avant de reconduire mon fils à l'école, je mets le papier signé dans sa poche. Le petit me dit "tu l'as signé ?"ce à quoi je réponds affirmativement et il ajoute "t'as pas fait de faute, Melle...a bien dit, sans faire de faute" ! Et j'ai compris pourquoi il insistait tant !  Mignon non ? Ce qui démontre que le français est bien difficile à apprendre pour des étrangers...Il y a des nuances !


                                     

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Un grand merci....

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis..


                                      "Plus tard, tu me remercieras  "....

                                      Et  bien c'est fait, ce plus tard est arrivé...il y a déjà quelques années ! Combien de fois l'ai-je entendue cette phrase dite par mon frère, grand taquin devant l'Eternel ! .Ce frère que j'admirais et aimais, me taquinait beaucoup ce que je n'appréciais pas tellement alors ! A vrai dire, je n'avais pas très bon caractère...J'en ai quelques restes ! Et quand je me plaignais de ses taquineries, il me disait "Je te ferai le caractère, plus tard tu me remercieras ".... Prémonition ? peut-être !

                                      Taquin, chahuteur, joyeux garçon toujours en mouvement et malgré ça, excellent élève ! Tout pour plaire et j'étais obligée de rire de ses bêtises, même quand j'en faisais les frais ! Et nous étions si proches ! Protecteur pour sa petite soeur, oh combien ! Frère et soeur à la vie à la mort, nous étions liés par une grande affection et c'est sûrement en partant de ce principe "qui aime bien châtie bien" qu'il me rendait la vie moins routinière de temps en temps ! C'était pour mon bien disait-il ! Ben voyons ! Et moi, bonne fille, j'acceptais tout en rouspétant. Il avait de telles inventions que je finissais par rire d'autant plus que ce n'était jamais méchant. Mes parents essayaient bien de lui faire entendre raison, sans beaucoup de résultats ! Qu'est-ce qu'il a pu me manquer plus tard et je suis obligée d'admettre qu'il avait raison. Je me suis habituée aux taquineries avec d'autant plus de facilités que j'ai épousé un garçon horriblement taquin aussi et que nos enfants aiment assez ce sport aussi....

                                      Et si ma façon de voir les choses venait en partie de là ? Oui, mon frère m'a "fait le caractère" et ma famille créée a fait le reste...Il y aurait encore beaucoup à faire ! Je tiens encore bien souvent du hérisson qui se met en boule et je pars au quart de tour à la suite d'une réflexion qui me choque ou me fâche ! Nul n'est parfait, surtout pas moi. Si c'était le cas, je m'ennuierais moi-même ! vivre avec quelqu'un de parfait, même soi-même, ça doit être si triste..et j'aime la fantaisie ! Née "rouspéteuse", je suis encore "rouspéteuse". Il faut que je réponde, il y va de ma santé ! Je ne peux tout de même pas tomber malade, étouffée par une réaction interdite de manifestation ! Ça ne serait plus moi et les miens ne me reconnaîtraient plus...J'ai quand même appris, avec l'âge, à "m'écraser" parfois, mais c'est ce qui est le plus pénible pour moi !

                                      Un grand merci mon frère, tu avais commencé une oeuvre délicate et risquée ! elle a réussi en partie, enfin je crois...

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Humour...une façon de vivre....

par Geneviève Cotty

publié dans ne pas oublier de se souvenir


                                      Il suffit de me donner le "la" !

                                      On vient de me dire au téléphone que j'avais de l'humour .... Oui sans aucun doute, mais avais-je cet humour quand j'étais jeune? Je ne le pense pas ! Curieusement, cet humour m'est venu avec les responsabilités qui ont été les miennes à compter de la guerre. Si j'ai toujours bien aimé rire, je n'étais pas particulièrement joyeuse au point de rire de tout jadis...ce que mon père me reprochait d'ailleurs...Mais voilà, ma génération a été confrontée à une vie hors normes. Il nous a fallu nous adapter rapidement et pour plusieurs années. Je crois que c'est à partir de ce moment que j'ai changé dans ma manière d'aborder les problèmes...Il ne s'agissait pas de se lamenter sur ce qui avait été et n'était plus...et si cela ne m'a pas empêchée d'être "rouspéteuse", mon péché mignon (!), ça m'a donné du courage ! peut-être aussi parce que j'ai eu l'exemple de ma mère si courageuse pendant cette période maudite.

