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humour

Pauvres femmes...pas seulement jadis !

par Geneviève Cotty

publié dans humour


                          Bonne journée !....

                         Peut-être ce jour de repos pour tous ceux qui travaillent, m'a-t-il fait penser à la période pendant laquelle j'étais en activité...Comme toutes les femmes, je les appréciais ces jours de congé...Enfin, il y aurait moins de cavalcade le matin, pour essayer d'être à l'heure au travail, mais auparavant d'attrapper le bon train...condition impérative pour arriver à l'ouverture des bureaux ou de l'usine.... Ah oui, les matins, quels souvenirs ! Vite, préparer le petit-déjeuner, vite passer à la salle de bains, vite faire lever les enfants, vite les préparer (quand ils voulaient bien suivre notre vitesse...), à vitesse grand V, les conduire à l'école (là, j'étais dans les privilégiées, ma mère venant les garder à la maison, mais toutes les mamans n'avaient pas ma chance !) . En résumé, il fallait faire vite ! Quand nous habitions en banlieue, mon mari partait trop tôt le matin pour pouvoir me donner le petit coup de main qui m'aurait bien rendu service !). Et voilà, moi qui n'avais jamais été une "rapide" dans ma jeunesse, je rejoignais le troupeau des femmes pressées que l'on voit courir tous les matins ! Et c'est ainsi que.....

                          Un matin, arrivant dans le souterrain de la gare de JUVISY, un éclair a subitement traversé mon esprit et j'ai pensé avec horreur que "je ne m'étais maquillé qu'un seul oeil !" J'en étais absolument certaine, je ne me voyais pas du tout occupée à embellir mon regard (!)...En transe j'étais ! je sors bien vite une petite glace de mon sac et je constate qu'en effet, un seul oeil avait eu droit à un traitement de faveur ! Le résultat était plutôt curieux et je ne pouvais pas monter dans le train comme ça ! Il ne me restait qu'une solution puisque je n'avais pas le temps (encore lui) de terminer mon oeuvre ...enlever le maquillage orphelin, en humectant un mouchoir avec "le baume de mon coeur" et en frottant cils et sourcils...Il était temps, le train arrivait...Ouf ! enfin assise ? bien sûr que non, le train avait déjà ramassé pas mal de gens sur son parcours....Debout, comme d'habitude ! Quelle journée qui démarrait mal ! heureusement que les secrétaires travaillent assises une grande partie de la journée ! C'est fou ce que le travail peut parfois vous reposer !

                           Ce n'est qu'une petite anecdote qui peut arriver à toutes les femmes obligées de faire face à tant de choses ! Agîtées ? que non pas...elles croulent sous les tâches avant même d'avoir commencé leur journée de femmes libérées professionnellement ! Et je crois que de ce côté, rien n'a beaucoup changé. Bien sûr, certains pères mettent la main à la pâte et participent à la vie familiale...parce que c'est ça aussi la vie familiale ! Il y a du très bon, il y a du beaucoup moins bon...Mais c'est un plaisir quand même,

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Petite histoire de guerre...pour sourire !

par Geneviève Cotty

publié dans humour


                         Au printemps 1940....


                        Pendant la drôle de guerre, mon père était mobilisé à PARIS, dans la DCA. Il se trouvait sur "les toits de PARIS", notamment sur le toit des Invalides et de la Caserne de Latour-Maubourg . Équipée de mitrailleuses, son unité était chargée de surveiller si des avions ennemis venaient, avec les plus mauvaises intentions du monde, voler au-dessus de la capitale... Moi, je travaillais Avenue de Latour Maubourg, donc tout près de son lieu d'observation. Dans le ciel de PARIS, se trouvaient des ballons de surveillance, genre  ballons dirigeables, qu'on appelait familièrement des saucisses ! Leur forme leur avait attiré cette appellation, qui datait peut-être de la guerre de 1914 d'ailleurs ?

