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Une arrière saison agréable....

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...

                         Voyage au Maroc....

                         C'était à l'automne fin des années 1980...Mon rêve allait se réaliser, nous allions visiter le Maroc ! J'en avais très envie depuis...qu'en classe de 5ème, j'avais appris le Maroc ! Il faut reconnaître que je suis patiente...J'y pensais toujours, de même que j'aurais aimé visiter le Canada depuis la même époque ! Bon, pour le Canada, ce n'était pas d'actualité.

 

                         Nous voici donc partis à CAVAILLON dans une Agence de voyages, et nous choisissons notre séjour et notre circuit de huit jours...Un peu court, mais j'avais bien attendu 65 ans, je pouvais attendre pour un deuxième séjour ! L'Agence nous donne, outre nos billets, des conseils éclairés...Et on nous prévient qu'au Maroc, c'est la saison un peu fraîche, un peu mouillée et qu'il faut donc prévoir des vêtements en conséquence . Qu'à cela ne tienne ! je prépare nos valises, et je n'oublie ni les pulls, ni les imperméables, ni les bonnes chaussures pour la pluie...A tout hasard, on ne sait jamais, j'ajoute deux robes légères pour moi, des chemisettes pour mon mari, et des chaussures d'été. Pour être parés, nous étions parés et équipés comme de vrais randonneurs !

 

                         Départ de LYON, direction MARRAKECH. Ce jour-là, il faisait chaud en Provence et même chez nos enfants à LYON... Nous nous habillons donc en conséquence, nous verrions bien en arrivant au Maroc s'il nous fallait sortir les vêtements chauds....Le commandant de bord nous annonce la descente sur Marrakech et nous indique les températures dans les airs...Pas chaud en effet. Mais, il ajoute négligemment "température au sol : 40° "...Aïe....Nous sortons de l'avion et l'air chaud nous cloue au sol ! Pour être chaud, c'était chaud ! On nous dirige sur l'hôtel, très bien, mais où la climatisation ne fonctionnait que le soir à partir de 19 heures....Encore aïe ! Nous décidons de faire un petit tour dans le quartier en attendant le dîner et tout à coup, vent violent, transportant du sable ocre...On n'y voyait plus rien....Mais quand on n'a jamais vu un tel spectacle, c'est intéressant et instructif....Et la chaleur s'est bien installée ! et nous avons défait nos valises de façon à mettre dans une seule valise les vêtements chauds, et à garder à notre portée seulement les vêtements d'été.... Comme nous avons bien fait ! Une vague de chaleur s'était abattue sur le Maroc, et cela a duré tout le temps de notre séjour....Nous avons beaucoup transpiré...quelle bonne idée d'avoir quand même pris quelques vêtements d'été ! 

                           Mais quel bon souvenir ce voyage...Nous avons vu des lieux magnifiques, trop rapidement sans doute...8 jours, c'est peu ! Mais mon rêve de gosse était réalisé...Nous avions prévu d'y retourner une autre année, malheureusement, la maladie en avait décidé autrement. Et nous avons eu la satisfaction de nous dire que nos vêtements d'hiver avaient fait un beau voyage; d'accord, ils ne sont pas sortis de la valise...mais nous n'avions fait qu'obéir au voyagiste !

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Quel travail !.....

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis et maintenant

                         "Un livre, me devrais-je inquiéter d'un livre ".....

                         D'accord, ça ressemble à une parodie ce titre....Mais comme il est bien question d'un rêve qui semble prendre corps, et qui me donne bien du tourment, je n'ai pas trouvé autre chose !

                         Écrire, écrire, en suivant le fil de sa mémoire, c'est ce que je voulais à l'origine avec ce blog...Et puis, petit à petit, encouragée par les uns et les autres, je me suis dit que, peut-être, je pourrais publier un livre de certains de mes souvenirs, notamment ceux de cette période que les gens de ma génération ont connue et qui, si elle n'est pas la plus glorieuse, a été la plus destructrice pour le monde entier !