 

                                       Les années noires, il fallait en passer par là, mais sans accepter l'échine courbée et se " forcer à rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer"... C'est ce que beaucoup de français ont fait et ce qui mettait l'occupant hors de lui ! raison de plus pour, ostensiblement, faire comme si rien ne nous touchait...On fait la résistance qu'on peut. Et nous avons ri parfois de nos malheurs, de tous les désagréments que nous subissions, de ce manque de nourriture, de chauffage, de transports, de liberté enfin ! Et nous avons réagi, non pas avec le sourire, mais en riant, ce qui n'est pas la même chose ! Et l'habitude en a été prise...et ça nous a rendu la vie supportable. Quelques années plus tard, je me suis mariée avec un breton plein d'humour ce qui caractérise bien les bretons.  Mon mari se disait  fataliste...peut-être un peu. Mais pour lui, tout aurait  toujours pu être plus grave...! Tout ceci pour expliquer mon humour actuel, si humour il y a !

                                         Quand on devient vieux, à quoi bon se lamenter ? la vieillesse, c'est inéluctable avec le chapelet de tous les petits inconvénients attachés à l'âge ! On est moins rapide, on se fatigue plus vite, on dort moins bien, on a plus souvent besoin d'un petit banc pour attraper les objets en hauteur ! entre les plus et les moins, on a de quoi faire et si on n'accepte pas, la vie devient vite pénible ! Mais si l'humour est présent, tout est tellement plus facile ! Et ça permet de rester "dans la course" ! Mes enfants et mes petits-enfants me taquinent et j'aime ça ! Je suis toujours dans le circuit ! On devrait instaurer des cours d'humour pour les personnes âgées qui, trop souvent, deviennent un peu taciturnes et se plaignent trop....On a cette chance inouïe de profiter d'une vie qui se prolonge comme on n'aurait pas osé l'espérer il y a des décennies. Alors, si on la chance d'avoir une relativement bonne santé, prenons cette vie par le bon côté. C'est mieux pour tout le monde.

                                         Et voilà, comme toujours, il a suffi de me donner le "la" pour me mettre en route et bavarder. Quand la machine est partie, elle ne s'arrête pas facilement !

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Quand l'hiver ne se montrait pas clément...

par Geneviève Cotty

publié dans ne pas oublier de se souvenir


                                      Dur, dur de supporter ces hivers là !

                                      On ne peut le nier, l'hiver cette année se montre précoce, même dans les régions du sud de la France, un peu privilégiées habituellement ! Je reviens d'une "expédition en ville" et la pluie aidant, j'ai bien du mal à me réchauffer !  Et cela me rappelle ces hivers de guerre qui, allez savoir pourquoi, ont été des hivers plutôt rudes....A une époque pendant laquelle nous aurions bien apprécié que le ciel soit clément, il ne l'était pas ! Pluie, froid, neige, gel..nous avons tout connu, tout supporté ! . Les restrictions ont été pour tout, sauf pour le froid .... Alors qu'il gelait à pierre fendre, il n'était pas question d'arriver dans une maison bien chauffée, le charbon et le bois étant absents de toutes les maisons et de toutes les cheminées ou autres moyens de chauffage....Rien à donner à manger aux poëles et cuisinières qui avant la guerre vrombissaient de plaisir et rougissaient à qui mieux mieux ! Non, les foyers restaient noirs et tristes et nous grelottions....Lorsque nous arrivions bien mouillés par la neige ou la pluie, se réchauffer et faire sécher les vêtements n'était qu'un rêve parmi tant d'autres ! Bout du nez, pieds et mains engourdis par le froid, il fallait faire preuve de beaucoup d'imagination pour croire que ce n'était qu'un mauvais moment à passer....Le seul moyen pour résoudre ce problème, c'était le fond du lit et bien recouverts par des couvertures "d'avant-guerre", en vraie et bonne laine....

                                           Je me souviens de linge qui avait été mis à sécher dans la cuisine et que nous retrouvions bien raide parce que tout gelé ! c'était courant...Nous gardions le peu de charbon ou bois qu'on nous attribuait avec tickets bien sûr ,pour faire un bon feu le Dimanche et se sentir à peu près bien à la maison. Ma mère profitait alors que la cuisinière était allumée pour cuisiner un peu plus et faire des repas plus acceptables que les autres jours....Quelle vie ! Tous les hivers de guerre ont été très rudes. Au cours de l'hiver 1940/1941, j'avais été "expédiée" à PARIS chez ma tante pour profiter de la famille et...de la douceur de l'appartement parisien, notre grande maison étant impossible à chauffer !  Il avait alors gelé très fort pendant plus de deux mois consécutifs...Ça fait quand même un peu long...Et comme pour le reste, petit à petit on s'est organisé et on a "fait avec"..On s'est surtout endurcis ! Il fallait bien, nous avions quatre hivers de même type à vivre .

                                             En rentrant chez moi tout à l'heure, j'ai repensé à ces hivers et pourtant...je suis arrivée dans un appartement chauffé,  mon accompagnatrice (encore plus gelée que moi malgré sa jeunesse !) et moi avons pu nous faire un café bien chaud et apprécier la douceur d'une maison accueillante. Ce n'était pas le cas dans les années quarante ! Ne nous plaignons pas. Il y a bien d'autres personnes actuellement qui n'ont pas la chance d'avoir un toit ou même simplement un petit coin bien au chaud. Je comprends ce qu'elles doivent ressentir et combien il est dur de supporter l'hiver quand il ne veut pas se montrer clément !