                         Un jour d'alerte, nous entendons subitement crépiter les mitrailleuses et je dis à mes collègues que mon père et ses hommes étaient entrés en action, qu'il devait y avoir des avions qui survolaient PARIS...en temps de guerre et pendant une alerte, ça ne semble pas anormal. Les tirs n'ont pas duré longtemps...et le soir, en sortant du travail, je suis allée aux renseignements en allant rendre une petite visite à mon père...Je pensais recueillir des informations sur le ou les avions abattus, informations que je pourrais raconter "de source sûre" à mes camarades de travail ! On a sa petite fierté et ça pouvait me donner de l'importance.... Je trouve mon père tout penaud, un peu furieux, et qui me raconte .... Les observateurs avaient fait une erreur et pensant tirer sur des avions, ils avaient mitraillé...une saucisse d'observation, et l'avait descendue ! Donc, aucune croix de guerre à l'horizon, ni aucune citation à l'ordre de l'armée pour ces soldats, mais plutôt...des blâmes ! Et pour eux, dont plusieurs anciens de la guerre de 1914, la honte du siècle !

                           L'erreur est humaine bien sûr, mais, par manque total de charité, nous avons bien ri aux dépens de ces pauvres soldats... Alors que la France était en grand danger, abattre une saucisse n'entrait certainement pas dans les priorités de l'armée, la même armée qui, peu de temps après...s'en allait sur les routes, vers le sud ... Ceci expliquant peut-être cela, allez savoir.... Prendre des vessies pour des lanternes, prendre une saucisse pour un avion, la différence n'est pas bien grande ....

                           Cette histoire que mon père racontait souvent et qu'il n'avait pas oubliée, avait eu au moins un avantage : nous faire rire un peu ! Tout s'annonçait déjà si noir pour les semaines à suivre....

                           

                        

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Au temps de l'innocence...suite....

par Geneviève Cotty

publié dans humour


                     Juste pour rire....

                     Petite histoire que racontait mon père, qui adorait raconter ! Ce n'est pas une histoire sérieuse, mais elle pourrait s'appliquer à l'article que j'ai écrit il y a deux jours et auquel vous avez bien voulu ajouter des commentaires...

                     
                     C'était au début du 20ème siècle...La petite Marie, jeune fille élevée très sérieusement par des parents aimants et qui ne voulaient que son bien, s'apprête à épouser un brave jeune homme Paul, très bien élevé aussi et avec des principes stricts. Le mariage est pour aujourd'hui...Le matin, le père de Marie s'approche de la maman et timidement lui demande :"Avez-vous averti Marie de ce qui l'attend, des obligations qu'elle aura envers celui qui va être son mari dans quelques heures...Elle est si innocente..." La maman, très timidement, répond qu'elle n'a pas osé, que ce n'est pas facile et qu'elle ne sait comment lui expliquer tout ça...Père et mère sont bien ennuyés et le père trouve la solution : "puisque l'Abbé (ami de la famille, qui a vu naître Marie) est présent, demandons-lui d'expliquer lui-même à Marie. Il trouvera les mots appropriés...Il la connaît si bien"...Ce qui fut fait, l'abbé se chargeant avec dévouement de donner toutes les explications qu'il jugera utiles, demande un entretien à Marie, peu avant qu'elle n'aille rejoindre son jeune mari dans la chambre nuptiale....
                     Le lendemain matin, Marie se lève et arrive près de ses parents, triste comme un jour sans pain...On sent que rien ne va...le jeune mari n'est pas encore prêt. Alors, la Maman s'approche de sa fille et lui demande "Tu ne vas pas bien ? " "Si, répond Marie, de plus en plus triste et au bord des larmes"...Désarroi des parents...Autre question :"Ton mari n'a pas été gentil avec toi ?...L'Abbé t'avait parlé hier, tu étais bien au courant ? " Ah oui, répond Marie, mais je n'avais pas très bien compris..." - La mère "comment ça ?" - Marie :"Monsieur l'Abbé m'a dit que, que...mon mari me ferait des choses et qu'en bonne chrétienne, je devais accepter, que c'était dans le but d'avoir des enfants et uniquement dans ce but.." Et alors répond la mère...ton mari n'a pas été tendre " Marie :"Si bien sûr, mais moi je veux bien des enfants, mais sept le même jour, ça fait trop !"