 

                         Et voilà comment je me retrouve (à mon âge !) occupée à publier ces mémoires. Un éditeur courageux sans doute, veut bien s'en charger ! Et j'en suis à la "relecture" avant publication définitive...Quel boulot ! Corrections, modifications....et surtout remise en cause de mon objectif ! Mais qu'est-ce qui m'a poussée à faire un truc pareil ? Besoin de parler, raconter...

 

                         Voici donc comment et pourquoi, prochainement, un petit message de ma part vous tiendra au courant de la date de parution de cette "oeuvre", et de son titre....En attendant, pensez à moi, j'ai bien besoin de soutien moral....Mais "que diable suis-je allée faire dans cette galère" ? Heureusement que mes enfants me donnent un coup de mains ! Merci à eux et à vous tous.

                         

                        

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Au nom de l'éducation....

par Geneviève Cotty

publié dans il était une fois...

                         Quel sacrifice....

                         Comme il est bon de sourire, j'abandonne pour aujourd'hui les souvenirs de guerre ! Ouf....

                         C'était début 1979, nous habitions ROBION depuis quelques mois. Près de chez nous, une villa était en construction. Un jour, nous voyons arriver chez nous un jeune couple accompagné d'une petite fille de 4 ans environ. Ces jeunes se présentent, ils vont être nos nouveaux voisins et leur fille s'appelle Sophie. Elle est très mignonne cette petite et de l'âge de deux de nos petits-enfants. Bien sûr, nous leur proposons à boire puisqu'on est aussi bien pour discuter autour d'un verre. Et je donne à Sophie un verre de sirop ou de jus de fruits et des petits gâteaux. Polie, elle dit bien merci et apprécie son goûter.

                          Elle revient à diverses reprises et à chaque fois, tire son papa par la manche et lui dit tout bas "j'ai soif"! Bon, ça, je l'avais fait avant elle quand j'étais enfant, et au grand désespoir de ma mère ! Je lui donne à boire et...des gâteaux. Un jour, nouvelle visite et la petite se tient sagement près de ses parents, sans rien dire... Et tout à coup, profitant d'un moment où la conversation des grands semblait au point mort, Sophie dit très fort "afin que nul n'en ignore" :
                        "Papa, j'ai rien demandé aujourd'hui, mais j'ai soif quand même" !

                         Nous avons tous ri bien entendu ! La leçon avait été bien apprise, mais, quel sacrifice ! Elle ne demandait toujours rien...mais j'avais compris !

                           Ce que j'aime chez les enfants, c'est leur innocence. Ils ne composent pas et disent ce qu'ils pensent. Et la bonne éucation n'empêche pas d'avoir soif !

                            A un autre jour....Pour l'instant, j'attends ma famille...mon ordinateur devra se contenter de quelques rares passages...

                          

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Apocalypse.....

par Geneviève Cotty

publié dans ne pas oublier de se souvenir

                         Un documentaire poignant...

                         Quel autre titre aurait-on pu donner à cette série-documentaire vue sur la deuxième chaîne de télévision ? Aucun autre ! celui-là s'imposait. Et comment mieux décrire cette période épouvantable que le monde entier a dû subir ? C'était tout simplement d'un réalisme extraordinaire...pas romancé, des faits réels...presque insoutenables parfois, mais qui peuvent peut-être faire comprendre comment nous en étions arrivés là...Tous ceux qui ont participé à ce documentaire, cinéastes, historiens, techniciens et bien d'autres, ont fait un travail d'orfèvrerie. Pour ceux qui ont vécu cette époque, c'est une remise en mémoire s'il en était besoin ! Et pour les générations qui suivent, des explications nécessaires. Cela fait partie de notre histoire et de l'histoire du monde. Il était bon qu'on le rappelle .

                          Pas de misérabilisme. Une histoire poignante qui devrait pouvoir servir de leçon au monde actuel. Il y a eu beaucoup de téléspectateurs, plus qu'espérés si j'ai bien compris, ce qui prouve que les nouvelles générations ne se désintéressent pas de toute cette période. Elle a existé pour le malheur d'un grand nombre, ne l'oublions jamais. Ce fut une époque dramatique, époque de tous les dangers; les libertés étaient alors bafouées, la vie ne comptait pas...Tout ça, pour l'orgueil d'un homme, un fou sanguinaire, méprisant, qui ne respectait pas "tous les hommes, toutes les races"...Ne laissons jamais refaire une chose pareille.