                                              Vivement le printemps !

                                           

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En allant prendre le train....un hiver avant la guerre..

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...

 

                                    Juste avant la guerre.....

                                    Année scolaire 1938-1939, c'en était terminé de mon école de banlieue. Ouf ! à moi la liberté...enfin presque! Inscrite à la faculté de droit, je devais donc aller tous les jours à PARIS et c'est vrai que je me sentais libre, ce qui à l'époque était une sensation tout à fait nouvelle pour une fille ! on ne nous lâchait pas comme ça dans la nature... Je devais donc prendre le train, pas tout à fait seule puisque mon frère allait au Lycée à PARIS également. Mais voilà, moi j'avais un très gros défaut...je partais toujours en courant parce que j'étais toujours en retard...ce qui faisait dire à mon frère "toi tu ne prends jamais le train que tu voulais prendre, tu prends celui d'après" (curieusement, j'ai entendu pratiquement la même phrase dite par mon mari quelques années plus tard...). Passons...

                                    Donc, en cet hiver 1938/1939, munie de ma carte d'abonnement SNCF, je me dirige vers la gare en courant comme à mon habitude. Il avait neigé...Pour atteindre les quais de la gare, il fallait emprunter un souterrain et descendre quelques marches. Rien de bien spécial..Mais, taquinerie ou amour du travail bien fait, les contrôleurs exigeaient de voir cette carte d'abonnement à l'année. Nous étions connus, mais le règlement, c'est le règlement ! Il me fallait donc ouvrir mon sac, tout en courant pour ne pas rater le train...de quoi stresser même une personne calme ! et en plus, mon frère qui s'énervait car pour lui, l'heure, c'était l'heure ! Ce jour-là, il neigeait donc ;chaussée et marches glissantes ! Et je vois que le contrôleur de service était le plus exigeant. Rien à faire avec lui, il voulait voir la carte coûte que coûte le sourire d'une fille de 16 ans ne lui suffisant pas ! Je "fourrage" donc dans mon sac alors que j'arrivais sur la première marche de l'escalier et...pan, je glisse...j'avais la carte à la main et j'arrive devant mon employé-tortionnaire...mais sur les genoux ! Quelle honte ! je me sentais couleur cerise...mon frère riait (aucune pitié), et j'entends cette phrase qui m'a achevée "C'était pas la peine, je n'en demandais pas tant" ! J'ai vraiment eu envie ce jour-là de tuer le contrôleur pour ses exigences et surtout sa moquerie ! Il ne s'est jamais rendu compte certainement qu'il était passé bien près de la mort ! Je n'avais pas le temps heureusement car mon train arrivait en gare, et j'avais mal un peu partout, aux genoux et...à l'âme !

                                     Pourquoi cette histoire m'est toujours restée en mémoire ? J'avais eu là la vexation de ma vie...J'ose croire que ce contrôleur SNCF ne s'est pas vanté que les jeunes le respectaient tellement que certaine s'était mise à genoux devant lui ! ça serait un comble !

                                     Nous avons bien ri ensuite...nous étions jeunes et insouciants alors, plus pour longtemps...mais ça, nous ne le savions pas encore !

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La route de Noël continue.....

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                                      Les décorations de Noël...

                                      Ce matin au réveil j'avais décidé que pendant ce week-end, je décorerais mon appartement....Je ne serai pas chez moi à Noël, mais une maison non décorée en cette période est trop triste.. Alors que dehors rues, magasins, boutiques, tout s'illumine, pourquoi pas chez moi ? Il y a bien des années, mon mari se réservait ce travail et rendait la maison accueillante pour nous et tous ceux qui arrivaient pour les fêtes...et ça faisait du monde ! Une grande crèche provençale occupait un angle du séjour, puis un grand sapin avec guirlandes électriques, le tout pour la plus grande joie des petits-enfants...et aussi des plus grands. Puis quelques années plus tard, la maladie s'étant installée, il a continué d'installer la crèche au prix de gros efforts...Et maintenant, j'ai repris le flambeau et je fais toujours une crèche, plus petite, et je décore...tout ce qui me tombe sous la main, y compris les plantes vertes à défaut de sapin ! Mais l'illusion est là.... Donc voilà : "chronique d'un week-end annoncé ", décoration ! Il y a des occupations plus désagréables que ça ! l'inconvénient, c'est qu'avec moi, ça dure un peu longtemps ! j'ai un souvenir attaché à chaque santon, chaque guirlande, chaque boule de couleur...ça ne fait pas avancer les opérations !