                      Je vous le disais, ce n'est pas une histoire sérieuse...c'est pour de rire comme disent les enfants....Mais ça prouve qu'il y avait tout de même bien des innocentes et qu'au nom de la morale, les filles étaient un peu sottes ! Et que les grands-mères actuelles deviennent un peu dévergondées !!!

                    

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Encore des souvenirs d'école....

par Geneviève Cotty

publié dans humour

                         
                         C'était le bon temps.....

                        C’était au cours de l’année scolaire 1937/1938. J’allais à l’école Libre à JUVISY et mon frère au Collège St Charles dans la même ville. Ces deux écoles n’avaient pas du tout les mêmes équipements…Mon école était un peu la « parente pauvre » par rapport au Collège doté d’équipements sportifs, de salle des fêtes, d’une magnifique chapelle et surtout d’un Laboratoire de physique-chimie flambant neuf pourvu de tout le matériel nécessaire à l’étude et à la compréhension de ces deux matières ! Le professeur qui régnait sur ce laboratoire était également professeur de maths. Il avait le « bonheur » d’avoir mon frère comme élève, doué pour tout ce qui touchait aux maths et aux sciences, contrairement aux autres membres de la famille !

                        Comme mon école ne possédait pas de labo, nous étions autorisées, nous les filles de l’école libre, à nous servir de celui du collège, bien entendu avec cours de physique et chimie dispensés par le professeur du dit collège. Je ne me souviens plus de son nom, mais je me souviens que nous l’appelions « Hachacha » par suite d‘un tic qu‘il avait en murmurant ces trois syllabes et en se frottant les mains. Ses élèves du collège l’avaient affublé de ce surnom et mon frère m’avait passé le tuyau…Pas très respectueux, mais ça nous amusait ! Le premier jour que ce brave homme m’a vue, il est venu vers moi, tout sourire, et m’a demandé «  Vous êtes la sœur d’André Lavaud? « A ma réponse affirmative, j’ai bien vu qu’il en était heureux ! Avoir deux élèves doués (ça d’était son idée) ,de la même famille, ça le réjouissait ! Le pauvre, il ne savait pas ce qui l’attendait ! Les maths, la physique, la chimie et moi, n’avions rien en commun ! Il a vite déchanté, d’un air désespéré je me souviens…Ce que j’avais en commun avec mon frère par contre, c’était l’amour du chahut …toujours présente pour ça !

                        Enfin, mes camarades et moi étions heureuses d’aller à ces cours qui nous permettaient d’abord de faire une petite promenade (en rangs, bof…), le collège étant à quelques centaines de mètres de notre école, et surtout, d’aller admirer les garçons dont certains étaient assez mignons pour des jeunes filles de 15/16 ans ! Pendant nos cours, eux étaient en récréation et venaient coller leurs visages aux fenêtres, pour nous voir !!! Il n’en fallait pas plus à l’époque pour émoustiller ces demoiselles ! Parfois, petits problèmes en arrivant au Labo, les garçons qui nous avaient précédées, ayant eu l’esprit frondeur… C’est pour cette raison qu’un jour, nous avons décidé de leur donner une leçon. Ils allaient voir ce qu’ils allaient voir ! Sentir surtout ! Nous devions être remplacées justement par la classe de mon frère…celui-là, je lui devais bien ça ! Avant de quitter les lieux, une camarade a ouvert, l'espace d'un instant,un robinet laissant échapper du gaz sulfureux….avez-vous déjà senti ? Horrible !!! Les garçons arrivent alors que nous sortions juste du labo et comme d’habitude poussent des exclamations « ça cent la poudre de riz là-dedans » ! Erreur Messieurs… Ils n’ont pas eu le temps de continuer, l’odeur pestilentielle qui était dans l’air ne ressemblant pas à de la poudre de riz, même de mauvaise qualité !!! Bien fait, ça vous apprendra .! C’était idiot de notre part, et pas très gentil…pauvres petits hommes délicats…Mais qu’est-ce qu’on était contentes ! On s’amusait de peu à l’époque ! Moi, j’avais bien un petit doute pour la suite…je savais que je devrais affronter mon frère de retour à la maison …! Tout se paie en ce bas monde….