                          Apocalypse, c'est vraiment le terme qui convient.

                          

                        

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Etions-nous prêts ?.....

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis..

                         La réponse est "non" !...

                         En cette période anniversaire de ce qui fût la plus grande catastrophe du siècle, je me souviens de "petites" choses qui auraient dû nous "mettre la puce à l'oreille" ! Il semble que nous n'étions pas prêts pour cette grande aventure ! Bien des observateurs de l'époque, bien des historiens en conviennent ! D'accord, on nous disait que nous étions les plus forts...mais les plus forts en quoi ? En belles paroles ? alors là, c'est exact. Pour le reste... j'entendais mon père dire que l'armement était un peu vieux... Les tenues militaires aussi ! mon père, mobilisé en octobre ou novembre et qui avait déjà fait la guerre de 1914/1918, avait d'abord été habillé en ... bleu horizon ! Plus de tenue kaki. Quand il en a enfin touché une, on avait sûrement oublié de prendre ses mesures avant...Il flottait dans ses vêtements ! Coquet comme il était, ça le mettait hors de lui et il avait tout fait rectifier ! Il n'était pas grand et plutôt replet...si la largeur allait, la hauteur non ! Bof, ça n'empêche pas de faire la guerre, mais pour le moral des troupes, ce n'est pas terrible !

 

                           Ce sont des petites choses qui ne devraient peut-être pas avoir d'importance, mais tout était à l'avenant ! Lorsque mon frère est monté au front, fin avril 1940, il n'avait pas eu de plaque d'identité avec gourmette (je ne sais pas comment ça s'appelle exactement). C'est mon père qui oui en a fait faire une lors de sa dernière permission. Il a dû attendre un casque...Il n'avait pas de carte d'Etat-major, il avait réclamé à mes parents des cartes routières de la région où il se trouvait...Celles-ci nous sont d'ailleurs revenues, la censure ne les ayant pas laissées passer...Le règlement, c'est le règlement ! Nous avions compris qu'il se trouvait dans la Somme et la région....
Tout était ainsi, on sentait un manque de préparation... Si c'était la même chose pour tout ce qui était plus important, pas étonnant que la défaite de 1940 ait été si cuisante !

                            Ah ! bien sûr ! nous avions la Ligne Maginot ! Imprenable, sauf si on la contournait un peu .... Et on a accusé l'armée française d'être défaitiste...Il fallait au contraire avoir un moral d'acier...

                            Septembre 1939 - septembre 2009...Je repense évidemment à ce qui a gâché tant de jeunesses, tant de familles, tant de vies....Est-ce que ce n'était pas "un peu léger" tout ça ? On le saura peut-être un jour....Historiens, à vos marques !

                            

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Il était une fois....jadis !

par Geneviève Cotty

publié dans de tout un peu....

                         Des contes ? non, des faits réels....

                         Je me souviens des contes de fées de mon enfance, qui commençaient tous par ces mots magiques qui me tenaient déjà en haleine : "Il était une fois...". C'était le rêve qui vous était raconté et ça se terminait toujours bien ! J'aimais beaucoup. Et puis, j'aimais tellement lire ! Plus tard, je me suis passionnée pour les classiques et certains romans qui font réfléchir parce qu'ils dépeignent la vraie vie, des situations qui peuvent exister, des caractères hors du commun...Des récits relatant des faits réels ou m'obligeant à "faire travailler ma tête" ! Cette pauvre tête, je lui en demande des choses ! Je suis bien compliquée !

                          Et puis, je me suis mise à écrire des articles sur ce blog, pour relater mes souvenirs que j'aime faire partager....Expliquer comment était la vie dans ma jeunesse, un peu dure parfois, mais belle aussi, jusqu'à ce qu'un illuminé en l939 vienne nous la chahuter ! J'écris des faits réels qui m'ont touchée, peinée souvent et auxquels je continue de penser...Je ne suis pas imaginative et ne sais pas inventer. Et ma génération a été gâtée si on peut dire...Tous les jours, pendant des années, de 1938 à 1945, un nouveau fait venait "enrichir" notre histoire. Episodes dramatiques, tragiques, et parfois tragi-comiques quand on voulait bien accepter de rire de tout dans cette grande détresse qui était notre lot. Le "sac à souvenirs" se remplissait à la vitesse supersonique ! 