                                        Et voilà que dans la matinée, je reçois par colis une magnifique couronne de Noël accompagnée d'un petit mot m'indiquant que c'était pour me permettre de décorer ma maison ! Attention touchante et...qui m'a touchée. Merci à l'expéditrice, c'était une petite pensée charmante ma chérie. Me voici donc occupée à ressortir la boîte "décorations de Noël" et à faire le tri. Il y a beaucoup de choses et je ne peux tout mettre, faute de place...La maison était grande, l'appartement ne l'est pas plus qu'il faut ! Mon Dimanche est assuré, ça tombe bien, le temps n'étant pas extra..."Vive le vent"...c'est ce nous chantons presque tous les jours en ce moment ! 

                                         Ah ! ces décorations de Noël, je les apprécie toujours autant ! Lorsque nous habitions PARIS, nous emmenions nos enfants voir les vitrines animées des Grands Magasins...Puis une année où Noël se passait chez un de mes fils, nous avions emmené nos petits-enfants voir tout ça pour les distraire et les occuper en attendant le Père Noël, ce qui était un peu difficile ! Je revois les Grands Boulevards, les Champs Elysées, la Tour Eiffel illuminée.... Cette année là comme nous passions Noël à PARIS et qu'en revenant nous nous arrêtions dans la région lyonnaise chez notre autre fils pour passer le Jour de l'An, nous avions trouvé inutile de décorer la maison alors que notre absence durait une dizaine de jours. Chez chacun de nos fils, tout brillait de mille feux...c'était gai, familial, agréable...Au retour chez nous, nous avons trouvé la maison si triste que nous l'avons vite décorée et que mon mari a fait sa grande crèche habituelle ! Ça ne voulait plus rien dire, mais ça nous a soulagés....Non, cette période sans aucune décoration, ce n'est tout simplement pas vivable !

 

                                          Voilà pourquoi je pense que même lorsqu'on est seul, ce qui malheureusement est assez fréquent, âgé aussi, il ne faut pas se laisser aller ! Une petite guirlande dans une plante verte, ça semble ridicule ? Pas tant que ça ...c'est joli, gai et ça donne de la joie. Et puis, que ceux qui ne sont pas seuls pensent que ça peut arriver un jour ou l'autre...

                                       

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Dans l'attente du Père Noël....

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...


                                      "Non, non, rien n'a changé..."

                                      Le coup d'envoi est lancé et bien lancé ! Cette fois-ci, nous sommes vraiment en période de Noël... Si les enfants attendent avec impatience, je pense que les parents ont la même impatience...Eux font le lien entre leurs enfants et le Père Noël qu'il faut bien aider un peu. Il a tellement de travail ! Alors parents, vite sur la ligne de départ pour les courses. A vous de choisir, de peser, soupeser et faire les comptes ! tout ça sans décevoir personne si possible. Quel dilemme ! Je me souviens d'une déception qu'avait eue mon frère, alors que pour la première fois il avait compris que nos parents intervenaient beaucoup dans les livraisons du Père Noël !

 

                                       Il était dans une troupe de louveteaux et passait chez les scouts. Ce n'était plus le même uniforme et il avait besoin de matériel pour les camps ! Qu'à cela ne tienne, il avait "fait sa liste pour Noël" et y avait ajouté une boîte de MECCAVION (genre de mécano mais pour construire des avions). Oh la la ! ça faisait beaucoup tout ça, et mon père avait estimé que le mecavion était en trop...tout au moins pour son porte-monnaie ! Alors, lorsqu'on nous a donné nos cadeaux si mon frère était heureux de l'équipement scout, il semblait déçu...Et avant d'aller se coucher, il a mis ses souliers devant la cheminée...et le lendemain matin il m'a envoyée voir si....le MECAVION avait été déposé dans ses souliers...il n'y avait rien...Et comme un petit garçon qu'il était encore, il a pleuré. Mon père le voyant si malheureux et lui-même se faisant tant de reproches est allé chez un marchand de jouets (qui ouvrait le matin de Noël à cette époque) et a rapporté ce magnifique cadeau ! Non ce n'était pas raisonnable, mais voir la déception sur le visage d'un enfant n'est pas très supportable non plus ! Et voilà pourquoi je crois que les parents ont bien des soucis en cette période !

                                          Et si les temps ont bien changé, ce qui ne change pas, c'est  la joie que se font enfants et parents des cadeaux de Noël, les uns parce qu'ils les reçoivent et les autres parce qu'ils les offrent , très souvent au prix de gros sacrifices.... mais pour le plaisir. Et je pense aux parents qui, malheureusement, avec toute la meilleure volonté du monde, ne peuvent pas donner cette joie. Comme ils doivent être tristes ! 

                                           Non, rien n'a changé !


                                         

 

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