                        On ne peut tout de même pas se laisser toujours mener par le sexe dit fort ! Et si les femmes peuvent être « sulfureuses » parfois, elles ne dégagent jamais une telle odeur….Ils en avaient des choses à apprendre à leurs dépens les collégiens d'alors !


                         

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Guerre, tabac et troc....

par Geneviève Cotty

publié dans humour


                        Ah ! ce tabac.....

 

                       Arrêt sur le tabac….. Décision nécessaire pour certains, inutile pour d’autres. Il ne m’appartient pas dans ce petit récit de prendre position. Pour moi, cela me ramène à des années en arrière et comme toujours dans ce cas, les souvenirs reviennent !

                      Souvenirs d’une jeunesse qu’on aurait aimée plus agréable parfois… Mais telle quelle nous l’avons vécue et subie.

 

                       C'était en l944. Nous venions de vivre une période dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle avait été assez difficile. Les femmes avaient démontré qu’elles pouvaient être fortes et courageuses et remplacer les hommes manquants à l’époque (prisonniers de guerre, déportés, STO etc…). Elles s’étaient également illustrées dans la Résistance. Sans être féministe, il faut bien reconnaître que la femme prenait une place plus importante dans la société ! Toujours est-il que, pour les récompenser sans doute, on leur a octroyé le droit de vote et……..une carte de rationnement de tabac ! On avait déjà tellement de cartes pour tout, pourquoi pas celle-ci ? Je peux vous dire qu’en ce qui me concerne, c’est un grand service qu’on m’a rendu en m’octroyant du tabac … Je ne me sentais pas encore tout à fait l’égale d’un homme. Je ne fumais pas et je ne savais pas réparer mon vélo. Or, travaillant loin de mon domicile après le bombardement, pour rejoindre le commissariat où je travaillais il me fallait pédaler sur un vieux vélo pendant des kilomètres ! C’était très bon pour ma santé, mais il y avait un mais….Si les gardiens de la paix et les inspecteurs « touchaient » des pneus pour leurs vélos, moi je n’avais droit à rien et on ne pouvait pas en acheter dans le commerce. Mes collègues me donnaient donc tous leurs pneus usagés (oh combien !). C’était gentil…

                       Rouler avec des pneus usagés, ça évite de gaspiller, mais ça n’évite pas les crevaisons Tous les jours, je faisais une partie du chemin à pieds…Non, je n’étais pas l’égale d’un homme, j’en avais la confirmation à ma grande honte., et j’étais très heureuse qu’une âme charitable me dépanne !Et c’est ainsi que j’ai pu constater que le tabac pouvait vous rendre service ! Quelques cigarettes….contre une rustine bien posée ou la réparation d’un pédalier qui fait des siennes. Rien ne m’était épargné…

                      Je n’avais alors plus à me soucier de rien, j’avais du personnel à ma disposition, qui anticipait ! Dès que j’arrivais, il y avait toujours un brave homme pour me demander si j’avais « crevé » en route. C’est fou ce que ces messieurs étaient serviables et aimables….et tellement désintéressés !

                      Allez, c'était gentil quand même ! et ça prouve que s'il fut un temps pendant lequel le tabac était utile, c'était bien celui-là....