                           Et voilà pourquoi j'ai eu l'idée de ce blog un jour ! Après que, par hasard, un article que j'avais écrit sur le bombardement d'ATHIS/JUVISY, ait été publié sur un site ami (www.dandylan.over-blog.com) catégorie "Ancien temps"grâce à son responsable qui m'a fait confiance, et qui, de temps en temps, publie encore mes souvenirs de mes "deux villes". Que ce soit sur ce site, que ce soit sur mon blog, je n'invente rien, je raconte... Et vous avez la gentillesse de me laisser des commentaires agréables le plus souvent et c'est ce qui me fait le plus plaisir. Il y a bien une exception....mais ! Au moins, ça a été lu !

                            Prochainement, je vous ferai part d'une nouvelle qui me tient à coeur...Chut, c'est encore un peu tôt... A bientôt donc !

                             



                          

                        

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L'instinct maternel.....

par Geneviève Cotty

publié dans Joies et peines

                              Histoire simple...

                        J'aime beaucoup l'émission "30 millions d'amis"... Nos amis les animaux y sont mis à l'honneur et nous y découvrons des histoires charmantes...Telle celle de ce poulain aujourd'hui qui avait été rejeté par sa mère, dès sa naissance, et qui a été élevé par une autre jument qui l'a adopté et nourri comme son propre poulain...C'était touchant de le voir avec sa mère de substitution, alors que sa véritable mère n'en voulait absolument pas...Tout comme chez les humains, il est rare qu'une mère refuse la maternité mais malheureusement ça existe...Et c'est un drame.

                        Je me souviens qu'en Lorraine, ma grand-mère qui aimait tant ses lapins avait eu un souci avec une lapine qui venait d'avoir des petits. Elle les tuait tout bonnement ! elle n'en voulait pas...Alors, grand-mère a eu l'idée de lui enlever sa nichée au grand complet et de la passer à une autre lapine qui avait eu également des petits...Elle risquait le tout pour le tout...Ou bien les petits mouraient tués par la mère, ou bien l'autre lapine acceptait tout ce petit monde ! Ce qu'elle a fait...Elle les a tous élevés, en "frères et soeurs", partant certainement de ce principe "quand il y en a pour deux, il y en a pour trois" ! Une lapine au grand coeur !

                         Pour les humains, partager le pain avec ceux qui n'en ont pas...pour les animaux, partager le lait et l'amour maternel avec ceux qui en sont privés... C'est beau la vie parfois !

                        

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Le "SAMU" des oiseaux.....

par Geneviève Cotty

publié dans de tout un peu....

                        Attention ! danger.....

Lorsque la maison venait d'être construite, il y avait cette terrasse bien agréable l'été, couverte, mais non fermée...Dès que nous avons eu des oiseaux dans le jardin, c'était pour eux un lieu de passage et même de repos. Ils n'étaient pas farouches... Et les années passant, nous avons décidé de faire fermer cet endroit, au moyen de grandes baies...ça nous faisait une pièce supplémentaire que nous utilisions à longueur de journée, par tous les temps ! Vue imprenable sur le jardin, puis sur la piscine ! Dès le petit déjeuner, c'était "notre pièce" à vivre !

            Mais un jour, nous entendons un bruit sourd sur la vitre...C'était un petit oiseau qui voulait emprunter son chemin habituel et qui s'était assommé...Mon mari l'a ramassé et a cru bon de le faire boire. Catastrophe! l'oiseau est mort dans sa main. Alors, nous avons trouvé une solution qui s'est révélée efficace : nous avons installé près d'une baie entr'ouverte, un petit panier bien garni d'anciens lainages bien douillets... Nous l'avions baptisé du nom de "SAMU des oiseaux". Dès qu'un oiseau venait se taper dans la vitre, nous le ramassions et l'installions dans ce panier. Il restait là plusieurs heures parfois, le temps de récupérer, et hop, il partait par cette fenêtre à demi-ouverte ! Et il allait retrouver ses arbres et surtout ses amis...Le remède était simple...Tout le monde était content ! Un peu de chaleur, un endroit tranquille, la bonne santé était retrouvée.

