1er octobre....
Je crois la sentir encore cette odeur de cire avec laquelle nous avions astiqué cartable et trousse de l'année précédente afin de leur redonner un petit air de "neuf" ! Année précédente ? non, "années précédentes"... C'est que d'une année sur l'autre, tout devait resservir ou presque ! Il faut dire que nos accessoires principaux étaient en bon cuir, solide...Une poignée du cartable avait-elle des envies d'évasion ? Le cordonnier était là pour réparer et recoudre ! Pour la trousse, si elle avait droit à un "ravalement" extérieur, son intérieur était complètement revu et...corrigé ! Du crayon d'ardoise à la gomme encre/crayon, du crayon de papier aux crayons de couleurs en passant par les porte-plumes, tout, tout, tout était remplacé...Nous n'allions tout de même pas entamer une année nouvelle avec des crayons sur lesquels on s'était un peu fait les dents ou qui avaient diminué de moitié à force d'être taillés ! Non, tout était à l'état neuf...
Et nos tabliers (noirs pour les filles, blouses grises pour les garçons), étaient neufs aussi, achetés en magasin ou cousus par les mamans...Ce qui importait, c'était la couleur uniforme...Pas de marques, pas de mode ou si peu...La seule différence acceptée était la qualité du tissu et/ou la forme du tablier...
Fins prêts le 1er octobre (ou le 2 ou 3) garçons et filles partaient pour l'école (pas la même), le coeur un peu serré à l'idée de changer de classe, changer de maître ou maîtresse et souvent de quelques camarades...Il y avait les nouveaux et les nouvelles, et ceux et celles qui redoublaient .... Arrivés dans la classe, nous écoutions les directives des instituteurs et institutrices qui nous faisaient ainsi un premier cours de morale ! Puis, moment tant attendu : distribution des livres, des cahiers (du jour, du soir, de composition, de rédaction...), et aussi pour ceux ou celles dont les parents n'avaient pu en acheter, distribution de porte-plumes, plumes, crayons, gomme, ardoise, crayon d'ardoise.....enfin de quoi garnir les trousses un peu vides pour certains. C'est que les parents n'étaient pas trop fortunés pour certains.
Et le soir, à la maison, séance de protection des livres ! Il fallait les couvrir de papier bleu, beige, rouge, vert...et apposer dessus une étiquette portant vos nom, prénom, classe dans laquelle vous étiez... C'était un vrai travail pour lequel les parents aidaient beaucoup en principe !
Et voilà ! nous étions "en piste" pour dix mois, avec quelques interruptions pour vacances à Noël, à Pâques et uniquement quelques jours à la Pentecôte....
Tout ce récit concerne l'école primaire. Ensuite, peu de différences si ce n'est les fournitures scolaires entièrement à la charge des parents, livres compris ! Pas d'allocation de rentrée scolaire. Chacun avait son "truc" pour essayer de payer moins cher...
C'était un peu de mon passé....