 

 

 

 

 

 

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Une maladie peu ordinaire...

par Geneviève Cotty

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                   En Lorraine....il y a longtemps déjà. 

                   Ma grand-mère adorait tous ses animaux, qu'ils soient de compagnie, de basse-cour, de clapier...enfin, tout ce qu'on possédait jadis surtout quand on habitait la campagne...C'était elle-même qui s'en occupait, pour deux raisons dont la première est qu'elle n'aurait voulu laisser ce soin à personne d'autre, et la seconde que mon grand-père était très occupé avec son atelier d'ébéniste...Chacun avait ses tâches comme disait grand-mère...Et les lapins, poules, canards.... étaient soignés et aimés par grand-mère. Elle leur parlait, les surveillait, les nourrissait très bien, les surveillait de près... On appellerait cela une passion maintenant. Pour elle, c'était naturel, tous faisaient partie de sa vie.

                    Un jour qu'elle avait préparé de la liqueur de cassis je crois, elle a eu la plus grande émotion de sa vie...Elle avait mis macérer le cassis dans de l'eau de vie, puis ensuite, après avoir bien pressé le tout pour en extraire le jus, elle n'a rien voulu "gâcher" mot très important à cette époque ! Alors, elle a jeté les résidus sur le tas de fumier qui se trouvait derrière la maison. Bien entendu, les poules étaient en liberté dans la journée et picoraient à droite et à gauche. Tout à coup, cris d'horreur et d'affolement de grand-mère qui appelle son époux "Vite, vite viens voir, les poules sont toutes malades, je crois qu'elles vont mourir, elles ne tiennent plus sur leurs pattes". Quand on aime ses bêtes et, il faut bien le dire, qu'on compte un peu sur elles pour améliorer l'ordinaire, ça fait un choc ! Grand-père descend de son atelier, le plus vite possible, ce qui n'était pas évident puisqu'il marchait avec deux cannes...Il regarde le désastre et demande à grand-mère ce qu'elle a donné à manger aux poules : "comme d'habitude, du grain...Ah oui, aussi les graines de cassis, pour ne pas les jeter." ! Rire tonitruant du grand-père qui lui dit "Tes poules ? Mais elles sont toutes saoules" ! Quelle honte ! ma pauvre grand-mère pleurait...grand-père et nous les enfants étions hilares ! Je revois cette scène ! Grand-mère a rapatrié ses poules dans le poulailler et tout ce petit monde s'est endormi jusqu'au lendemain....A l'époque, il n'y avait pas encore de publicité prévenant que l'abus d'alcool était néfaste ! même pour les poules !

                       Puisque je parle de la Lorraine, je donne une petite précision concernant les tas de fumier. Ceci m'a été raconté par mon père et ma mère. Avant la grande guerre, les tas de fumier en Lorraine se trouvaient devant les maisons, sur la rue. Les gens en étaient fiers car on évaluait la richesse d'un habitant à la hauteur de son tas de fumier ! C'est l'Armée française qui, pendant la guerre a obligé les habitants à les enlever de la rue et à les mettre derrière les maisons, estimant que l'hygiène n'aurait qu'à y gagner ! les récalcitrants avaient une contravention !.... Le saviez-vous ? ... De l'utilité des guerres....

                       

                               


                    

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Chemisier blanc et café....

par Geneviève Cotty

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                   Printemps 1941...

                   Avoir un chemisier neuf, qui vous arrivait par la poste, sans bourse délier, et surtout sans contre-partie de ces fameux tickets de textiles obligatoires, en pleine période d'occupation, ce n'était pas courant et de ce fait tellement appréciable ! C'est ce qui m'est arrivé un beau jour du printemps l941 ! Quelle aubaine...Mon père, travaillant en zone dite libre, avait pu se le procurer et me l'avait fait parvenir...J'étais très, très heureuse, encore plus que ça même ! A 18 ans, on le serait à moins !