                       " Aimons-nous à ce point les oiseaux ".... Bien sûr ! ces petits êtres qui apportent la gaîté dans un jardin ! Je connais quelqu'un qui ouvre tous les hivers "les restos du coeur" pour oiseaux, dans son jardin près de Toulouse...N'est-ce pas Michèle ? Je n'ai pas pu installer la photo malheureusement...je ne suis pas très douée .

                       Bon week-end !
 

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Septembre 1940...des nouveautés !

par Geneviève Cotty

publié dans jadis et humour

                         Les "vaches maigres"...

                         Dès le 17 septembre 1940 le rationnement est décidé avec mise en application quelques jours après...Bon, on s'y attendait un peu, mais ça fait un choc ! Comment allions-nous faire ? et surtout, quelles seraient les quantités de denrées qui nous seraient allouées ? Tout ça dépendait d'un tas de calculs, de votre âge, de votre travail etc...Il y en avait pour tous les goûts si on peut dire ! Ce n'était pas "selon que vous serez puissant ou misérable", mais "selon que vous serez J1 - J2 - J3 - Travailleur de force et je ne sais plus trop quoi ". Moi, comme j'avais la chance d'être encore une adolescente, on m'avait mis dans la catégorie des J3 ! Ah mais ! J'avais droit entre autres à 1/4 de litre de lait écrémé (oh combien !) par jour, 300 grammes de pain, et parfois, mais ce n'était pas régulier, des tickets sortaient, vous donnant droit à des confitures et autres "gâteries"....Un peu de viande (je ne me souviens plus de la quantité, mais très peu), peu de beurre, peu d'huile, peu de sucre, peu, peu, peu de tout !Pas de quoi festoyer et attraper des indigestions ! Ma mère, elle, n'étant pas dans les normes requises, n'avait droit à aucun supplément ...le strict minimum...

 

                           Avec tout ce "peu", l'ingéniosité a fait son apparition ! faire des gâteaux sans oeufs, sans beurre, sans farine ou si peu, sans sucre, boire du café sans café...faire cuire sans gaz ou presque... Je me souviens d'une amie de ma mère qui avait mis au point une marmite norvégienne : dans un grand fait-tout haut, elle avait installé à l'intérieur tout autour, une épaisseur de journaux, une épaisseur de vieux lainages. Elle faisait bouillir un semblant de pot-au-feu avec le peu de viande reçu, et quand la cuisson était bien en route, elle mettait son récipient contenant ce qui était à cuire, bien fermé, dans la "marmite norvégienne"...Elle refermait bien le tout  en recouvrant sa marmite avec une couverture et laissait ainsi toute la matinée...ça cuisait très bien et elle n'avait pas usé de gaz ou presque ! C'était un peu l'ancêtre des cocottes minutes ! De tous temps, en France on n'a pas eu de pétrole, mais qu'est-ce qu'on peut avoir comme idées !

                            Il y avait bien le "sans-tickets", rutabagas et ersatz de toutes sortes ! Outre d'avoir des idées, en France on aime la gastronomie ! Bien, c'était raté ! Rutabagas, bon on savait ce que c'était (ma grand-mère en donnait à sa vache et à ses lapins). A la limite, ça pouvait passer, mais ça vous donnait faim ! Ersatz...alors là, c'était le mystère ! Qu'est-ce que ça pouvait bien contenir ? goût, couleur, aspect....une horreur ! J'aurais tout de même aimé connaître un jour la composition de ce pâté de poisson (que je n'ai pas encore digéré), que nous avions mangé un jour de disette ! Je ne suis même pas certaine qu'il y ait eu dedans une seule arrête de poisson ! Tant pis, je quitterai cette vie sans avoir jamais eu l'explication ! Mais tout était à l'avenant dans ces ersatz !

                            Et on s'étonne qu'il y ait eu du marché noir...mais voilà, pour ça, il fallait avoir de quoi payer ! Ce n'était pas toujours le cas....