                    C'était dimanche et ma mère avait invité à déjeuner un ami de mon frère...Bon, comme je voulais faire sensation, j'avais mis ce magnifique chemisier pour la première fois et ma mère, jamais à court d'idées pour arriver à faire un repas convenable avec "dix fois rien", nous avait concocté un déjeuner très acceptable...et qui devait se terminer par un excellent café fait avec les grains récupérés pendant quelque temps dans les "petits" paquets de café (ça s'appelait comme ça ! mais...) lesquels grains mis précieusement de côté nous permettaient de boire de très loin en très loin (!) un café presque digne de ce nom et qui nous faisait revivre, l'espace d'un instant, la période bénie d'avant-guerre ! Illusion...tout n'était qu'illusion alors !

                     Le café arrive, servi "dans les belles tasses du service" tout comme jadis. On se régalait à l'avance et...vlan ! j'expédie ma tasse non pas vers ma bouche, mais vers le sol ! Malédiction ! évidemment, mon beau chemisier blanc étant aux premières loges, sur le parcours de la tasse...n'était plus blanc ! Mouillé et couleur café (même un café de guerre, ça tache !)...J'étais honteuse d'avoir été si maladroite (entre nous, surtout en présence d'un jeune homme !), et malheureuse pour ce chemisier ! A cette époque, il n'y avait pas de lessive qui "lavait plus blanc que blanc" comme aurait dit Coluche...Quant au savon, il ressemblait plus à une pierre ponce qu'à un savon....Le sort en était jeté, je n'avais plus de chemisier ! Il avait vécu comme les roses, l'espace d'un moment....Désolée ? non catastrophée j'étais ! Et ma mère me direz-vous, qu'en pensait-elle ? Elle avait eu une réaction bien différente de la mienne, j'entends encore cette exclamation "ah ! du si bon café !". Pas un mot pour mon chemisier, ni d'ailleurs pour la nappe et son parquet auquel elle tenait tant ! Non ! Avoir gâché du café était pour elle impardonnable...le reste n'était que littérature ! 

                      Etions-nous bassement matérialistes à cette époque ? C'est vrai que la nourriture était un souci permanent et que la boisson habituelle à laquelle on donnait superbement le nom de café, n'était qu'un vulgaire ersatz...Je ne peux même pas vous dire ce que c'était, la composition en était secrète...Secret des occupants !

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"Mais moi, je vous aime !....."

par Geneviève Cotty

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                                      Le temps des chocolats.....amour non partagé...

                                      Noël et Pâques....deux périodes dans l'année qui voient  trôner sur nos tables de magnifiques chocolats, tous plus alléchants les uns que les autres....Et j'aime ça ! c'est un comble, lui (le chocolat), ne m'aime pas...Quelle en est la raison, je n'en sais rien. Une fois de plus, j'en fais l'expérience, ces magnifiques petits oeufs bien emballés dans des papiers aluminium de couleurs différentes, m'ont un peu chamboulée ! Ce n'est pas grave, ça passera....Mais il faut que je les cache, puisque je manque de volonté et que je ne peux pas résister à la tentation ! Comme c'est vilain ça Madame, à votre âge !

                                      Il n'est pas rare de trouver chez moi, en ces périodes de fêtes un peu trop "chocolatées", ces petits comprimés de Sulfarlem (très vieux médicament) et une bouteille d'Hépatoum (pas jeune non plus ce traitement) ! Après les bonnes choses, c'est la punition...Jadis, j'avais bien demandé à mon entourage de ne pas m'offrir de chocolats...J'ai dû subir les foudres de mon mari qui m'a dit "C'est malin, ça ! moi ils ne me font pas de mal et je mangeais les tiens ! me voici donc privé". Je n'y avais pas pensé. Et c'est vrai que non seulement, il adorait et que pour lui, ça ne posait aucun problème de "lendemains qui déchantent" ! C'en était scandaleux...Pouvoir manger tout ça....à mon nez et sans aucune conséquence ! J'en était meurtrie !

                                      Ces jours derniers, j'ai entendu à la télévision un médecin dire que le chocolat était "bon pour le coeur"...J'aimerais soigner mon coeur...tant pis pour la suite, mais si on veut être en bonne santé, il faut savoir faire des sacrifices. Je viens donc de protéger mon avenir cardiaque, mais comme avec tous les médicaments, j'ai des effets secondaires....Pas de chance....Manger ou ne pas manger de chocolat ? Quel dilemme ! Suivre son coeur ou sa raison....

                                     Allez chocolat, un petit effort....Moi je t'aime, pourquoi pas toi ?

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Cette "joyeuse période" qui n'existe plus !....

par Geneviève Cotty

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                                      Ce bon vieux service militaire....

                                      Bon d'accord, je vais parler de quelque chose que je n'ai pas connu...et pour cause ! Ce n'était pas "un truc" de filles, mais bien au contraire uniquement réservé aux jeunes gens sortant de l'adolescence....Le Service militaire...vous l'appréhendiez, vous y partiez à reculons, vos mères pleuraient presque... Et pourtant, lorsque vous en parlez, avec le recul, vous avez presque les larmes aux yeux, tellement vous êtes émus !  Et pour peu que vous vous trouviez avec des copains ayant partagé cette vie avec vous, on sent que vous êtes heureux ! Je viens d'entendre l'acteur Jean DUJARDIN parler du sien dans une émission, et j'ai saisi la balle au bond ! Un mot pris au passage et hop...me voilà en piste !

                                       Très franchement, vos souvenirs vous font toujours rire ou tout au moins sourire...C'est déjà ça, le "Service" avait donc son utilité ! L'âge requis posait bien des problèmes souvent : études qui n'étaient pas terminées, entrée récente dans la vie active et arrêt obligatoire pour de longs mois parfois....STOP ! port de l'uniforme obligatoire, vie civile entre parenthèses. Pas de rouspétance, vous deviez ces mois de service à la nation...Il y avait bien quelques débrouillards qui passaient au travers, mais beaucoup d'autres appelés répondaient présents. Et ça vous faisait des souvenirs à raconter à vos enfants et à votre femme plus tard... Ah, les pauvres femmes qui devaient écouter vos histoires, vos exploits, vos canulars de potaches, c'est fou ce que ça doit leur manquer maintenant !

                                       Moi, je me souviens des cinquante sept jours de service militaire de mon mari! Oui, exactement 57 jours, fin 1945...Il venait juste de revenir d'Allemagne où "invité par Hitler" il avait passé environ trois ans...Et l'armée française s'est aperçue que les garçons de son âge, qui faisaient partie du 2ème contingent de la classe 1940 qui aurait dû être appelée en octobre 1940 je crois, n'avaient pas fait de service militaire...pour cause d'occupation allemande et de dissolution de l'armée française ! Qu'à cela ne tienne, on les a appelés en 1945 ! Mais l'armée n'était pas riche...pas équipée...et sûrement pas apte à recevoir des conscrits âgés de 25 ans environ ! Mon mari est parti quand même à STRASBOURG, ville qu'il ne connaissait pas et qu'il a visitée par la force des choses, avec un uniforme belge je crois et...sans arme ! Pas de fusils à l'horizon ! Pour apprendre le maniement des armes, ce n'est pas facile ! Enfin, le cinquante-sixième jour, on leur a donné un fusil à chacun et le cinquante-septième jour, on les a libérés, tout au moins cette classe qui avait effectué ce séjour forcé en Allemagne ! Et voilà pourquoi mon époux n'a jamais su se servir d'un fusil ! Comme il était contre la chasse, ça tombait très bien....Et moi, j'ai toujours eu des doutes...je pense que l'armée avait peur tout bêtement de confier des fusils à tout un chacun ! Heureusement pour moi qu'il y a eu cette libération rapide, car les "57 jours de mon mari", j'en ai entendu parler ! Que serais-je devenue s'il avait effectué le temps légal ? Je n'aurais pas tenu le coup !