                            Après la guerre, notre régime a été un peu "élargi"...Mais il a fallu attendre quand même quelques années...Septembre 1940 se prolongeait...

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Souvenirs...par procuration (suite)...

par Geneviève Cotty

publié dans Jadis..

                         Etre apprenti...jadis .

 

                        Sans être très bavard, (c'est le moins qu'on puisse dire) , mon mari parlait assez souvent de sa jeunesse et notamment de cette période d'apprentissage en charcuterie, alors qu'il avait à peine 15 ans...Certains devaient commencer à travailler très tôt pour soulager les finances de la famille ! Aussi, lorsqu'il y avait un peu de "tiraillement" avec nos enfants, il leur racontait...

                         Les métiers de l'alimentation sont des métiers assez durs et à cette époque, les lois sociales n'avaient pas encore vu le jour...C'était au début des années 1930. Il était "logé et nourri"...Logé ? dans une mansarde au 6ème étage, sans confort. Je ne me souviens pas s'il y était seul ou avec d'autres apprentis, mais il était accompagné de...punaises ! ça, c'était un mauvais souvenir ! L'hygiène était alors...ce qu'elle était ! Le chef, car il y a une hiérarchie dans ce métier, était tout-puissant...Il distribuait le travail, les coups de pied aux fesses et autres petits bonheurs... A la table commune, le chef était servi en premier et ça allait en ordre décroissant, le plus jeune apprenti étant servi en dernier...Oui, mais...lorsque le chef avait terminé...tout le monde devait se lever et reprendre le travail...Vous n'aviez pas terminé le repas ? aucune importance ! A la limite, les patrons étaient beaucoup plus compréhensifs.... A PARIS, les laboratoires (cuisines) se trouvent au sous-sol, sous la boutique. L'apprenti montait les plats à installer et quand il n'allait pas assez vite...le chef le piquait avec la pointe d'un couteau, sans lui faire grand mal bien sûr, mais simplement pour lui faire grimper plus vite les marches...celles-ci étant glissantes de gras, les chutes n'étaient pas rares et les plats étaient cassés ! Alors, comme je l'ai déjà indiqué, c'était "à retenir" sur la paie déjà tellement minime d'un apprenti ! Les journées étaient longues, très, du matin très tôt au soir très tard...On ne quittait le laboratoire qu'après que tout fut propre et bien rangé....Mon mari racontait que l'hiver, il ne voyait pas le jour : le matin, le jour n'était pas encore levé et le soir...il faisait nuit depuis très longtemps quand il remontait du sous-sol ! 

                            Tous les ans, il changeait de charcuterie, ce qui était nécessaire pour l'avancement. Tout était inscrit sur un carnet d'apprentissage...Lorsqu'il a débuté, les charcuteries ne fermaient que le jour du Vendredi Saint...Il avait un dimanche après-midi de temps en temps et venait voir ses parents en banlieue. Puis, en 1936, tout a changé ! c'était un peu plus réglementé et surtout, il n'était plus le "petit" apprenti...Il avait eu un chef qui était dur et même méchant et avait été très content de quitter cette charcuterie. L'année d'après, en se présentant dans une autre maison, il est reçu par le patron qui n'était autre...que son ancien chef qui venait de reprendre la charcuterie de son beau-père ! Et là, surprise, cet homme si dur s'est révélé être un patron très agréable et compréhensif. Ce fut un bon souvenir...Dans une autre maison, la dernière qu'il ait fait avant l'occupation, les patrons avaient deux fils de l'âge de mon mari. Ceux-ci allaient au Lycée, mais avaient noué des liens amicaux avec l'employé de leur père, et la famille l'emmenait en week-end très souvent. J'ai connu ces gens, tellement gentils et humains...

                             Et voilà, c'était la vie d'un apprenti jadis...Mon mari racontait, mais ne se plaignait pas...C'était ainsi ! Tout ça pour faire carrière dans une toute autre branche ! Mais, je vous avouerai que j'en ai tiré bénéfice...mon mari savait très bien faire la cuisine, préparer de jolis plats et cela a été appréciable pour les baptêmes, les communions, les fêtes de famille ! 

                             J'espère que maintenant, l'apprentissage est un peu mieux organisé et surtout protégé...                     

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