                                         Le Service militaire n'existe plus...Aucun de ces messieurs n'osera dire qu'il le regrette, mais quelle rigolade souvent si l'on en croit les anciens, et si on oublie les marches forcées, les corvées diverses .... Il y a sans doute un brin d'exagération, comme dans tous les souvenirs de jeunesse, on idéalise....Jean DUJARDIN a imité son adjudant (ou son sergent)...C'était drôle !

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Poissons d'Avril...mais c'était pour rire !

par Geneviève Cotty

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                                      Ce n'était pas méchant...

                                      Je ne sais si les enfants confectionnent toujours des poissons à accrocher dans le dos de leurs copains ou de leurs frères et soeurs le jour du 1er avril. Quand j'étais jeune, j'appréhendais un peu ce jour car mon frère avait toujours une idée extraordinaire dont je ne sortais pas indemne, tout au moins moralement ! La "bonne petite soeur" était une proie toute trouvée...elle gobait tout ! Mais un jour, j'avais décidé que pour une fois, je mènerais les opérations à ma guise... Ah ! mais ! J'avais donc dessiné et découpé un magnifique poisson sur lequel j'avais fixé petite ficelle et épingle.... Et je guettais le départ de mon frère pour le Collège en surveillant le meilleur moment pour accrocher mon oeuvre....Pas facile...Mais au moment de partir, André me demande de regarder son col de veste qui le gênait derrière le cou....L'occasion était trop belle...Je soulève le col, et vlan, voilà le poisson accroché sans encombre...et mon frère parti pour l'école. Sur le chemin, il "ramassait" un ou deux copains qui, bien entendu, ne lui ont rien dit. Et il arrive au Collège où des élèves se mettent à rire à ses dépens...Arrive le Surveillant qui, habitué aux chahuts menés par André, l'appelle et lui dit "Allez voir le Surveillant Général" et dites-lui que vous chahutiez en arrivant dans la classe. André se défend, mais bien obligé, s'en va chez le surveillant général....Celui-ci n'acceptant aucune explication, lui reproche de s'être installé lui-même un poisson pour faire rire les autres ! Coût de l'opération : 3 heures de colle....(il faut dire que mon frère avait la réputation d'être excellent élève, mais excellent chahuteur également...et les colles n'étaient pas rares...)

 

                                         Moi, plus l'heure du déjeuner approchait, plus j'étais inquiète, mais je pensais que ses copains l'auraient prévenu de la présence du poisson. Et à midi, j'attendais sur le pas de la porte....Et j'entends hurler dans la rue "tu vas voir ma vieille" ! oh ! là, là, la vieille en question (13/14 ans), n'était pas fière et elle est partie s'enfermer dans sa chambre en demandant le secours de sa mère ! Il était furieux le frère et sa "colle" ne passait pas....Je n'avais pas pensé que ça irait si loin ! Tout ça pour un poisson ! Mais comme les représailles je les avais eues d'avance, il ne fallait tout de même pas exagérer ! Les punitions jadis étaient-elles bien en rapport avec les petites fautes ? Hum...pas sûr...3 heures de colle, c'était quand même cher payé ....

                                         Autre petite histoire de poisson d'avril : Mon père était alors clerc de Notaire. Il a envoyé le "petit clerc" de son étude (c'est celui qui fait les courses), au Palais de Justice, chercher la "grosse du Jugement Dernier"..(pour les non-initiés, la grosse d'un jugement, c'est la copie intégrale d'un jugement). La personne qui a reçu le coursier, comprenant qu'il s'agissait d'une blague, l'a envoyé chez un avocat, qui l'a renvoyé autre part, chacun se téléphonant entre temps...Le pauvre a fait tout PARIS et est revenu ...mission non accomplie !

                                         Tout ça n'était pas méchant....

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